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Christian Soulard, nouveau Proviseur du Lycée Français de Singapour

Par Clémentine de Beaupuy | Publié le 18/10/2017 à 16:46 | Mis à jour le 19/10/2017 à 12:17
Photo : M.Christian Soulard, Proviseur du LFS
Christian Soulard, Proviseur du LFS

Un mois après la rentrée et avant les vacances de la Toussaint, le petit journal a rencontré le nouveau proviseur du LFS, Christian Soulard. Retour sur les temps forts de cette année scolaire à Singapour et les défis des lycées français à l’étranger.

Vous avez dirigé pendant 5 ans le Lycée Français de Hong-Kong. En arrivant au Lycée français de Singapour, comment abordez-vous cette nouvelle mission? Est-ce si différent ?

Je voulais tout d’abord préciser qu’avant le lycée français de Hong-Kong j’étais au Lycée Franco-Australien de Canberra. Mon parcours m’a donc amené à travailler dans des écoles bilingues ayant des programmes aussi bien en français qu’en anglais. Le Lycée Français de Singapour est un établissement français qui a clairement une vocation internationale. Si on compare les deux établissements, ils diffèrent par leur structure : le lycée français de Hong Kong a une section homologuée francophone pour environ 75% de ses effectifs, et une section anglophone non homologuée avec des programmes d’inspiration britannique pour le reste de ses effectifs. Le contexte à Singapour est celui d’un établissement à programmes français qui a développé des dispositifs en langue anglaise sous la forme de l’anglais+ en primaire et de la section britannique en secondaire. En termes d’objectifs, d’effectifs et de dynamisme, les deux lycées ont bien des points communs. Ils appartiennent à ce formidable réseau qu’est l’AEFE (Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger) et leur offre de formation dans les deux cas est de grande qualité.

 

Comment cette vocation internationale à Singapour s’exprime-t-elle ?

De différentes manières. En regardant déjà les orientations de nos élèves, plus de 40 % des élèves post-bacs s’orientent vers des études hors de France en majorité vers le Royaume-Uni, puis le Canada. Les élèves qui s’orientent vers des études en dehors de nos frontières nationales, sont issus des parcours divers qu’offre le Lycée Français de Singapour, les sections dites « classiques » et la section internationale britannique. Les études « à la française » telles qu’elles sont conçues préparent bien les élèves aux études supérieures en France comme à l’international. Tous nos élèves passent par un seul examen terminal : le baccalauréat, mais avec des variantes qui permettent de reconnaître les capacités linguistiques de nos élèves.

La seconde manière de montrer la volonté d’ouverture du Lycée Français de Singapour est l’ouverture aux élèves non-francophones avec la mise en place du dispositif ‘French Passerelle’. L’objectif est de poursuivre cet accueil de population sans créer de double système.

 

Comment s’est passée votre première rentrée scolaire à Singapour ?

Elle s’est parfaitement déroulée. J’ai été très bien accueilli par l’ensemble du personnel de l’établissement et par les parents d’élèves. De nombreux défis nous attendent. J’ai réuni l’ensemble des professeurs le samedi 14 octobre pour travailler sur le projet d’établissement pour les 5 prochaines années. Ce projet a pour ambition de développer les grandes orientations pédagogiques. Nous avons choisi de privilégier 3 axes : Innovation, Ouverture et Confiance. Il s’agit de prendre en compte les forces de l’établissement comme l’excellence scolaire, les parcours linguistiques, l’ouverture culturelle et de préparer également le lycée de demain. Nous espérons pouvoir le présenter en février 2018.

lycée français de singapour

Après une croissance ininterrompue ces dernières années, où en sont les effectifs des élèves du LFS ?

C’est vrai qu’il y a eu une croissance exponentielle ces 10 dernières années. Aujourd’hui, elle est plus modérée. Mais je ne pense pas qu’elle soit terminée. En 2016, les effectifs étaient de 2750 élèves et à la rentrée 2017, de 2820. Il y a donc eu augmentation ; ce qui n’a rien à voir bien entendu avec la croissance forte de ces dernières années. L’attractivité de Singapour pour les expatriés français semble moindre mais celle du Lycée est intacte et nous comptons bien la faire valoir.

 

Concernant le personnel enseignant, comment gère-t-on le turn-over et les différences de statut, sans tension ?

Je ne crois pas que les mouvements du personnel soient un enjeu majeur pour l’établissement. Du fait de sa très bonne réputation, le lycée attire des candidatures nombreuses et de qualité. Concernant les différences de statut entre les enseignants : il y a 170 enseignants en contrat local employés par le conseil exécutif du lycée. Parmi eux, une grande majorité est titulaire de l’Education Nationale, d’autres ont des diplômes étrangers (professeurs anglais, mandarin, EPS…). Par ailleurs, soixante-deux sont en contrats résidents, ce qui veut dire qu’ils sont titulaires de l’Education Nationale et dépendent directement de l’AEFE. Le pourcentage de ces derniers est en diminution car le nombre des contrats locaux a beaucoup augmenté pour répondre à la croissance des effectifs des années passées. Les personnels au statut expatrié sont au nombre de huit, les six personnels de l’encadrement pédagogique et deux enseignants qui ont une mission de conseil pédagogique envers leurs collègues de la zone Asie Pacifique.

