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ECONOMIE – L’ébauche du nouveau budget 2013-2014 sévèrement critiqué

Écrit par Lepetitjournal Tel Aviv
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 mai 2013

Le ministère des Finances vient de publier un premier projet pour le budget de l'année 2013-2014. Au programme, toujours plus de coupures budgétaires et une augmentation des taxes.

 photo illustrative - LPJ

Dans le plan proposé par le ministère, 6.5 milliards de shekels (1.8 milliard de dollars) de coupures budgétaires au sein du gouvernement sont à prévoir pour cette année et 18 milliards (5 milliards de dollars) pour l'année prochaine (2014). Cette proposition du budget, envoyée aux ministres du gouvernement sera discutée ce lundi, lors d'une réunion spéciale, durant laquelle ces derniers pourront présenter leurs avis ainsi que des possibles modifications. 

Parmi les grandes mesures à prévoir, en plus de cette coupure budgétaire au sein de l'activité gouvernementale, il faut noter une coupure de 4 milliards de shekels (1.12 milliard de dollars) dans le budget de la Défense ainsi qu'une baisse de 1.5 milliard de shekels par an à partir de la validation de ce projet dans le budget de l'éducation. Le transport sera également touché avec un gel de 1.2 milliard de shekels, repoussant ainsi tous les projets de constructions autoroutières à travers le pays. 

En plus de ces coupures, le budget tel qu'il est présenté aujourd'hui, propose une augmentation des impôts et notamment de la TVA. Un geste fort étant donné que la TVA est le seul impôt universel. Certains seraient effectifs dès l'approbation du budget par la Knesset et d'autres seraient à attendre pour l'année 2014. L'impôt sur le revenu serait augmenté d'1.5% tout comme les taxes sur l'alcool et les cigarettes. De plus, les femmes au foyer seraient forcées de payer une assurance nationale ainsi qu'une assurance santé. Les allocations familiales devraient également être réduites. 

Cette proposition budgétaire peut encore être modifiée ou amendée selon les demandes des ministères avant la proposition finale qui sera présentée à la Knesset début juin. Puis, le Comité des Finances étudiera une dernière fois ce projet afin d'y apporter d'éventuelles modifications pour ensuite le faire voter par la Knesset au plus tard le 1er août. 

Cette combinaison de coupures et d'augmentation des impôts a pour but de rapprocher le déficit public au plus proche de son objectif, à savoir 4.65% pour 2013 et atteindre 3% en 2014. L'intention est certes saluée par le gouvernement, conscient que la rigueur est nécessaire, mais les mesures proposées sont vivement critiquées de toutes parts, car on ne sait pas à quel point elles affecteront les foyers israéliens. 

Le directeur de l'Institut Nationale d'Assurance le prof. Sholmo Mor Yosef a déclaré que ce nouveau plan budgétaire allait "pousser plus de 40,000 familles en dessous du seuil de pauvreté, sans parler des familles déjà précaires qui le seront encore plus ". Selon lui "avec les coupes budgétaires dans les allocations familiale, l'augmentation de la TVA et la suppression de certains services sociaux, ces familles n'y survivront pas". 

Il est prévu par exemple que les allocations familiales soient réduites à 140 shekels par mois et par enfant en 2014, soit l'une des plus faibles au sein de l'OCDE, alors qu'Israël reste un des pays avec une taux de fertilité bien plus élevé que la moyenne de l'OCDE.  S.M Yosef a également ajouté que "les allocations familiales ne sont pas une invention pour les ultra-orthodoxes, ils sont un des moyens pour l'Etat d'aider ces citoyens". Une petite pique probablement lancée à l'intention de Yair Lapid, qui pour certains observateurs, prend clairement pour cible les ultra-orthodoxes. 

Shelly Yachimovich, une députée du parti travailliste, a décrit le budget comme "cruel, trahissant le public, une erreur économique bien amère sans une once de bonne nouvelle". Le parti Shas a aussi exprimé son désaccord profond avec la politique de Lapid, en disant que "le déficit est déplacé de la poche du gouvernement à la poche du contribuable. Les travailleurs vont voir leur situation économique se détériorer à cause de lui". Il paraitrait qu'au sein même de la coalition, les mesures du ministère des Finances seraient critiquées, principalement l'augmentation de la TVA.  

On peut alors s'attendre à de vifs débats au sein de la Knesset quand le projet sera discuté. La forme finale du budget qui sera voté à la Knesset cet été reste encore bien incertaine.

Antoine RIPAUD et Justine SIMONIN (www.lepetitjournal.com/telaviv) Lundi 13 mai 2013

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Publié le 12 mai 2013, mis à jour le 13 mai 2013
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