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LEGISLATIVES - La parole aux candidats : présentation et propositions (partie 1)

Par Lepetitjournal Singapour | Publié le 24/05/2017 à 13:10 | Mis à jour le 24/05/2017 à 11:01

Le petit journal de Singapour en collaboration avec les éditions du petit journal de la 11ème circonscription ont contacté les 14 candidats afin de mieux connaître leurs parcours, leurs propositions pour les français de l'étranger, la manière dont chacun envisage son mandat. D'ici le premier tour des  législatives (4 juin),  nous publions sur nos pages les interviews réalisées : aujourd'hui celles du candidat FN, M. Sébastien Cochard et du candidat UPR, M. Trinh Rong.

Une interview de M. Thierry Mariani, député sortant et qui se représente pour une nouvelle mandature est disponible sur notre site ici 

Sebastioen Cocharch photo

Sébastien Cochard- Candidat FN (Front National) 

 

www.lepetitjournal.com/singapour : Pouvez-vous nous résumer votre parcours et nous préciser quelles ont été vos motivations pour entrer en politique ?

Sébastien Cochard: Issu de la société civile, mon but n'est pas de faire carrière en politique mais de mettre au service de mes compatriotes toutes les compétences et le savoir que j'ai acquis au cours de ma carrière professionnelle.Ce qui m'a poussé à rentrer en politique est en effet d'abord la volonté de servir mon pays et mes concitoyens.

J'ai toujours consacré mon temps et mon énergie au service de la France. Ayant vécu 32 ans hors de France, dont ces dix dernières années dans différents pays de la 11ème, je suis à même de comprendre les préoccupations de mes compatriotes à l'étranger. J'ai quatre enfants binationaux, et je voudrais qu'ils connaissent une France à l'économie forte et qui rayonnerait à l'international. J'aimerais aussi que mes enfants puissent avoir les mêmes droits que s'ils étaient dans l'Hexagone.

J'ai d'abord travaillé en 1994 à la division de coopération économique et financière de l'Inspection Générale des Finances, que je représentais en Europe centrale et orientale. Puis, après un temps au ministère des finances, j'ai été nommé à plusieurs postes diplomatiques : Alger en 1997-98 en pleine guerre civile ; à l'ambassade de France à Rome en 1998-2000, au moment de la mise en place de l'euro et à New York entre 2000 et 2003 où j'ai été Consul et représentant du Trésor français auprès de Wall Street.

Une grande banque française m'a recruté en 2005 pour bénéficier de mon expérience en négociations intergouvernementales sur les sujets financiers et m'a désigné comme son représentant auprès des institutions européennes d'abord, puis ensuite comme représentant auprès des gouvernements d'Asie-Pacifique, basé à Hong Kong et avec compétence sur l'ensemble d'une zone géographique qui couvre exactement notre circonscription.De là, le gouvernement russe m'a recruté en décembre 2012 afin de me confier la gestion de leur présidence du G20 (et G8) sur les sujets de régulation financière. Comme vous le savez, il s'agissait de réguler et cantonner la finance après la crise globale de 2008. Je suis depuis cette époque principalement basé à Moscou, où se trouve ma famille.

Fin 2014, je suis revenu à Bruxelles pour représenter la banque systémique grecque Piraeus Bank auprès des institutions européennes. Mon action diplomatique et financière pour cette banque s'est inscrite dans le contexte des négociations européennes extrêmement difficiles autour de la définition d'un nouveau programme pour la Grèce et de la recapitalisation de ses banques.Depuis le début d'année 2017, je conseille des parlementaires européens sur les sujets économiques, monétaires et de régulation financière.

Etre député de la 11ème circonscription, qu'est ce que ça représente pour vous? Quels sont vos liens avec cette circonscription ?
Cela serait pour moi un grand honneur et une immense responsabilité. J'ai en effet à coeur de résoudre les nombreux problèmes rencontrés par mes compatriotes dans cette circonscription pour laquelle j'ai un attachement très fort depuis tant d'années.

J'ai beaucoup travaillé avec la Chine. Entre 2008 et 2010, j'ai ainsi participé activement aux travaux de réforme du droit des marchés financiers coordonnés par la Chinese Securities Regulatory Commission (CSRC) à Pékin, ainsi qu'au projet de mise en place d'un compartiment de listing international sur le Shanghai Stock Exchange. J'ai également beaucoup travaillé avec le Japon. J'ai ainsi participé activement à des groupes de travaux organisés sous l'égide de la Banque du Japon et visant à développer les infrastructures financières transfrontalières, de manière à permettre aux investisseurs asiatiques de détenir et d'échanger des titres de dette publique japonaise, ce qui est vital pour le gouvernement japonais dans un contexte où la demande domestique est proche d'atteindre son niveau de saturation.

