Édition internationale

La Thaïlande impose la reconnaissance faciale aux annonceurs en ligne

Dès le 1er novembre 2026, les annonceurs ciblant des utilisateurs en Thaïlande devront se soumettre à une vérification biométrique.

Reconnaissance faciale Reconnaissance faciale
Écrit par Hugo HASBROUCQ
Publié le 9 juin 2026


 

À partir du 1er novembre 2026, toute personne souhaitant diffuser une publicité ciblant des utilisateurs en Thaïlande devra confirmer son identité avant de passer sa commande. Les « Technology Crime Prevention Measures No. 2 », publiées au Journal officiel thaïlandais le 5 mai 2026, entrent en vigueur exactement 180 jours plus tard. L’information revient sur le devant de la scène, au lendemain d’un dépôt de plainte du’ collectif d’usagers contre Facebook et d’autres acteurs du numérique.

La mesure concerne toutes les plateformes publicitaires en ligne. Deux méthodes de vérification sont acceptées : la reconnaissance faciale croisée avec une carte d'identité nationale ou Digital ID reconnu légalement. Les données de chaque annonceur, y compris celles du tiers qui règle la facture, doivent être conservées 90 jours minimum après la fin de la campagne.

La règle s'applique selon la cible de la publicité, pas selon l'emplacement de l'annonceur. Un individu basé en Chine ou en Europe qui achète des espaces visibles par des utilisateurs en Thaïlande est concerné. Les étrangers peuvent s'identifier avec un passeport ou des documents d'entreprise étrangers. Les plateformes qui laissent passer des publicités sans vérification s'exposent à des poursuites du ministère de l'Économie numérique et de la cyberpolice.

 

Les arnaques en ligne, un fléau régional

 

La mesure répond à la prolifération des escroqueries sur les plateformes sociales : fausses pages de personnalités, publicités frauduleuses pour des placements financiers, réseaux de call-centers transfrontaliers. Pawoot Pongvitayapanu, député et spécialiste de l'économie numérique, résume : « Si la pub est ciblée pour apparaître sur les écrans des habitants de Thaïlande, la plateforme doit exiger une vérification d'identité à chaque fois. »

Singapour a précédé le mouvement en septembre 2025, en ordonnant à Meta de déployer des outils de reconnaissance faciale contre les faux comptes imitant des responsables gouvernementaux. Jusqu'à un million de dollars singapouriens d'amende, plus 100.000 dollars par jour de retard.
Les escroqueries par usurpation d'identité avaient presque triplé à Singapour au premier semestre 2025, pour atteindre 1.762 cas et 126 millions de dollars singapouriens de pertes. En Malaisie, les autorités envisagent des poursuites contre les plateformes après la détection de plus de 15.000 faux comptes imitant des membres de la famille royale entre janvier et avril 2026.

 

Et en France ?

 

En France, rien d'équivalent n'existe. La loi de 2004 sur la confiance dans l'économie numérique impose que toute publicité en ligne soit identifiable et indique clairement son commanditaire. C'est une obligation de transparence, pas d'identification biométrique. Le règlement européen sur les services numériques (DSA), applicable depuis 2024, contraint les grandes plateformes à lutter contre les contenus illicites, sans vérification biométrique des annonceurs.

En Thaïlande, les plateformes ont jusqu'au 1er novembre 2026 pour se conformer aux nouvelles directives.

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos