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QUÉBEC MY COUNTRY MON PAYS – La difficulté d’acquérir une identité au Québec

Par Lepetitjournal Toronto | Publié le 03/05/2016 à 23:22 | Mis à jour le 06/01/2018 à 21:46

 

À travers son documentaire Québec my country mon pays, John Walker revient sur le mal être des anglophones québécois qui ont dû quitter la région après la Révolution Tranquille des années 1960? Un sentiment aussi ressenti par les Canadiens français, pour d'autres raisons.

Dans les années 1960, la Révolution Tranquille (Quiet Revolution) bouleverse l'identité nationale québécoise, suite aux élections remportées par le Parti libéral du Québec de Jean Lesage. Les Canadiens français renversent l'establishment anglais au Québec, ce qui provoque l'essor d'une classe moyenne française? et l'exode de 500.000 Anglo-Québécois.

Né à Montréal et anglophone, le réalisateur du documentaire, John Walker, en fait partie. Derrière et devant la caméra, il confie : "Mon c?ur est resté au Québec". Vivant aujourd'hui à Toronto, il se demande encore s'il ne devrait pas y retourner.

L'élément déclencheur a été le décès de son père, dont il a fallu rapatrier le corps dans sa ville natale québécoise. "J'ai réalisé que notre famille avait été exilée, divisée, et que la vie de mon père avait été chamboulée à l'âge de 52 ans, alors qu'il avait déménagé à Toronto, avait quitté ses amis et laissé ses compagnons artistes derrière lui."

"Deux solitudes"

Québec my country mon pays s'attaque à un sujet complexe. "Le documentaire, c'est avoir des discussions, résume John Walker. Mon intention est de donner une plateforme où la conversation continue."

Car finalement, les Franco-Québécois aussi ont du mal à se forger leur identité dans un pays où l'anglais est la langue principale. En 2011, 70% des anglophones étaient bilingues au Québec, contre 40,2% de francophones, selon Statistiques Canada.

L'une des interrogations du film est : doit-on sans arrêt se justifier d'être soi l'un soi l'autre ? Christina Clark, étudiante québécoise, parle de "deux solitudes". Et cela touche de plus en plus de monde : le taux de bilinguisme franco-anglophone au Québec est passé de 25,5% en 1961 à 42,6 % en 2011. 

La jeune femme souffre qu'on lui dise tout le temps qu'elle "[peut] vivre partout" parce qu'elle est anglophone. "Je suis Québécoise, c'est ce que je suis. Ma famille vient d'ici, je fais partie d'ici, explique-t-elle. Et juste parce que j'ai grandi dans ma langue maternelle en anglais, cela ne me rend pas moins ou ne me fait pas moins sentir Québécoise."

Pour John Walker, réaliser ce film a été "un soulagement". Fini il y a une quinzaine de jours, Québec my country mon pays sera bientôt disponible en version française. En attendant, une dernière projection aura lieu au festival Hot Docs de Toronto.

Québec my country mon pays

De John Walker, 89 min.

Dimanche 8 mai 2016, à 15h45, à Scotiabank Theatre, 259 Richmond St W, Toronto.

17 $ le visionnage. Il est conseillé d'arriver une heure avant la projection pour obtenir un ticket.

Kim Chaze (www.lepetitjournal.com/toronto) lundi 2 mai 2016

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