Mardi 21 septembre 2021

COMMONWEALTH - Le Royaume-Uni veut créer un espace Schengen avec l’Australie

Par Lepetitjournal Sydney | Publié le 08/09/2016 à 02:06 | Mis à jour le 16/08/2016 à 13:12

 

L'espace Schengen projet aussi acclamé à ses débuts que décrié à l'heure actuelle en a inspiré plus d'un, notamment le Royaume-Uni. Boris Johnson actuel maire de Londres s'est déclaré favorable à une zone de libre circulation similaire avec les plus importants pays du Commonwealth. 

Une alliance logique entre le Royaume-Uni et ses anciennes colonies. 
Royaume-Uni, Australie mais aussi Nouvelle-Zélande et Canada voici les quatre pays qui pourraient fonder une zone de libre circulation des personnes suivant le modèle européen de Schengen. L'objectif est simple, faire en sorte que les citoyens de ces quatre pays puissent se déplacer librement dans la zone sans avoir besoin de visa. Ceci permettrait notamment de faciliter les migrations et les échanges de travailleurs au sein de ces pays. A l'heure actuelle, un britannique qui souhaite aller travailler en Australie a besoin d'un visa travail ou d'un visa vacances travail. Si cette zone était mise en place, rien de ceci ne serait nécessaire. D'autant plus que les quatre pays sont similaires sur de nombreux points, du fait que ce sont des anciennes colonies britanniques. En conséquence, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada partagent la même langue, leur système juridique de Common Law, leur organisation politique ou encore leurs inspirations économiques néo-libérales. De plus, ce projet apparait comme une avancée logique du Commonwealth qui ne sert actuellement que des intérêts économiques. Il semble presque évident qu'à terme, une union similaire à l'Union Européenne émerge. 

Deux projets concurrents. 
C'est là que le projet apparait comme étant paradoxal. A l'heure où le Royaume-Uni souhaite quitter l'Union Européenne, il souhaite fonder un projet concurrent avec ses alliés naturels : ses anciennes colonies du Commonwealth. Les britanniques vont en effet devoir se prononcer l'année prochaine sur leur avenir au sein de l'Union Européenne. Boris Johnson, très favorable au projet est extrêmement euro-sceptique et souhaite que le pays quitte l'Union. Le royaume a toujours été éloigné du projet de construction européenne, de par sa position géographique : l'ile est éloignée du continent européen mais également idéologiquement : les britanniques ne sont ni membres de Schengen, ni de la zone euro. Déjà aux prémices de la construction européenne, le Royaume-Uni avait lancé un projet rival qui n'a jamais abouti. La proximité idéologique étant un facteur important pour la réussite d'un projet d'intégration régionale, il est logique que le Royaume-Uni se rapproche du Commonwealth et s'éloigne de l'Europe avec qui il ne partage plus grand-chose.  

Une union plébiscité par la population. 
Pour autant, le rapprochement avec les pays du Commonwealth n'est pas acté. En effet, de nouvelles lois ont été votées au Royaume Uni qui restreignent l'accès aux visas étudiants pour les citoyens des pays non-membres de l'Union Européenne. Ce revirement peut apparaitre étrange à l'heure où le Royaume-Uni semble plus europhobe que jamais. Malgré ces nouvelles règles qui n'ont pas enchanté les étudiants australiens et néo-zélandais, ces derniers se déclarent très favorable à une zone de libre circulation. Selon les derniers sondages 70% des australiens, 75% des canadiens et 82% des néo-zélandais sont favorables à ce projet. Les jeunes y sont encore plus sensibles : presque 90% des 18-35 ans australiens et néo-zélandais se sont déclarés favorables à cette union. Pour le président de l'association du Commonwealth, il est clair que les parlements des pays concernés vont devoir commencer à plancher sur une loi pour créer ces liens migratoires entre les nations. Pour Johnson, cette union doit d'abord commencer avec l'Australie avant de s'étendre pourquoi pas au Canada et à la Nouvelle-Zélande. 

Le Royaume Uni semble tiraillé entre un rapprochement avec l'Union Europénne, proche géographiquement et un rapprochement avec les pays du Commonwealth, plus proche idéologiquement. 

crédit photo : flickr

Simon Arrestat, lepetijournal.com/sydney, article initialement publié le lundi 14 mars 2016

 

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