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RECONAISSANCE DES DIPLÔMES - Les associations franco-israéliennes montent au créneau

Par Lepetitjournal Tel Aviv | Publié le 31/01/2013 à 00:00 | Mis à jour le 01/02/2013 à 02:32

 

Suite à notre article concernant la reconnaissance des diplômes de kinésithérapeute et d'orthophoniste, lepetitjournal.com/telaviv a été interpellé par plusieurs associations et francophones impliquées de longue date sur ce dossier sensible qui ont tenu à apporter des précisions importantes.

Photo : DR

Dans un souci de clarté, et parce que l'objectif du petitjournal.com/telaviv n'est pas de prendre position, ni de froisser les francophones d'Israël, nous avons donné la parole à deux experts de la question : Avi Zana, directeur de l'association AMI Israël et membre fondateur du Collectif Franco-Israélien, et Ezra Banoun, secrétaire de l'AAEGE Israël (Association des Anciens Elèves et Elèves des Grandes Ecoles et d'Université), qui s'occupe de la validation des diplômes français en Israël depuis 2003.

"La reconnaissance des diplômes français est un travail très long, qui a commencé en 2003. Le problème a émergé à partir de 2000, quand de plus en plus de nouveaux immigrants français ont voulu travailler dans la fonction publique israélienne ou dans des entreprises publiques, et qu'ils ont rencontré des difficultés" explique Ezra Banoun.

Les accords de Bologne prévoient que tous les diplômes nationaux de l'enseignement supérieur soient délivrés avec un "diploma supplement" (document en anglais) afin que ceux-ci puissent être référencés dans le classement international correspondant au 1er cycle, 2ème cycle et 3ème cycle.

Or, M. Banoun explique que "le système d'éducation français ne respecte pas les dispositions des accords de Bologne et donc, de nombreux diplômes français ne sont pas reconnus à l'étranger. L'AAEGE a mis en contact les autorités françaises, la Conférence des Grandes écoles et des députés de la Knesset pour trouver des solutions".

Car si toutes les Grandes Ecoles fournissent à ce jour le "diploma supplement", ce n'est pas le cas des universités françaises. Pour M. Banoun, il s'agit simplement de "paresse administrative" et cela est totalement contraire aux accords de Bologne.

"On a alors deux options : soit on conteste pour dénoncer la situation, c'est ce qu'on a fait mais les universités françaises n'ont pas réagi, soit on essaye de chercher un compromis. On a donc réussi à obtenir que le diplômé français aille lui-même chercher en France les informations nécessaire pour faire reconnaître son diplôme, qu'il les fasse ensuite traduire devant un notaire etc? Toutes ces démarches représentent des frais, et parfois il arrive même que les administrations françaises ne fournissent pas les documents nécessaires à certaines personnes qui ont été diplômées il y a 15 ou 20 ans" poursuit Ezra Banoun.

En 2008, une loi est passée en Israël, interdisant aux professionnels de la santé d'ausculter des patients s'ils n'avaient un diplôme universitaire reconnu correspondant au niveau licence, ce qui a rendu la situation de certains professionnels français encore plus précaire. 

A partir de ce moment-là, les associations franco-israéliennes ont pris contact avec les autorités israéliennes et françaises. "On a immédiatement reçu le soutien de l'ancienne Consul de France à Tel-Aviv et de l'ambassade de France. Le Collectif Franco-Israélien a été formé essentiellement pour traiter cette question. On a aussi écrit aux ministères français de la Santé et de l'Enseignement Supérieur qui nous ont répondu qu'on soulevait effectivement un problème et qu'il fallait faire quelque chose" affirme Ezra Banoun.

Aux côtés d'Ezra Banoun, de nombreux responsables d'association, et notamment Avi Zana. 

"Au nom d'AMI, je siège au sein d'une commission consultative qui réunit des associations et le ministère israélien de la Santé pour traiter ce problème. Il y a aussi d'autres associations non-francophones, parce c'est un problème global. [?] On se bat des deux côtés, notre objectif est de réussir à trouver des compromis pour que les Français concernés puissent travailler et gagner leur vie en Israël". 

Les deux hommes s'accordent à dire que la nouvelle loi française (1) que nous évoquions est loin de régler tous les problèmes, parce qu'elle va reconnaître uniquement les diplômes de kinésithérapeute et d'orthophonistes de ceux qui commenceront ces formations en 2013. 

Une loi non rétroactive
"Même si c'est une bonne chose que la France commence à mettre fin à la définition partisane du Diplôme d'Etat (qui n'existe nulle part ailleurs), c'est une loi pour le futur, elle n'est pas rétroactive" précise Avi Zana. Et Ezra Banoun de rajouter : "la réponse de l'Etat français concerne les nouveaux étudiants, [?] mais rien n'est prévu pour les autres. Le problème n'est pas du tout réglé. [?] On a de bons contacts du côté français et du côté israélien, mais aucune solution concrète n'as été trouvé pour le moment". Il constate aussi un vrai blocage au niveau des haut-fonctionnaires du ministère de la Santé français. 

Et c'est bien là le c?ur du problème. Avi Zana explique ainsi que dans le cadre de son travail au sein d'AMI, il rencontre des personnes qui ont d'abord été embauchées en Israël dans le secteur paramédical, puis qui n'ont finalement pas pu conserver leur poste. D'autres ont dû se reconvertir et certains même ont dû retourner en France. "Une centaine de nouveaux immigrants souffrent de ce problème, certaines personnes sont en situation de détresse" déclare Avi Zana qui tient à dénoncer la nouvelle loi : "Le fait de dire qu'avec cette nouvelle loi française le problème est réglé nous est préjudiciable. Cela amoindrit la force de notre activité de lobbying auprès des autorités israéliennes, qui pourrait alors penser qu'il n'y a plus de raison de chercher des compromis s'il n'y a plus de problèmes".

Autre point important ayant froissé les susceptibilités de nombreux francophones et mis en avant par les deux spécialistes, le fait que la député Mme Poznanski-Benhamou ai repris à son compte la nouvelle loi. "La député Mme Poznanski-Benhamou a été interpellée par le Collectif franco-israélien au début janvier 2013 seulement sur ce dossier alors que nous y travaillons depuis 10 ans" confie ainsi Ezra Banoun.

"Sans vouloir mettre de l'huile sur le feu, certaines personnes ont pu se sentir manipulées parce que le traitement de ce dossier a été fait par des associations, le Collectif mais d'autres également. C'est un long travail qui se fait en Israël à ce sujet, et cela a été un peu choquant de voir le sujet présenté comme l'action d'une seule personne. Il s'agit de donner du crédit à ceux qui s'impliquent dans ce dossier depuis longtemps" indique de son côté Avi Zana.

Nous remercions M. Ezra Banoun et M. Avi Zana d'avoir communiqué ces précisions au  petitjournal.com/telaviv. 

Justine SIMONIN (www.lepetitjournal.com/telaviv) Jeudi 31 janvier 2013

(1)http://www.marisoltouraine.fr/2013/01/marisol-touraine-et-genevieve-fioraso-finalisent-la-reingenierie-des-formations-d%E2%80%99orthophoniste-et-de-masseur-kinesitherapeute-et-poursuivent-l%E2%80%99integration-au-processus-licence-master/

 

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