Après que BNP Paribas ait décidé en 2010 de me nommer délégué aux affaires publiques pour l'Asie-Pacifique, basé à Hong Kong, j'ai couvert une cinquantaine de pays, de la Nouvelle-Zélande à la Russie et du Japon à l'Inde. Je m'attachais notamment à mettre en place les conditions du développement des activités transfrontalières des marchés financiers de la région, ainsi que de rassurer les gouvernements et fonds souverains d'Asie-Pacifique sur la robustesse des banques françaises. Il m'arrivait certains matins de ne plus me souvenir dans quel pays je me réveillais ! Contrairement à l'UE, chaque discussion ou négociation avec chaque gouvernement était une expérience entièrement nouvelle. J'entends mettre mon expérience au service des Français de la région pour être également leur représentant vis-à-vis des gouvernements de la circonscription.

Quelles sont vos 3 priorités/propositions parmi les problématiques concernant les Français vivant à l'étranger (emploi, fiscalité, éducation, culture, représentation, administration...) ?

Si je suis élu député, mes trois priorités seront les suivantes :

Garantir la gratuité de la scolarité pour tous les jeunes Français inscrits dans les établissements publics français à l'étranger. Les frais de scolarité dans les écoles françaises à l'étranger sont, à l'heure actuelle, bien trop élevés, les critères pour obtenir une bourse étant également trop restrictifs et les montants alloués insuffisants. Nous nous retrouvons donc dans une situation où des enfants de riches parents étrangers peuvent apprendre le français à l'école française tandis que nos enfants n'ont pas les moyens d'apprendre en classe leur langue maternelle. Cette situation doit changer.

 Supprimer le paiement de la CSG-CRDS pour les Français de l'étranger non résidents fiscaux en France et assurer le remboursement des trop-perçus éventuels. Sur ce point également, il y a une injustice flagrante entre les Français de l'étranger et leurs compatriotes résidant dans l'Hexagone puisque les deux doivent payer des cotisations sociales mais que seuls les seconds sont couverts par la Sécurité sociale.

Renforcer la coopération économique entre nos régions françaises et celles des pays de la 11ème circonscription. Je souhaite en effet promouvoir davantage nos régions françaises à l'étranger et renforcer les relations entre les CCI à l'étranger et les pouvoirs politiques régionaux.

Quel bilan portez-vous sur l'action du député sortant? Sur quel (s) plan (s) auriez-vous agi différemment ?M. Mariani est un professionnel de la politique et un député actif et très engagé pour défendre les Français de l'étranger. Malheureusement, en termes de résultats, force est de constater que sur les problèmes d'éducation, de fiscalité et de protection sociale, les choses n'ont pas beaucoup évolué depuis 5 ans, sauf pour aller de mal en pis. Ce que j'aurais fait différemment de lui ? Je ne serai pas allé de manière aussi provocatrice en Crimée par exemple même si, au fond, je partage la plupart des opinions et des positions de M. Mariani sur la Russie. Je pense en effet qu'un représentant de la Nation ne doit pas activement contredire la ligne diplomatique adoptée par son propre pays, surtout lorsqu'en l'occurrence deux des pays de sa circonscription entrent en quasi-conflit (Russie et Ukraine). Comment fera M. Mariani, s'il est réélu, pour défendre les intérêts des Français résidant en Ukraine puisqu'il a été interdit d'entrée sur le territoire ukrainien ?

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Singapour/TRINH Rong

M. Trinh Rong – Candidat UPR (Union Populaire Républicaine) 

 

www.lepetitjournal.com/singapour : pouvez-vous nous résumer votre parcours et nous préciser quelles ont été vos motivations pour entrer en politique ?

Trinh Rong - J'ai  42 ans et je suis né à Lyon de parents venant de l'Indochine française. Je suis un enfant de la République, le produit de l'école laïque, gratuite et émancipatrice. J'ai fait mes armes en France dans le syndicalisme, le militantisme associatif et la lutte pour le respect des Droits de l'Homme. Aujourd'hui, je reprends le combat en m'engageant pour l'UPR, car il est de mon devoir sacré de citoyen de protéger notre indépendance, notre démocratie, nos libertés, notre modèle social et nos services publics actuellement menacés par la politique d'application servile des directives autoritaires de l'Union Européenne que compte mettre en place le Président Macron, sacrifiant notre économie aux exigences de fonctionnement d'un euro   pourtant voué à l'échec. Il Parce qu'il est de mon devoir de père de transmettre à mes deux filles une France où on vivra mieux d'une génération à l'autre, en harmonie avec la nature, une France plus juste socialement, indépendante des lobbies financiers et industriels qui tentent de l'asservir.

Etre député de la 11e circonscription, qu'est-ce que ça représente pour vous? Quels sont vos liens avec cette circonscription/ce pays? 

Je suis expatrié au Vietnam depuis 15 ans, où je travaille comme importateur-distributeur de produits français. Je suis fier de représenter le savoir-faire français à l'export. Je vis dans ma chair les problèmes que rencontrent les entrepreneurs, et comme tous, je me désole du peu de soutien que nous apportent les autorités.   J'aime l'Asie. J'aime la France. Etre député de la 11e circonscription sera pour moi le moyen de retisser les liens commerciaux, culturels, diplomatiques,  privilégiés qu'avait la France avec cette partie du monde, mais qui se sont distendus de par l'intégration européenne.

