Dimanche 17 janvier 2021
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CONSEILLERS CONSULAIRES ELUS – Bilan après 1 an avec Mathilde Broustau et Mathias Assante

Par Lepetitjournal Singapour | Publié le 23/06/2015 à 11:00 | Mis à jour le 23/06/2015 à 06:08

En 2014, le paysage de la représentation des Français de l'étranger a été transformé, avec en particulier l'instauration des conseillers consulaires. Un an après l'élection,  lepetitjournal.com propose de revenir avec les intéressés sur leur rôle, notamment dans les domaines de la sécurité, de l'éducation de l'emploi et du social, au travers d'une série de deux entretiens. Entretien avec les élus de la liste de gauche Singapour Ensemble.

Sur quels sujets vous sollicite-t-on ?

Mathilde Broustau - C'est très variable. Cela peut concerner les bourses mais aussi des questions sur les douanes, le permis de conduire, la résiliation d'un contrat de travail avec en corollaire la problématique du visa, ou celle d'un bail de location? D'une manière générale, nous répondons par e-mail. Quand le problème est plus complexe nous organisons un rdv.

Mathias Assante - Nous sommes sollicités par des familles pour les problèmes de bourses. De plus en plus de jeunes nous contactent également sur des questions d'emploi ou de création d'entreprise. D'une manière générale ceux qui nous consultent le font parce qu'ils n'ont pas nécessairement les moyens de faire appel aux services d'un avocat et parce qu'ils préfèrent parler à des Français qui partagent le même référentiel et comprennent tout de suite les enjeux de la situation.

Comment se répartissent les rôles entre tous les deux ?

MB- Compte tenu de nos domaines de spécialisation respectifs, Mathias s'occupe beaucoup des bourses et, du fait de son expérience dans le digital, de ceux qui veulent entreprendre dans ce secteur (il y a beaucoup de créateurs de start-up à Singapour). De mon coté, j'interviens davantage sur le terrain juridique.

MA- Dans toute la mesure du possible nous nous attachons à leur apporter directement un support ou une réponse concrète lorsque cela rentre dans notre champ de compétences. Nous les mettons aussi en contact avec les personnes ? Ambassade et Consulat, FCCS, CCE?- qui peuvent le mieux les aider.

La mission des conseillers consulaires est-elle bien identifiée par la communauté française ?

MA- Dans l'esprit des gens, nous sommes parfois perçus comme une excroissance de l'Ambassade ou du Consulat, une sorte d'interface civile de l'Administration. C'est important de préciser que notre mission de conseiller consulaire n'est pas notre métier : c'est une fonction, un mandat dont nous nous acquittons sur notre temps libre. Nous avons par ailleurs tous les deux un métier.

MB- Je précise d'ailleurs que je fais une distinction très claire entre les permanences juridiques que j'anime comme conseiller consulaire et mon activité d'avocat. Les personnes qui viennent me voir lors d'une permanence juridique ne peuvent pas, par la suite, avoir recours aux services de mon cabinet. Il ne faut pas qu'il y ait conflit d'intérêt.

Conseillers consulaires - Association Français du Monde ? ADFE « Singapour Ensemble, Citoyens et Solidaires »

Mathias Assante et Mathilde Broustau

Mathias Assante

mathias.assante@conseiller-consulaire.com
Téléphone : +65 81 83 67 19
www.singapourensemble.org
www.facebook.com/singapourensemble
twitter.com/mathiasadp

Mathilde Broustau

mathilde.broustau@conseiller-consulaire.com

Comment faites-vous pour vous faire connaître de la communauté ?

MA- Nous avons commencé par organiser une permanence chaque trimestre. C'était un engagement de campagne, nous nous y tenons ;  même si, finalement, les gens ont tendance à nous contacter plus spontanément par e-mail.

Nous communiquons sur notre action de conseiller consulaire et sur les éléments d'intérêt général sur lesquels nous travaillons, par exemple les questions de CSG/CRDS, au travers de notre newsletter et de notre blog.  www.singapourensemble.org

Les conseillers consulaires participent au conseil consulaire. Comment cela se passe-t-il ?

MA - Nous participons à toutes les réunions du conseil consulaire organisés à l'initiative du président, en l'occurrence l'Ambassadeur de France assisté du Consul. Cette année, il y a eu une dizaine de réunions de ce type, portant chacune sur un sujet particulier : la sécurité, l'action sociale, l'emploi-formation, l'organisation d'un 14 juillet pour tous.  