L’objectif dès cette année est de créer une association des anciens élèves qui nous permettra d’être plus pertinent sur leur suivi. Je pense que ce réseau international est un atout pour notre lycée et également notre pays. Si nous arrivons à fidéliser les anciens élèves, à maintenir ce lien, cela sera un gain pour tous.

Quels sont les défis que vous souhaitez relever pendant votre mandat ? Qu’est-ce qui vous tient particulièrement à cœur ?

Au delà du projet pédagogique que nous portons ensemble avec les enseignants et les personnels du Lycée Français de Singapour, j’aimerais mettre en place un système de suivi post-bac des élèves. Une plateforme AGORA a été mise en place par notre organisme de tutelle, l’AEFE, et permet d’établir un lien entre les lycéens et les étudiants déjà dans le supérieur. Mais que deviennent-ils après 2 ou 3 ans ? Pour mettre en place ce suivi sur le plus long terme, il faut que les anciens élèves nous répondent. L’objectif dès cette année est de créer une association des anciens élèves qui nous permettra d’être plus pertinent sur leur suivi. Je pense que ce réseau international est un atout pour notre lycée et également notre pays. Si nous arrivons à fidéliser les anciens élèves, à maintenir ce lien, cela sera un gain pour tous.

Ce lien permettra de renforcer ainsi ce réseau extraordinaire, le plus grand réseau d’éducation au monde qu’est l’AEFE. Je suis convaincu que les élèves à Singapour, à Hong-Kong ou à Sao-Paolo ont un sentiment d’appartenance. Il y a environ 500 établissements à travers le monde, ce qui représente environ 340.000 élèves. En zone Asie-Pacifique, il y 36 établissements scolaires dans 16 pays : ce qui représente plus de 19.000 élèves et 1.500 enseignants pour 740 personnels. Quel beau réseau à faire vivre !

La semaine du 12 au 19 novembre sera la Semaine des Lycées Français du Monde #SemaineLFM, et nous aurons à coeur de mettre en avant la vitalité, le dynamisme et le caractère innovant de ce réseau en organisant des activités pour le faire connaître et le valoriser. Nous commencerons le lundi 13 novembre par le vernissage d’une exposition consacrée aux lettres de poilus, préparée par nos élèves de 3ème. Elle se terminera le samedi 18 novembre par une matinée Portes ouvertes pour la maternelle et par un événement sportif, l’Aquathlon. En mars 2018, le séminaire des chefs d’établissement de la zone Asie-Pacifique se tiendra à Singapour dans nos locaux.

Sur un autre sujet, cette semaine nous avons ouvert le lycée à des formations et des conférences pour le personnel, les parents et les élèves, concernant la lutte contre le harcèlement scolaire et la méthode de la préoccupation partagée de M. Jean-Pierre Bellon. Suite à ces formations, nous allons mettre en place une cellule de gestion du harcèlement en milieu scolaire. Cette méthode a très largement fait ses preuves dans des lycées et collèges, et constituera un très bon outil pour une nouvelle approche de ce sujet sensible.

notre grande école va fêter ses 50 ans

Quels sont les grands événements qui vont rythmer l’année ?

Tout d’abord, trois ans seulement après Singapour, notre grande école va fêter ses 50 ans. Cela témoigne de la solidité et de la longévité de notre engagement. Les célébrations auront lieu le 23 et 24 mars et cet anniversaire sera concomitant avec la Semaine de la Francophonie et de la Presse. Avec le concours de tous : parents, élèves, personnels, partenaires, nous voulons créer un bel événement et ouvrir le Lycée au plus grand nombre. Le vendredi 23 mars sera une journée consacrée aux élèves et animée par eux. Et, puis tout au long de cette année 2018, l’établissement va s’associer à l’année France/Singapour sur l’innovation.

 

D’ailleurs, à l’occasion de ses 50 ans, le Lycée Français de Singapour sera-t-il enfin baptisé ?

Il a déjà un nom …”Lycée Français de Singapour” auquel beaucoup sont attachés. Mais je comprends ce que vous me demandez. Un bon nombre de personnes dans notre communauté le souhaitent. Cette question est à l’ordre du jour et sera discutée très bientôt.

Cet été, il a été clairement annoncé une baisse de budget pour l’AEFE dès 2017 ? Avez-vous déjà eu les arbitrages pour 2018 ? Comment allez-vous gérer cette baisse ?

Les arbitrages budgétaires devraient être annoncés très bientôt par notre organisme de tutelle. L’effort budgétaire demandé à l’AEFE devra s’inscrire dans l’effort de réduction des dépenses décidé au plan national. Le Lycée Français de Singapour est un établissement très bien géré et nous pouvons faire totalement confiance aux équipes en place pour composer avec cette évolution.

 

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clémentine de beaupuy

Clémentine de Beaupuy

Co-directrice éditoriale. Diplômée de Sciences-Po, entrepreneuse et hyperconnectée, Clémentine est la spécialiste de tout ce qui touche à la culture, à la société et à la religion. Elle se passionne également pour les sujets liés à l'innovation urbaine.
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