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DOSSIER IMMIGRATION -3- Qui sont vraiment les réfugiés ?

Par Lepetitjournal Sydney | Publié le 03/02/2017 à 00:55 | Mis à jour le 03/02/2017 à 00:55

Si l'immigration familiale en Australie est accueillante, comme nous l'avons vu dans les précédents volets de ce dossier, ce choix est quelquefois contraint. En effet, le pays accueille des réfugiés fuyant la guerre ou les persécutions. Le pays est-il si accueillant avec les réfugiés ?

La politique australienne sur les réfugiés fait l'objet de polémiques. Alors que les détentions dans les centres de Nauru et Manus des migrants arrivés illégalement par la mer continuent de choquer en Australie, le pays se vante d'avoir la « meilleure politique de protection des frontières au monde ». Il accueille environ 13 000 réfugiés tous les ans, mais leur intégration n'est pas toujours facile.

Le pays n'accueille que les réfugiés qui ont fait une demande de visa depuis l'étranger. En 2015-2016, ils étaient 13 750 à bénéficier du programme humanitaire australien. Le gouvernement a annoncé 12 000 places supplémentaires cette même année pour les personnes qui fuient la Syrie et l'Irak. A titre de comparaison, 19 506 demandes d'asiles ont été acceptées en France en 2015.

 

Nirary Dacho fait partie des Syriens arrivés en Australie grâce au programme humanitaire. Il vivait dans la ville d'Hassaké, située au nord-est de la Syrie, avec sa famille quand il a été forcé à partir par la guerre : « Malgré la guerre, on avait décidé de rester en Syrie parce que j'avais mon master, j'avais plusieurs emplois, ma situation était parfaite. Mais Daech s'est rapproché du village où nous habitions et la situation devenait dangereuse. En tant que chrétiens, le risque était d'autant plus fort pour nous ».

Il est donc parti au Liban, où il a demandé un visa australien humanitaire, sponsorisé par son cousin. Le visa demandé par Nirary, le Special Humanitarian Programme, requiert en effet un sponsor qui est résident australien ou une organisation, ce qui n'est pas le cas pour tous les visas humanitaires. Une fois son visa accordé, il a atterri à Sydney avec sa famille et a commencé à chercher un emploi.

« J'ai envoyé plus de 100 candidatures et personne ne me répondait, car les employeurs cherchent de l'expérience en Australie. Pourtant, j'avais un diplôme et de l'expérience dans l'informatique. » Il a donc eu l'idée de créer, avec une associée, une plateforme qui joue les intermédiaires entre les réfugiés et les employeurs. Refugee Talent a été lancée en février 2016 et collabore avec 90 entreprises.

Si l'histoire de Nirary casse les clichés sur les réfugiés peu qualifiés, il n'est pas représentatif selon Anna Boucher, professeure à l'université de Sydney : « de manière générale, le niveau d'anglais des réfugiés est souvent moins élevé que celui des autres migrants. Ils ne peuvent souvent pas rivaliser avec eux sur le marché du travail. » L'immigration humanitaire coûte en général plus cher à cause des aides, comme les cours d'anglais proposés aux migrants.

Leur intégration est pourtant plus facile qu'en France, d'après : « l'Australie a un sens de l'identité nationale moins restrictif qu'en France, puisqu'une grande partie de sa population est issue de l'immigration ». Cela n'empêche pas une certaine hostilité aux migrants, que Nirary déplore mais relativise : « c'est une petite partie des Australiens qui ne veut pas des migrants. Mais ils sont préoccupés par la sécurité, c'est leur droit de vouloir stopper l'immigration ». Des flux qui sont déjà très contrôlés, avec l'envoi systématique des migrants qui arrivent illégalement par la mer dans des centres de détention, sans possibilité de demander un visa pour l'Australie.

Image : Flickr

Nicolas FLEURY, lepetitjournal.com/sydney, Vendredi 03 Février 2017

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