Jeudi 1 octobre 2020

INNOVATION : Top 10 des startups israéliennes de la conduite autonome

Par Lepetitjournal Tel Aviv | Publié le 21/08/2017 à 22:00 | Mis à jour le 27/08/2017 à 09:17

 

« Dans l'industrie automobile, la clé n'est plus du tout dans les moteurs ou les freins mais dans les technologies qui font la voiture, les capteurs et les algorithmes »

 

Comment Israël, petit pays qui n'a pas d'industrie automobile, est-elle devenue un leader mondial des technologies de conduite autonome ?

« Nous nous sommes souvent posé cette question » déclare Yaniv Sulkes, vice-président du département business, développement et marketing d'Autotalk, une des startups israéliennes les plus en vue dans le domaine de l'auto-conduite. « Lorsque nous nous rendons auprès des industriels de l'automobile, ils nous répondent souvent ?vous êtes la trentième startup israélienne que nous voyons !'».

Selon Shulkes, l'industrie automobile connaît en ce début de XXIème siècle, un bouleversement sans précédent. « Avant, tout tournait autour des moteurs, de la puissance ou du design, aujourd'hui pour être leader, il faut innover dans les domaines de l'intelligence artificielle, de la cyber sécurité ou de la conduite connectée. L'industrie automobile est devenue un domaine interdisciplinaire, un domaine dans lequel Israël a toujours été en pointe ».

Alon Atsmon, développeur et investisseur dans l'industrie naissante de la conduite connectée est parfaitement d'accord avec les propos de Shulkes : « Dans l'industrie automobile, la clé n'est plus du tout dans les moteurs ou les freins mais dans les technologies qui font la voiture, les capteurs et les algorithmes »

Voici à présent notre classement des dix meilleures entreprises israéliennes dans la sphère de la conduite autonome et connectée.

 

1.       Mobileye

Basée à Jérusalem, l'entreprise a d'abord pris ses marques sur le marché en commercialisant un « bip » avertissant les conducteurs qui s'approchent trop d'un autre véhicule ou qui changent de voie sans indicateur a vu son produit racheté par Intel en début d'année pour la modique somme de 15 milliards de dollar. La raison : Intel voulait, à son tour, entrer sur le marché de la conduite connectée.

Mobileye fabrique donc des caméras intégrées, des puces et des logiciels pour les systèmes d'assistance à la conduite, la base des futurs véhicules autonomes. Pour Brian Krzanich, PDG d'Intel, l'acquisition de Mobileye permet à son entreprise d'acheter « les yeux et le cerveau » des futures voitures autonomes.

http://www.mobileye.com/

 

2.       Innoviz

Vous n'avez pas encore entendu parler du LIDAR ? Cela ne serait tarder, c'est un composant clé des systèmes de conduite autonome. LIDAR est en fait l'acronyme de « Light Detection and ranging », la technologie LIDAR utilise en fait des faisceaux lasers pour mesurer les distances. C'est cette technologie qui permet aux voitures autonomes de « voir ».

InnovizOne a développé une technologie LIDAR offrant des scans 3D de haute définition, de son côté, InnovizPro a été pensé pour tester les voitures autonomes. L'invention d'Innoviz va ainsi être intégrée au programme britannique de test de fiabilité des véhicules autonomes.

L'entreprise a été fondée en 2016 par d'anciens ingénieurs en informatique et électro-optique de Tsahal.

https://www.innoviz.tech/

 

3.       Cognata

Alors qu'InnovizPro a facilité les tests de véhicules autonomes dans le monde réel, Cognata l'a fait dans le monde virtuel.

Selon plusieurs études, les voitures autonomes auraient besoin d'être testées sur quelques 11 milliards de kilomètres afin d'être déclarées fiables à 100% et plus sûres que des voitures dites « classiques ». Ainsi pour tester une flotte de 100 véhicules, il faudrait près de 500 ans de test. C'est pour répondre à ce problème que Cognata a développé et utilisé l'intelligence artificielle. En utilisant cette technologie, l'entreprise peut tester les voitures autonomes virtuellement et beaucoup plus rapidement qu'en réalité, les tests n'en sont pas pour autant moins fiables. Pour se faire, l'entreprise Cognata intègre donc à un logiciel les plans 3D des villes avec les feux tricolores mais aussi les défauts de la route ?

Pour San Francisco, première ville virtuelle testée par Cognata, l'entreprise a intégré à sa carte virtuelle tous les bâtiments, tous les arbres mais aussi d'autres véhicules virtuels avec des réactions de conducteurs diverses et variées. « On peut désormais rouler sur des millions de kilomètres de quelques heures » déclara ainsi Danny Amston, PDG de Cognata.

http://www.cognata.com/

 

4.       Oryx Vision

Startup lancée à Petah Tikva, Oryx Vision s'attaque à la même problématique qu'Innoviz : faire « voir » les voitures autonomes. Cependant, alors qu'Innoviz a choisi d'utiliser la technologie du LIDAR, Oryx Vision a développé une technologie basée sur des micro-antennes permettant de détecter d'autres véhicules ou des obstacles en tout genre.

Tout comme le LIDAR, la technologie développée par Oryx Vision utilise des faisceaux laser pour éclairer la route mais, à l'image d'un radar classique, elle traite les signaux réfléchis en ondes électromagnétiques. Selon Oryx, cette technologie est plus fiable que le LIDIAR en cas de mauvais temps. Cependant, le LIDIAR est nettement moins énergivore et aura certainement un coût moindre dans le futur.

