DROGUE – Le Brésil n'arrive pas à se débarrasser du crack

Par Lepetitjournal Sao Paulo | Publié le 25/09/2013 à 22:05 | Mis à jour le 26/09/2013 à 04:06

Le ministre de la Santé, Alexandre Padilha, n'entend pas baisser les bras face à l'épidémie de crack actuelle.

"Vaincre le crack, c'est possible", c'est du moins ce qu'affirme le gouvernement brésilien avec son projet du même nom. Un vaste plan d'éradication de la pierre blanche est en place depuis décembre 2011 : 4 milliards de reais vont être investis d'ici 2014 pour que les différents Etats, capitales et municipalités puissent se doter d'infrastructures d'accueil et de soin pour les dépendants au crack. ??Un plan colossal, mais nécessaire.

Selon une étude de la fondation Oswaldo Cruz (ou Fiocruz), les 26 capitales régionales du pays comptabilisent près de 370.000 consommateurs réguliers. Le phénomène touche en majorité les jeunes adultes de sexe masculin (78,7% des consommateurs de crack sont des hommes) et tue un tiers de ses utilisateurs. 50.000 mineurs sont aussi concernés.??La semaine dernière, le Ministre de la Santé a rappelé l'importance de ce combat au Sénat : ?La recherche (ndlr : de la Fiocruz) démontre que le problème est grave, qu'il y a une épidémie de crack dans notre pays. Nous devons développer encore plus nos services et ce partenariat avec les Etats et les municipalités. Deux milliards de reais sont disponibles et nous en avons grandement besoin."

Bienvenue à "Cracolândia"
Autre statistique éloquente révélée par la Fiocruz : près de la moitié des accros au crack vivent dans la rue (47,3%). Très présente dans les régions du Nord-Est et du Sud-Est du Brésil, cette drogue touche une population souvent démunie et de faible niveau d'éducation. Elle se regroupe généralement dans des quartiers peu surveillés où elle peut agir en plein jour : les Cracolândias.


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Une partie du budget du plan "Vaincre le crack, c'est possible" a d'ailleurs été attribuée au Ministère de la Justice pour stopper l'émergence de ces zones de non-droit. En janvier 2012, la police militaire et civile avait arrêté plus de 2.000 personnes du Cracolândia de São Paulo lors d'une opération nommée Douleur et Souffrance. Insuffisant. Un an et neuf mois plus tard, le phénomène persiste toujours. "Les actions violentes de la police n'ont servi qu'à provoquer la confusion et augmenter la violence" rapporte le psychologue Bruno Ramos Gomes de l'ONG É de lei au journal O Estado de São Paulo.?

La Préfecture de São Paulo a décidé de s'attaquer au problème des Cracolândias d'une autre manière. Un établissement d'accueil aux dépendants nommé À bras ouverts devrait bientôt voir le jour.

Alexandre DE CASTRO (www.lepetitjournal.com ? Brésil) jeudi 26 septembre 2013

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