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INTERCULTURALITE - Le monde du travail en Australie

Par Lepetitjournal Sydney | Publié le 16/12/2013 à 21:00 | Mis à jour le 16/12/2013 à 14:54

 

Etre mobile et s'expatrier devient de plus en plus courant voire recherché dans notre monde globalisé (voire article sur les jeunes et l'expatriation ici). Jeunes diplômés, cadres supérieurs sont confrontés aux différences culturelles qui peuvent parfois être amusantes mais aussi gênantes ou frustrantes dans le monde de l'entreprise au quotidien

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C'est seulement depuis peu que nous parlons de la communication interculturelle et des incompréhensions directement liées aux différences culturelles. Avec la guerre froide (1947-1991) se sont développés des courants de pensées et l'étude des relations interculturelles. Geert Hofstede, Richard D. Lewis, E.T. Hall, John Mole et Fons Trompenaars ont été, et sont encore, des pionniers et acteurs clés de l'interculturalité.

On ne peut plus ignorer l'impact de ces différences sur les comportements et les méthodes de travail. Quelles sont donc les nuances de la culture d'entreprise en Australie ?

Egalitarisme

Nous avons déjà vu que l'égalitarisme est une des valeurs australiennes. Celle ci se retrouve dans le milieu professionnel. Comment cela se traduit-il ?

Tout d'abord, tout le monde se tutoie et s'appelle par son prénom quel que soit le poste que l'on occupe.  L'utilisation des diminutifs est une tradition australienne, David deviendra Dave, Robert, Bob, Valerie, Val etc. Ce qui pourrait passer pour de la familiarité permet en fait d'estomper la hiérarchie et ses codes, renforçant l'idée de groupe et d'égalité.

Ceci se retrouve dans les sorties du vendredi soir, les fameux « Friday night drinks » où les équipes se retrouvent pour discuter et socialiser autour d'un verre. C'est l'occasion d'apprendre à mieux se connaitre sans pour autant devenir ami. Souvent toute la hiérarchie y est conviée et il est attendu du manager de se joindre à l'équipe de temps de temps. C'est un effort apprécié par les employés. Tout le monde est supposé offrir un verre. On appelle cela « a round of drinks » ou « to shout a drink ». Il est mal venu de partir avant de payer son verre. En vous prêtant au jeu de cette convention sociale vous montrerez votre volonté à faire partie du groupe, être l'un des « mates » mais n'attendez pas à lier forcément des amitiés. Les effusions émotionnelles du vendredi soir ne seront que souvenirs le lundi matin.

L'égalité au travail se retrouve aussi dans les conditions de travail. L'espace de travail n'est pas toujours proportionnel au niveau des responsabilités. Cette politique se retrouve aussi dans les voyages d'affaires. Tout le monde sera à la même enseigne, place dans l'avion comme taille de la chambre d'hôtel. Le statut n'est pas reconnu et la modestie est très appréciée.

La hiérarchie est moins marquée qu'en France. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de hiérarchie mais seulement que les employés sont plus à l'aise, directs avec leurs supérieurs hiérarchiques. Malgré des rapports à priori familiers et décontractés, la relation est avant tout professionnelle.

Une communication directe: « no beating around the bush »

Les Australiens aiment participer aux réunions pour donner leur opinion et apporter leur expérience. Les débats peuvent être animés et l'utilisation de vocabulaire crus, voire jurons sont tolérés. Le discours direct peut surprendre mais il est utilisé pour permettre à chacun de présenter ses idées et ainsi étudier ensemble toutes les solutions possibles. De même les idées du manager peuvent être questionnées sans que cela soit perçu comme un manque de respect. Les Australiens sont « solution focused » et pour eux la décision à prendre est plus importante que le processus. A la fin de la réunion ils aiment savoir ce qui est décidé. Quelles actions seront mises en ?uvre pour faire avancer le projet et qui en est responsable.

Il est recommandé d'écouter l'opinion de tous pour comprendre et étudier l'idée jusqu'au bout. Couper la parole ou décider tout seul est contre l'idée d'équipe. De même s'énerver ou perdre control de soi n'est pas bien vu et on se doit d'éviter un comportement émotionnel dans le milieu professionnel.

La communication directe se retrouve dans les échanges et les présentations professionnelles. Le style d'écriture est plutôt court, direct et clair, sans fioriture. Aller droit au but, c'est ce que les Australiens attendent.

Individualisme et collectivisme

La prise de décision est consultative et inclusive. Même si le groupe est important, l'individualisme existe. Tout est question d'équilibre entre les deux.

Pour les félicitations ou les reproches, il est recommandé de féliciter chaque employé individuellement car devant le groupe, on félicitera le groupe. Le succès individuel peut être reconnu mais en privé. N'oublions pas le « tall poppy syndrome » qui exposera celui qui reçoit le compliment à la taquinerie de ses collègues. De même pour les remarques ou les rappels à l'ordre, il est conseillé de communiquer sa désapprobation en privé pour ne pas affecter l'esprit de groupe.

Le rapport au temps

Les différences culturelles se font aussi ressentir dans la perception au temps. Détail fort important dans le monde du travail. L'attitude par rapport à l'horaire est différente selon les cultures. Les Australiens sont respectueux de l'heure. Les réunions de travail commenceront à l'heure et les sujets présents à l'agenda seront abordés de suite. L'agenda aura été communiqué à tous les acteurs plusieurs jours avant la réunion pour permettre d'ajouter de nouveaux sujets. Les participants seront ponctuels et si un sujet n'est pas sur l'agenda, il sera reporté à une réunion ultérieure.

De même, que la réunion a une heure de début elle aura aussi une heure de fin (en général les heures de fin sont respectées) Le temps est fixe et planifié. Cela se retrouve aussi avec l' « Under commit Over deliver ». Ce qui signifie qu'il ne faut pas s'engager à faire un travail si on n'est pas sur de pouvoir assurer la date de remise. Le temps prévu pour la réalisation d'un projet sera parfois long, voire trop long mais mieux vaut prévoir large plutôt que de ne pas tenir sa promesse.                                                                 

Qualité de vie

Un peu moins de 50% de la population australienne est active. Et pour la plupart, le travail reste un outil, un moyen de gagner sa vie pour profiter de ses loisirs. Il y a une vie en dehors du travail que ce soit pour la famille ou les loisirs.

En général, les employés commencent tôt et finissent tôt leur journée de travail, pour profiter du temps en famille ou pour le sport. L'équilibre entre famille travail et loisirs reste important.

En général les Australiens sont très satisfaitsde leur vie. Selon l'étude de l'OCDE sur le bien être, 84% des Australiens déclarent avoir plus d'expérience positive que négative dans leur journée (sentiments de fierté, d'accomplissement, de joie et de relaxation).

Cette qualité de vie en a tenté plus d'un et l'Australie reste une terre d'immigration. Avec un quart de la population né à l'étranger, et plus de 200 langues et cultures cohabitant, la société australienne est multiculturelle. Et ce sont ces différences culturelles qui enrichissent le pays du « Fair go » où il est toujours possible de réussir à qui s'en donne les moyens.

Sabrina Teller (www.lepetitjournal.com/melbourne) mardi 17 decembre 2013

 

La semaine prochaine : integration et quotidien

 

Sabrina Teller, basée à Melbourne est formatrice inter culturelle spécialisée dans l'acclimatation des expatriés en Australie. Elle propose des ateliers pour apprendre à décoder les comportements, savoir s'intégrer et gérer de nouvelles équipes. Pour davantage d'information contacter sabrina@internationalaustralia.com.au

 

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