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EDUCATION - Le système français en question

Par Lepetitjournal Sydney | Publié le 03/11/2010 à 22:00 | Mis à jour le 14/11/2012 à 09:28

Un article paru dans le journal l'Economiste fait la synthèse d'enquêtes et ouvrages parus récemment sur le thème de l'éducation en France. Le système éducatif français y est notamment décrit comme mettant en échec les élèves et la France comme un pays ou il ne fait pas bon être étudiant ? Est-ce la réalité et en quoi cette vision diffère de celle d'un pays comme l'Australie?

Deux pavés dans la mare
Deux livres récents sur ce sujet ont retenu l'attention des journalistes étrangers: celui de Richard Descoing, directeur de l'institut d'études politiques et auteur de Un lycée pavé de bonnes intentions et l'ouvrage de Peter Gumbel traduit en français On achève bien les écoliers. Dans ces deux livres, il est question de la dureté du système éducatif français. L'un se fonde sur une enquête menée auprès de 7.000 lycéens et l'autre sur différents rapports internationaux dont la célèbre étude PISA sur les performances scolaires des pays de l'OCDE. Tout deux arrivent à une conclusion commune; le système de notation français conduit à une perte de confiance de la majorité des élèves et une diminution de leurs performances.

Notation en cause
Cette année, seuls 0,006% des élèves (30 individus) ayant passé le bac ont obtenu au moins un 20/20 alors chez les Anglais 8% d'entre eux ont eu le fameux A+. Seuls 22% des candidats atteignent 14/20 et une information a été envoyée par le gouvernement anglais aux universités pour leur demander de tenir compte du fait que les français ayant plus de 14/20 au bac doivent être considérés comme “la crème de la crème” dans leurs demandes d'inscription considérant la dureté avec laquelle ils ont évalués. Prenons l'exemple de 12 sur 20. c'est illisible. Cela peut être une très bonne note, or ce n'est pas grand-chose. Les élèves sont toujours comparés à la moyenne et jamais à eux-mêmes. La moyenne sert à la sélection, mais pas à la formation. Aux bons élèves, on ne dit jamais que c'est bien. A ceux qui ne sont pas excellents, on ne donne jamais un coup de pouce pour les encourager. Pour le bas de l'échelle, c'est un cercle vicieux : ils commencent avec des mauvaises notes et perdent l'envie.
La notation est stricte et démoralisante pour la majorité des élèves. Elle se double d'un taux de redoublement de 38% en moyenne sur l'ensemble de la scolarité contre une moyenne de 13% dans les autres pays de l'OCDE. L'écart entre les très bons élèves et les autres se creusent chaque année laissant sur le côté plus de 130.000 élèves sortant sans diplôme de l'école.
Est-ce vraiment un problème? Pour l'élite du pays, ces difficultés ne font que renforcer leur différence mais pour la majorité des autres, elle affecte leur confiance et diminue leurs capacités, “c'est une sélection par l'échec” dit Peter Gumbel.

Rythmes scolaires
Les auteurs se penchent également sur les rythmes scolaires; avec 45 heures hebdomadaires en moyenne de cours et de travail à la maison, les lycéens français font partie du peloton de tête des pays de l'OCDE...un comble pour un pays qui a inventé les 35 heures pour les adultes. Pourtant, plusieurs enquêtes ont démontré qu'il n'y a pas de lien entre rythmes poussés de travail et réussite scolaire.

Et l'Australie?
En Australie, comme dans beaucoup de pays anglo-saxons, l'éducation est centrée sur la confiance en soi, l'évaluation oui mais par rapport à soi-même, elle permet à chaque individu de trouver sa place, d'exploiter ses qualités propres, c'est pourquoi le curriculum propose des matières beaucoup plus variées aux étudiants jusqu'au bac. Les attentes intellectuelles sont certes moindres mais elles permettent à chacun d'y arriver. Il est à noter que l'Australie figure à une meilleure place au dernier classement PISA qui compare l'acquisition des connaissances dans les différents pays de l'OCDE à l'âge de 15 ans.

Alors réalité ou vision déformée à l'étranger ?
Une chose est certaine. Des réformes ont bien été tentées en France, pour le moment sans réel changement, la durée de vie moyenne d'un ministre de l'Education en France est de deux ans, rappelle Richard Descoings. Difficile de réformer un système si lourd dans un temps si court.

En savoir plus:
Notre article du 10 septembre 2010 : Education : "On achève bien les écoliers"
Peter Gumbel “On achève bien les écoliers” Grasset
Richard Descoings “ Un lycée pavé de bonnes intentions” Robert Laffont

Flore Gregorini (www.lepetitjournal.com/sydney.html) jeudi 4 novembre 2010

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