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TALAL AL TINAWI - "Le Brésil est ouvert aux Syriens"

Par Lepetitjournal Sao Paulo | Publié le 25/11/2015 à 23:05 | Mis à jour le 25/11/2015 à 18:13

Alors que le Brésil a accueilli entre 2011 et août 2015 près de 2.100 réfugiés syriens, Lepetitjournal.com a rencontré Talal Al Tinawi et sa famille, partis de Damas début 2012 et maintenant installés à Sao Paulo. La quarantaine, cet ingénieur mécanicien s'est maintenant reconverti dans la cuisine syrienne. Entretien.

Lepetitjournal.com : Quel a été votre parcours entre la Syrie et le Brésil ?
Talal Al Tinawi :
J'habitais à Damas, dans le centre. Comme la situation devenait de plus en plus dangereuse, je suis parti, moi et ma famille, vivre temporairement au Liban, à Beyrouth. Cela a duré 10 mois. Et en novembre 2013, lorsque l'ambassade brésilienne a ouvert les visas pour les Syriens, j'ai postulé. Un mois après, en décembre, moi et ma famille arrivions à Sao Paulo, après 27 heures de vol.

Pourquoi le Brésil ?
Le Brésil est ouvert aux Syriens, nous pouvions voyager sans documents. Avoir un visa pour le Brésil est plus facile que dans les autres pays. En Europe, en Amérique, c'est difficile, il faut beaucoup de documents - sans avoir de certitude de pouvoir entrer. Si on arrive en Suisse, en Allemagne, nous sommes plus aidés financièrement, mais c'est plus difficile de travailler. Au Brésil, nous ne recevons pas d'argent, mais nous sommes aidés pour les documents. Ici, c'est plus facile. On prend le protocolo, puis le RNE. Et comme ma dernière petite fille est née ici, je vais demander la naturalisation brésilienne pour moi et mon épouse.

Comment s'est passée votre arrivée à Sao Paulo ?
Quand je suis arrivé ici, je ne connaissais rien du Brésil, ni personne. Je parle arabe, ai étudié l'anglais, mais je ne parlais pas portugais. Ce fut Aramir, un professeur syrio-brésilien, vivant ici depuis 19 ans, qui m'a hébergé, moi et ma famille, pendant trois mois. Il m'a beaucoup aidé pour enregistrer mes enfants à l'école, pour étudier le portugais avec l'Adus (l'Institut d'intégration des réfugiés, ndr) et louer cet appartement. Pour moi, la langue, la culture, les personnes, tout fut difficile au début. Pour mes enfants, l'école et leurs camarades ont beaucoup facilité.

Et avez-vous pu trouver du travail ?
J'ai travaillé pendant sept mois comme vendeur de vêtements pour enfant, et pour une entreprise d'ingénierie jusqu'en mars dernier. Mais maintenant, je travaille dans la restauration.

D'ingénieur à cuisinier, il y a un grand pas. Comment en êtes-vous arrivé là ?
Avec Ghazal, mon épouse, nous avions organisé une fête pour l'anniversaire de l'un de mes enfants, avec un buffet de cuisine syrienne. Des volontaires de l'Adus avaient été invités. L'une d'entre eux, Anna Claudia, m'avait fait remarquer : ?Talal, ces plats sont excellents ! Pourquoi tu ne travailles pas dans la restauration ? Les brésiliens aiment beaucoup la cuisine arabe, les nouvelles cuisines. Je pourrais t'aider?. De fil en aiguille, Anna Claudia et Marcelo, le directeur de l'Adus, m'ont aidé à créer une page Facebook et permis de participer à plusieurs bazars pour vendre mes plats. Je donne aussi des cours de cuisine syrienne sur Migraflix, et livre des plats à domicile grâce à Whatsapp.

Bientôt un restaurant ?
Exactement, mon rêve est d'ouvrir un restaurant ! Mais il faut beaucoup d'argent pour louer un espace, acheter les machines, beaucoup de choses. Alors, sur les conseils et avec l'aide des volontaires de l'Adus, j'ai lancé une campagne sur Kickante, pour récolter 60.000 reais. Ce fut un succès, nous avons collecté plus de 70.000 reais ! Dès que j'aurais reçu l'argent, je vais louer un espace pour mon restaurant. Il y aura 20-25 plats, avec des saveurs 100% syriennes !

Vous avez la ?saudade? de la Syrie ?
Oui, ma famille me manque. Avant la guerre, la vie en Syrie était plus facile, plus simple. Tout y était moins cher, plus calme, plus ?lovely? (rires). Ici à Sao Paulo, il y a aussi beaucoup d'insécurité, de la violence. Mais mes enfants vont à l'école, j'ai commencé ma vie ici, et je vais continuer.

Propos recueillis par Lionel RIVIERE (www.lepetitjournal.com - Brésil) jeudi 26 novembre 2015

- Voir la page Facebook de Talal Al Tinawi

- Voir le site de l'Adus pour aider les réfugiés arrivés au Brésil

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