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ENTRETIEN AVEC RABIA ESKINI - Docteur en droit et avocat d'affaires francophone à Téhéran

Par Lepetitjournal Téhéran | Publié le 01/09/2016 à 22:30 | Mis à jour le 30/08/2016 à 10:18

Nous avons rencontré le Docteur Rabia Eskini, figure emblématique du droit commercial iranien, il nous a accordé une entrevue dans son bureau de Téhéran et a bien voulu répondre à nos questions.

Docteur en droit à l'université Paris X, fort d'une longue expérience dans le droit, ancien juge d'instruction devenu depuis avocat d'affaires, Monsieur Eskini est depuis 25 ans, expert en matière d'arbitrage interne et international un ténor dans les relations franco-iraniennes.

Membre du conseil scientifique de l'Organisation de l'Énergie Atomique, professeur et membre du conseil scientifique du groupe de droit privé de l'université de Téhéran, avocat à la cour, traducteur assermenté auprès de la Cour d'appel de Versailles, et auteur de plusieurs ouvrages en droit commercial et en arbitrage et éditeur en chef de la Revue scientifique de droit comparé, il figure parmi les acteurs incontournables du Droit iranien.

Bonjour Docteur, première question, quelle est votre rapport avec la France ?

J'ai obtenu un DEA en droit des affaires à la faculté de Nanterre et j'ai soutenu ma thèse sous la direction de Pierre Mayer en 1985, mes relations avec la France datent de bien longtemps?

Pourquoi avez vous choisi la France et non pas un pays anglo-saxon ?

Vous savez, le droit iranien est très proche du Droit français par cela qu'il appartient au droit écrit opposé au droit coutumier que l'on retrouve en Angleterre ou aux Etats-Unis. Il y a beaucoup de points communs dans le droit des obligations ou le droit commercial de façon générale entre nos deux pays. De plus pendant mes études, la France était très proche de l'Iran ce qui a facilité pour moi le fait de pouvoir y étudier.

Quand êtes-vous allé en France pour la première fois ?

C'était en 1979, 6 mois avant la victoire de la Révolution Islamique, après avoir exercé 6 ans en tant que magistrat et avoir effectué mon service militaire, j'avais 32 ans. J'ai dans cette période de troubles pour l'Iran, rencontré l'Ayatollah Khomeini, car je faisais partie d'une délégation d'étudiants.

Parliez-vous français lors de votre arrivée en France ?

J'ai commencé à apprendre le français dès l'âge de 19 ans, j'étais déjà bilingue en anglais, car cela faisait partie intégrante du programme de droit à l'université. J'ai aimé la langue et je me suis investi afin de l'apprendre le plus rapidement possible par moi-même au point de remplacer notre professeur de français à l'université au bout de  2 ans, et j'ai eu des correspondants qui m'ont aidé à progresser rapidement, à ce moment on passait par les journaux afin de trouver des personnes avec qui communiquer et c'était très facile, je garde de cette période d'excellents souvenirs. 

Quelle est votre spécialité ?

Je conseille depuis de nombreuses années des avocats et juristes iraniens travaillant avec des sociétés françaises et j'ai moi-même des clients que j'assiste régulièrement dans leurs relations bilatérales avec l'Iran mais vous comprendrez que je ne cite pas leurs noms par souci de confidentialité.

On dit à votre sujet que vous êtes le père du droit commercial iranien, est-ce une réputation fondée ?

Je n'ai pas la prétention de me considérer comme tel, ce sont des compliments forts flatteurs à mon égard. Je suis un acteur dans le domaine depuis de nombreuses années contribuant à la modernisation de notre Droit, je suis un parrain du droit commercial rien de plus et j'en suis déjà satisfait. J'en assure sa bonne conduite et c'est déjà un honneur.  

Vous êtes membre du conseil scientifique de l'Organisation de l'Énergie Atomique Iranien, quel est votre rôle ?

J'étais le directeur juridique de cette organisation pendant près de 20 ans et j'en suis actuellement conseiller juridique. J'ai même travaillé pendant ces années avec l'actuel Président de la République Islamique d'Iran, Monsieur Hassan Rohani. Nous représentons l'Iran dans les litiges internationaux et nous efforçons de défendre au mieux nos intérêts qui sont légitimes et croyez bien que nous avions et avons fort à faire (Rires). Ce sont des dossiers très longs et fastidieux comme vous pouvez l'imaginer.

En tant qu'avocat et conseiller, que pensez vous des opportunités d'investissements en Iran ?

Le climat économique en Iran est plutôt favorable aux investissements étrangers. Notre droit est finalement plus libéral que la plupart de nos voisins dans la région, il reste méconnu des investisseurs du fait de la situation internationale mais est avantageux sur de nombreux points. De plus l'Iran est un marché prometteur, une plateforme géostratégique qui bénéficie d'un potentiel extraordinaire. Reste le problème bancaire mais nous travaillons au règlement de ce problème mais quoi qu'il en soit mis à part les transactions en dollars et la position américaine, nous pouvons travailler sans aucune crainte.

Mikael Setti (www.lepetitjournal.com/teheran) vendredi 2 septembre 2016

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