TEST: inter

SHAMBHU – Le récit d’un jeune Indien sauvé de la rue par l’ONG Plan International

Par Lepetitjournal.com International | Publié le 11/06/2015 à 19:00 | Mis à jour le 06/11/2018 à 17:30
SHAMBHU plan international

 

Shambhu, 17 ans, a commencé à travailler à l'âge de 10 ans, à New Dehli. S'il a été rescolarisé grâce à l'ONG Plan International, il continue toujours à aider son père pour subvenir aux besoins de sa famille, tout en donnant lui-même des cours à des plus jeunes. Découvrez son histoire émouvante.

L'Inde détient le triste record du nombre d'enfants qui travaillent. Une situation accentuée par le recul du droit en la matière. Le 13 mai dernier le Gouvernement indien a modifié la loi relative au travail des enfants, en réduisant la liste des secteurs à risques. Ceci facilite l'embauche des mineurs et notamment celle des enfants de moins de 14 ans dans les entreprises familiales. Plan International est présent depuis 35 ans en Inde pour sensibiliser les familles et la société civile au problème.

« Bien qu'étant enfant, à cause de la situation financière de ma famille, l'opportunité d'aller à l'école m'a été refusée »

Originaire de Dharbanga, Shambhu doit déménager à New Dehli, à plus de 17h de son village. Sa mère étant malade, sa famille a dû partir pour lui prodiguer des soins. Il doit quitter l'école et  veiller sur elle à l'hôpital tout en dormant dehors pendant un mois. « Sans aller à l'école, on n'apprend pas à lire, ni à écrire et nous n'avons pas de bases en calcul, cela affecte réellement nos vies » témoigne le jeune Indien, triste de ne plus pouvoir étudier. Pendant ce temps, son père essaie de rassembler de l'argent pour payer l'opération. Sa famille n'ayant pas les moyens de le renvoyer à l'école, il est obligé de travailler, d'autant plus qu'il est l'aîné. Il a alors dix ans.

« Je vendais des fruits et des légumes le long de la route et le long des quais de gare » explique Shambhu. Ce travail particulièrement pénible occupe entièrement ses journées. Il est en plus victime d'abus d'adultes et personnels de police. « Je n'avais pas le choix, je devais vendre et gagner de l'argent. Tout ce que je pouvais faire c'était supporter les abus et l'exploitation tous les jours » confie Shambhu. La vie sur le bord de la route s'apparente alors à un combat de chaque instant. Il a également nettoyé des voitures, caché par le brouillard, lors de matins d'hivers rigoureux. Il poursuit en expliquant que la population est assez indifférente à ce problème, « les gens ne nous considéraient même plus comme des enfants ».

Le programme Dreams on Wheel, une seconde chance

Ce programme, dont a bénéficié Shambhu, est piloté par Plan International et CHETNA (Centre for Health Education, Training and Nutrition Awareness). Il est implanté dans l'Etat de Dehli pour aider et changer la situation des enfants qui travaillent sur les voies ferrées. « Le but du programme est de garantir les droits des enfants en les protégeant, et en les éduquant » confirme Shambhu. Les militants agissent directement auprès des enfants qu'ils ont préalablement repérés et se rendent ensuite auprès de leur famille pour convaincre les parents de laisser leurs enfants retourner à l'école.

« Le personnel de Dreams on Wheel a pris contact avec moi en décembre 2009. Ils ont régulièrement rendu visite à ma famille, pendant un mois. Ils ont convaincu mon père de me laisser rejoindre un centre (contact point). A force de négocier, j'ai pu m'y rendre régulièrement ». Il est très difficile de faire comprendre aux parents que l'éducation de leurs enfants est bénéfique pour eux, comme pour la famille. L'ONG doit trouver des solutions, et mettre en place des compensations par exemple. « Je voulais absolument étudier, donc ce choix n'était pas dur pour moi. En revanche, convaincre mes parents a été difficile » confie le jeune Indien.

Une expérience difficile aux résultats probants

Shambhu se rend au centre jusqu'à sa fermeture en 2012. Il suit ensuite des cours peer to peer sous la direction du programme Dreams on Wheel. Au départ il est timide et renfermé, reconnait avoir du mal à s'exprimer, puis s'ouvre aux autres petit à petit. Il doit cependant continuer à travailler car sa mère est toujours malade et sa famille doit payer son traitement. « Tous les jours je me lève à 4h du matin, et je lave des voitures jusqu'à 9h. Je vais ensuite prendre un bain chez moi, j'emmène mon père au travail, car il ne peut pas se déplacer. J'étudie de 10h à 18h, puis c'est à mon tour de donner des cours jusqu'à 21h. Je me rends ensuite sur le lieu de travail de mon père et je l'aide quelques heures. Je ne rentre chez moi qu'à minuit ». Voilà une journée-type pour Shambhu.

Shambhu est également leader d'une fédération pour les enfants des rues, Badhte Kadam. Les membres se réunissent tous les mois pour discuter de leur situation. Les enfants eux-mêmes organisent les meetings (agenda, discussions, etc). Cet effet de groupe les rend plus forts et leur permet de s'essayer à l'exercice du leadership. Shambhu a également écrit pour un journal d'écolier. Il a décidé d'écrire l'histoire d'un enfant courageux qui en sauve un autre de la noyade. Il espère ainsi encourager les autres enfants.

Il étudie aujourd'hui au centre de police ferroviaire. Il souhaite devenir professeur pour aider à son tour les enfants en difficulté. Il veut notamment être volontaire pour aider les enfants victimes d'abus comme lui auparavant. « L'opportunité d'étudier à nouveau a été une expérience fantastique pour moi » conclut Shambhu. « Le programme ne m'a pas seulement permis de retourner à l'école, mais m'a donné la chance de jouer et de redevenir un enfant ».

Mélanie Volland (www.lepetitjournal.com) vendredi 12 juin 2015

Vous pouvez consulter la page de l'ONG Plan International et sponsoriser un enfant ou faire un don.

 

0 Commentaire (s) Réagir
Dans la même rubrique