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TEMOIGNAGE - Le grand retour, après deux ans d'expatriation au Brésil

Par Lepetitjournal Sao Paulo | Publié le 10/05/2015 à 22:05 | Mis à jour le 22/05/2018 à 18:09
retour en France, expatriation Brésil

Après deux ans d'expatriation au Brésil, Anne, 35 ans, est rentrée en France avec sa famille. Elle fait partager son expérience et délivre ses conseils à ceux qui se préparent au grand retour.

Lepetitjournal.com - Comment avez-vous vécu l'annonce du retour ?
Anne - La date du retour est fixée par la société qui vous expatrie. Certains arrivent en sachant qu'ils sont là pour une durée précise, d'autres non. Certains apprennent leur départ un mois ou un mois et demi avant la date fixée.

Dans notre cas, nous avions déjà beaucoup anticipé. Mais c'est assez brutal. Il faut s'y préparer psychologiquement car cela pose quand même de vraies questions. Quant aux enfants, sur le moment, comme ils sont habitués, l'annonce glisse un peu sur eux. C'est après qu'ils se rendent vraiment compte.

Comment avez-vous préparé ce retour depuis le Brésil ?
Les choses sont très compliquées d'autant plus si vous n'avez pas d'adresse en France. Cela pose problème pour tout : l'achat d'une voiture, les inscriptions à l'école?Ce qui peut permettre de contourner est de louer un meublé et de demander un assurance habitation. Dans certains cas, ce certificat fonctionne comme justificatif de domicile.

En attendant le déménagement, nous avons opté pour la solution du meublé. Il y a des sites Internet qui permettent de faire les recherches du Brésil. Je pense à Paris Attitude ou encore à Lodgis. Le container de meubles peut mettre jusqu'à six mois pour arriver donc mieux vaut anticiper.

Pour l'école, il y a aussi la question du décalage hémisphère Nord-hémisphère Sud. Beaucoup d'enfants finissent par perdre une année. Certaines écoles ne veulent pas entendre parler du fait de mettre les enfants dans la classe supérieure car ils n'ont fait que six mois. C'est au bon vouloir des établissements. Et le lycée français ne délivre aucun certificat. Concernant les établissements privés, il faut faire la demande bien en avance et elle doit leur parvenir entre novembre et janvier.

Comment se passe la réadaptation en France ?
Les enfants sont forcément tristes. Ils ont quitté leurs amis et au Brésil, ils ont quand même des conditions de vie paradisiaques. C'est certain qu'ici, il n'y a pas la piscine et le terrain de foot. Ils veulent continuer à parler portugais, ils vont prendre des cours. Ils écoutent de la musique brésilienne dans leur chambre.??

Personnellement, je continue à suivre l'actualité du Brésil, j'ai gardé toutes mes alertes Google et je reçois toujours ma newsletter du Petitjournal.com ! Il est clair que nous n'avons pas coupé les liens. Cependant, l'insécurité et le manque de transports commençaient à devenir pesants. J'apprécie le fait de pouvoir sortir, rentrer tard, et marcher de nuit dans les rues de Paris. Evidemment, nous retrouvons aussi la gastronomie.

Je pense néanmoins que les conditions de travail sont plus agréables au Brésil. Les gens sont moins stressés. Certaines choses sont plus difficiles aussi ici, non seulement parce qu'il y a moins de services, mais aussi parce que les gens sont moins serviables. ??Il peut aussi y avoir un certain décalage avec ceux qui sont restés en France. Les gens ne comprennent pas bien ce qu'ont vécu les expatriés. Ils ont une image très erronée du Brésil. L'expatriation n'est pas forcément très valorisée.

Que garderez vous des habitudes brésiliennes ? Et plus largement, quel bilan tirez-vous de cette expérience?
Nous avons gardé une vraie manière de négocier, de ne pas s'énerver, d'expliquer les choses, de prendre des nouvelles des gens... Nous sommes devenus plus patients et l'on s'aperçoit que cela fonctionne bien en France aussi. Les gens sont un peu déstabilisés de voir que l'on ne s'énerve pas.??

En rentrant, on porte aussi un regard différent sur la France. Le Brésil a beau être devenu la sixième puissance mondiale, ce n'est pas un modèle de développement économique, même si les écarts de richesse ont tendance à se réduire. Nous nous rendons mieux compte des valeurs que cherche à véhiculer notre pays. Nous y sommes certainement plus attentifs qu'auparavant.

Enfin, ce n'est qu'au moment du retour que nous prenons conscience de la richesse de l'expérience. Humainement, c'est quelque chose de formidable. Nous sommes beaucoup plus riches, plus ouverts qu'au moment du départ.

Propos recueillis par ALS (www.lepetitjournal.com - Brésil) Rediffusion

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