MB- Participent aux conseils les 4 conseillers consulaires ainsi que des membres invités comme Geneviève Groslière pour l'AFS et Pierre Morbelli pour Français du Monde ainsi que des experts du domaine concerné. Il s'agit d'échanges ouverts. Tout le monde travaille ensemble, chacun apportant le cas échéant sa propre sensibilité, dans un esprit positif. A la suite de l'attentat à Charlie hebdo, un conseil s'est réuni pour aborder les questions de sécurité et les consignes à mettre en ?uvre pour assurer la sécurité des établissements scolaires et des entreprises françaises.

MA- Le problème principal est celui des bourses. A Singapour, elles représentent un budget global de quelques centaines de milliers d'euro. Les frais de scolarité, du fait des travaux d'aménagement nécessités par la croissance rapide de la communauté française, ont augmenté d'environ 5% par an au cours des dernières années. Pour un certain nombre de familles, qui ne sont pas éligibles aux bourses, ces hausses sont difficiles à intégrer dans le budget familial. Pour ceux qui remplissent les critères leur permettant d'obtenir une bourse, il faut reconnaître que les dossiers de bourse ne sont pas « user friendly ». Ils ont souvent besoin d'aide à ce stade pour les remplir.

- Y-a-t-il de nouveaux sujets qui émergent?

MA- Le profil des Français qui vivent à Singapour a changé. Certains choisissent par exemple d'inscrire leurs enfants dans des écoles locales, pour des questions de coût ou simplement pour que leurs enfants soient immergés dans des langues étrangères. Dans ces cas là, les parents cherchent le moyen de permettre à leurs  enfants, en parallèle de l'école, d'apprendre la lecture et l'écriture du français.

Pour répondre à ces situations, une initiative a vu le jour au travers du programme FLAM, soutenu par l'AEFE et les Consulats, qui permet d'apporter un soutien en français aux intéressés, en dehors du cadre scolaire, sous la forme de 3-4 heures de cours supplémentaires par semaine. Il s'agit d'une démarche purement associative gérée directement par les parents d'élèves. Le réseau FLAM existe en Asie en Chine et au Japon. Cela n'existe pas encore à Singapour, mais une initiative est en cours qui pourrait se concrétiser à la rentrée prochaine. Lorsque nous avons interrogé les personnes sur le sujet, 70 personnes ont exprimé un intérêt pour cette approche. J'en profite d'ailleurs pour lancer un appel aux personnes potentiellement intéressées à me contacter.

Quel retour faites?vous sur cette expérience à titre personnel?

MB ? Je trouve personnellement que c'est très gratifiant de pouvoir aider mes compatriotes.  

MA - j'éprouve une vraie satisfaction quand l'heure que j'ai passée à aider quelqu'un à remplir un dossier ou à vérifier des calculs, a un impact significatif pour l'intéressé.

Quel est votre sentiment sur le moral de la communauté Française à Singapour ?  

MA- Il y a des problèmes. Il y a de plus en plus de contrats locaux et les personnes qui nous sollicitent sont parfois dans des situations de précarité financière. Globalement cependant le moral est plutôt positif, plus qu'en France. Les gens que nous rencontrons dans notre métier nous le confirment.  Il y a beaucoup de gens qui veulent venir à Singapour. Beaucoup de candidats à la création d'entreprise?

MB- Et puis il y a des problèmes traditionnels tels que des familles qui se séparent. Des gens qui, dans cette situation, tergiversent entre rester à Singapour ou bien rentrer en France et vivent ce faisant difficilement la période de transition.

Parmi les sujets du moment, il y a celui de la célébration du 14 juillet. Pouvez-vous nous en parler ?

MA - Il y aura cette année un 14 juillet pour tous qui se déroulera au LFS. Ce n'est pas notre rôle d'être leader sur le sujet mais nous soutenons (y compris financièrement) l'initiative. L'organisation assurée de manière bénévole implique l'AFS (chef de projet), Français du Monde Singapour, l'Ambassade, l'Institut Français, le LFS et les conseillers consulaires

La soirée devrait se dérouler entre 17h et 22h. Il y aura une scène sur laquelle viendront se produire plusieurs groupes et des activités pour les enfants. L'objectif est d'accueillir 800 personnes. Attention il faudra s'inscrire vite. L'événement est ouvert à tous les Français, mais l'année dernière les 500 places étaient parties très vite.  A noter, -c'est encore un appel- , que les organisateurs recherchent des sponsors pour assurer le succès de cette fête populaire.

Propos recueillis par Bertrand Fouquoire (www.lepetitjournal.com/singapour) mercredi 24 juin 2015

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