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AMIGOS DO BEM - Un Français aide à transformer des vies dans le Nordeste

Par Lepetitjournal Sao Paulo | Publié le 02/05/2017 à 22:05 | Mis à jour le 03/05/2017 à 01:48

Jean-Pierre Jacquemin, 67 ans, dédie une grande partie de son temps depuis 10 ans à participer aux projets de l'ONG paulistana Amigos do Bem. Son objectif : nourrir et éduquer des milliers de personnes des Etats d'Alagoas, Ceara et Pernambouc. Rencontre.

Voir le fruit de son dévouement et transformer des vies. Deux éléments qui ont mené le Français Jean-Pierre Jacquemin, 67 ans, à s'investir pleinement depuis dix ans au sein d'Amigos do Bem, une ONG basée à São Paulo et oeuvrant dans trois Etats du Nordeste (Alagoas, Ceara et Pernambouc).

Après "une vie de voyage" à travers le monde dès sa plus tendre enfance, c'est au Brésil que l'ancien militaire et ingénieur aéronautique franc-comtois, spécialisé dans les hélicoptères, a décidé de poser définitivement ses valises en 1998 après y avoir régulièrement travaillé depuis 1987, notamment en Amazonie. "J'avais déjà participé à des actions sociales, mais je n'avais jamais été très impliqué", raconte-t-il au Petitjournal.com.

Une ONG "qui fait tout de A à Z"
Cela jusqu'à ce qu'il rencontre des amis brésiliens "qui faisaient des collectes d'aliments dans les supermarchés de São Paulo" pour le compte d'Amigos do Bem, fondée en 1993 par un groupe d'amis mené par Alcione Albanesi. Prudent devant la multitude d'ONG qui existent au Brésil, Jean-Pierre Jacquemin a finalement décidé de lui faire confiance et y travaille de manière bénévole trois jours par semaine.

Ce qui l'a convaincu : "C'est une ONG assez bien structurée, qui fait tout de A à Z et dont on peut voir la réalisation sur le terrain". Au départ, Amigos do Bem, qui se veut apolitique et laïque, a débuté ses actions en offrant aliments et jouets pour Noël aux populations défavorisées du Nordeste. "Mais il manquait autre chose, leur idée était de monter un projet qui ne fasse pas comme les autres, qui transforme, cela notamment à travers l'éducation. C'est une idée rare qui m'a paru intéressante", explique le Français.

Quatre villages Amigos do Bem
Afin de voir sa transformation à l'?uvre, Amigos do Bem a fondé quatre villages expérimentaux dans la région semi-aride du Nordeste : deux dans le Pernambouc, un dans l'Alagoas et un dans le Ceara. Ceux-ci sont dotés d'une autonomie administrative et de tous les services habituels d'une ville.

En tout, près de 700 habitants vivent dans ces villages, dont l'un, Caldeirão, a fait l'objet d'un long reportage dans l'émission du week-end de Globo Caldeirão do Huck il y a quelques semaines. Hommes et femmes ont un emploi dans la culture de la noix de cajou principalement ou dans l'artisanat, dont les produits sont ensuite vendus dans la boutique de l'ONG à São Paulo (rua Padre Maurício, 300 - Vila Diva) et des magasins partenaires.

De la nourriture pour 115 villages
Les enfants, eux, vont à l'école dans un "centre éducatif de transformation". Ce dernier propose un enseignement normal ainsi que des cours professionnels (cuisine, jardinage, informatique, etc.) afin de préparer les élèves à un diplôme. "A terme, les enfants du Sertão seront formés et ne reviendront pas dans la situation de leurs parents", indique Jean-Pierre Jacquemin, qui précise que 280 élèves de ces centres ont déjà été envoyés à l'université. "On sait que cela fonctionne", insiste-t-il.

Par ailleurs, ces centres sont également ouverts aux enfants des villages alentours, leurs parents étant récompensés par de la nourriture. Des aliments distribués à 115 villages en tout, soit 60.000 personnes. Pour les récolter, près de 2.400 des 7.000 volontaires que compte Amigos do Bem se rendent dans 41 supermarchés (Carrefour, Extra et Pão de Açucar) de São Paulo un samedi entier toutes les cinq semaines environ, se postant aux caisses afin de récolter des aliments auprès des clients.  

Prochaine collecte samedi
Une activité qui enchante le Français. "C'est très gratifiant quand on collecte des aliments et mon accent français m'aide bien, on m'a même déjà demandé de chanter La Marseillaise", s'amuse-t-il. La prochaine collecte aura lieu samedi, n'hésitez pas à vous manifester auprès de l'ONG et Jean-Pierre Jacquemin si vous êtes intéressés pour y participer : "Je suis le seul Français, j'aimerais bien qu'il y en ait d'autres !"

En attendant, Amigos do Bem ne ménage pas ses efforts et compte de nombreux projets. Parmi ceux-ci, une collecte d'aliments étendue à sept ou huit supermarchés supplémentaires paulistanos et à terme à l'échelle d'autres villes et Etats du Brésil. Jean-Pierre Jacquemin, lui, continue à se rendre trois à quatre fois par an dans le Nordeste pour voir le fruit de sa participation et prépare un projet socio-culturel sur la France à présenter dans les centres éducatifs des villages de l'ONG. 

Corentin CHAUVEL (www.lepetitjournal.com - Brésil) mercredi 3 mai 2017

*Photos : Amigos do Bem (photos 2 à 4)

- Voir le site d'Amigos do Bem

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