Le 8 août dernier, Oryx a annoncé le lancement d'une seconde phase d'investissement en R&D s'élevant à 50 millions de dollars.

http://oryxvision.com/

 

5.       Autotalks

Quelques soient les nouvelles technologies d'auto-conduites, le problème des angles morts persiste. Ainsi, les collisions entres véhicules autonomes sont toujours possibles mais Autotalks a la solution !

Deux véhicules équipés de la technologie Autotalks peuvent communiquer entre eux ! Autotalks peut ainsi prévoir dix secondes à l'avance ce qu'il va arriver et, le cas échéant, modifier les trajectoires des véhicules afin d'éviter la collision qui aurait eu lieu sans ce bijou de technologie. Difficile à croire ? C'est en tout cas ce que déclare le PDG d'Autotalks : Hagai Zyss.

Actuellement, Autotalks commercialise une nouvelle puce « B2V » (Bike to Vehicles) connectant les conducteurs de voitures et les cyclistes, mais cette technologie est très facilement applicable aux véhicules autonomes. Ainsi, Autotalk a pris place dans un groupe de startups qui a pour but, aux Etats Unis, de développer une technologie V2V (véhicule to Véhicule). La technologie pourrait être commercialisée dès 2021. Pour couvrir le très prometteur marché asiatique, Autotalks a également ouvert trois nouveaux sites de recherches, deux au Japon et le troisième en Corée du Sud.

http://www.auto-talks.com/

 

6.       Guardian Optical Technologies

Quelle avancée : votre taxi autonome n'a pas de conducteur à qui demander combien de passagers peuvent monter à l'arrière, ou pour vous rappeler de bien attacher votre ceinture de sécurité ? La technologie développée par Guardian Optical scanne l'habitacle de la voiture et détecte, grâce à un détecteur cardiaque, le nombre de personnes présentes à bord du véhicule. Si plus de c?urs que de places assises sont détectés, le taxi ne démarre pas, plus de dangereuses négociations possibles.

La technologie développée par Guardian Optical remplace en réalité des solutions existantes telles que les détecteurs de pressions sur les sièges. L'avantage de cette nouvelle technologie c'est qu'elle va tirer les prix vers le bas grâce à une commercialisation à grande échelle.

 

7.       Argus Cyber Security et Karamba Security  

L'enjeu de demain c'est la cyber sécurité, la prévention des hacks plus que les accidents de la route » selon Ofer Ben-Noon, PDG d'Argus Cyber Security. Deux startups israéliennes concurrentes ont donc pour objectifs de rendre les véhicules autonomes de demain imperméables aux cyber-attaques. Pour ces deux startups, il faut absolument éviter qu'un tiers puisse prendre le contrôle d'un véhicule autonome. 

Argus, la plus importante des deux startups travaille aujourd'hui avec plusieurs grands noms de l'industrie automobile pour sécuriser les véhicules qui sont de plus en plus bardés de technologie.

En juin dernier, Argus a été nommée dans le TOP 25 des startups à suivre par le très célèbre Wall Street Journal.

https://argus-sec.com/

 

8.       Otonomo

Vous ne voyez par votre voiture comme un ordinateur, c'est pourtant ce qu'elle est devenue. A l'image de votre ordinateur, votre voiture enregistre un nombre considérable de données sur ce que vous faites : votre mode de conduite, vos modes de consommation ? Avec la conduite autonome, le nombre de données exploitables va considérablement augmenter.

Otonomo est en fait en train de faire avec les données générées par votre voiture, ce que Google fait avec vos recherches. La jeune entreprise a ainsi développé un système visant à partager les informations recueillies avec les compagnies d'assurances, les constructeurs et les concessionnaires afin d'affiner l'offre.

http://otonomo.io/

 

9.       Gett

Que vous soyez à New York, en Russie, au Royaume Uni ou en Israël, si vous avez besoin d'un taxi (un vrai, pas un Uber), vous n'avez qu'à installer Gett sur votre Smartphone. Gett est avec Mobileye et Waze, l'un des nouveaux géants israéliens de la mobilité.

Avec l'arrivée de voitures et de taxis autonomes, Gett va très certainement prendre encore plus d'importance sur le marché. Développé avec le concours de Volkswagen, Gett lui a rapporté 300 millions de dollars en 2016 et a pu, en avril dernier, se payer le luxe de racheter Juno, son principal rival pour 200 millions !

https://gett.com/il/

 

10.   IVO

Vous rêvez d'une voiture autonome mais vous avez déjà une voiture, IVO est là pour vous. IVO est un robot chauffeur qui peut être installé sur le siège conducteur de n'importe quelle voiture. IVO utilise des caméras, des radars et des bras articulés afin de tourner le volant, d'appuyer sur les pédales et de passer les vitesses.

Le principal avantage d'IVO c'est son prix : seulement 1600 dollars aujourd'hui mais on peut s'attendre à ce que son prix baisse très rapidement avec une commercialisation à grande échelle. Il est aussi bon de noter qu'IVO ne pèse de 15 kilos et qu'il peut être aisément transporté dans une valise.

 

 

Sources et crédits photos : Israel21C ; Mobileye ; Innoviz ; Cognata ; Oryx Vision ; Autotalks ; Guardian Optical Technologies ; Argus Cyber Security ; Otonomo ; Gett ; IVO

La rédaction (www.lepetitjournal.com/tel-aviv) - mardi 22 août 2017

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