Quelles sont vos 3 priorités/propositions parmi les problématiques concernant les Français vivant à l'étranger (emploi, fiscalité, éducation, culture, représentation, administration...) ? 

Je ne serai pas un député gérant la pénurie ou faisant de l'assistance sociale ! Certains le font très bien, je leur laisse ce rôle. L'Asie et la Russie sont des débouchés commerciaux prometteurs pour notre pays ; il est vital d'y exporter le plus possible, . d' D'aider les PME françaises à s'y installer, et de créer ainsi de l'emploi en France mais aussi pour nos expatriés qui arrivent par milliers pour trouver un emploi ! Un député expatrié est un acteur économique à part entière, devant faire sa part pour stopper voire inverser l'hémorragie industrielle et commerciale de la France. Les Eurocham ne servent à rien, il faut en sortir, renforcer les antennes commerciales consulaires, voire les fusionner avec les chambres de commerces selon les cas; produire de l'intelligence économique gratuite et non payante contrairement à ce qui se comme c'est passele cas actuellement; assouplir les démarches de visa pour la France pour les partenaires commerciaux ; et prévoir des solutions d'aide aux entreprises souhaitant inviter leurs partenaires asiatiques à signer un contrat…par exemple sous la tour Eiffel et ainsi réaliser le rêve de tout homme d'affaires chinois, vietnamien ou cambodgien! L'application de ces mesures permettrait de doubler le chiffre d'affaires (et donc l'emploi) de PME comme la mienne ! Exporter doit être un enjeu prioritaire et il faudrait un comité pilote coordonnant l'ensemble des acteurs : les grandes sociétés de distribution (Carrefour, Casino…), Air France, Business France (ex-Ubifrance), les acteurs culturels et éducatifs… pour aider le tissu industriel français qui est en train de se déliter complètement.

Etre député dans une circonscription couvrant l'Ukraine, la Russie, la Chine, l'Iran, l'Afghanistan ou encore l'Inde, c'est avant tout avoir le courage de militer pour la paix et le dialogue diplomatique face à un matraquage politico-médiatique belliqueux poussant à des interventions hors du droit international, et parfois contraires aux intérêts directs de la France. Je souhaite conserver l'indépendance des forces de défense françaises en refusant de céder à l'OTAN la décision de dissuasion nucléaire française ou bien encore de céder notre siège permanent au conseil de sécurité de l'ONU à l'Union européenne.  Je souhaite soutenir des initiatives pour promouvoir la diffusion en France de toutes les cultures, notamment celles des pays de notre circonscription. 

Quel bilan portez-vous sur l'action du député sortant? Sur quel (s) plan (s) auriez-vous agi différemment ?

Je tiens à rendre hommage à M. Thierry Mariani qui a officié avec sérieux pendant sa mandature. Il a eu le courage d'avoir des positions diplomatiques mesurées sur la Syrie ou la Russie, en contradiction avec la ligne va-t-en-guerre du gouvernement et même une d'une large majorité de sa famille son appareil politique. Mais je n'oublie pas que c'est grâce à sa voix et à quelques autres en plus de celles du PS que la loi URVOAS dite "de modernisation de la vie politique" a été adoptée, complexifiant l'obtention des 500 signatures pour les candidatures à l'élection présidentielle, supprimant réduisant l'égalité du temps de parole sauf à deux semaines, et visant généralement à empêcher l'émergence de nouveaux partis, à contrecourant de la volonté populaire. Je ne peux pardonner acquiescer à cette félonie. Je déplore également  Ou encore son soutien, isolé chez Les Républicains, à la loi dite Macron sur la « croissance et l'activité », contribuant à déréglementer les professions libérales (notaires, pharmaciens, taxis …) et précariser les salariés, et son soutien général aux politiques d'austérité imposées par Bruxelles. 

Quant à ma réaction à l'élection de M. Macron. Il représente la continuité de la catastrophe économique, sociale et budgétaire des deux derniers quinquennats : 2,2 millions de chômeurs en plus, 1000 milliards de dette supplémentaire…  Macron, en appliquant les mêmes recettes, ne peut que battre tous les records. Einstein disait : « La folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent ». La propulsion médiatique indécente de Macron (un nombre incroyable de unes de magazines et d'articles lui ont été consacrés) provoque partout un malaise indicible, et prouve que les ressorts démocratiques de la République, dont le président est pourtant le garant, ne fonctionnent plus : le CSA n'applique pas ses propres règles d'équité et encore moins d'égalité du temps de parole, les journalistes ne savent même plus ce qu'est la charte de déontologie de Munich... L'illusion démocratique de l'élection de M. Macron (le barrage au FN, la faible adhésion à son programme !) ne rend que plus vitale la régénérescence de la vie politique que représenterait mon élection. Je serai sans concession et sans équivoque dans l'opposition.

 

Rédaction, www.petitjournal.com/singapour, le jeudi 25 mai 2017

 

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