Dimanche 19 septembre 2021

AFFAIRE YOKI – Le crime qui passionne le Brésil

Par Lepetitjournal Sao Paulo | Publié le 21/06/2012 à 00:04 | Mis à jour le 20/11/2012 à 11:16

 


Une dispute conjugale, un corps découpé, une ancienne call-girl, un appartement luxueux, une maîtresse bavarde...Le meurtre de l'homme d'affaires Marcos Matsunaga réunit tous les ingrédients du polar à rebondissements. Retour sur le crime qui défraie la chronique


L'affaire déchaîne les passions et fait les gros titres de la presse brésilienne. Et pour cause, elle a tout d'un roman noir et ses multiples rebondissements tiennent, depuis plusieurs semaines, lecteurs et téléspectateurs en haleine. L'histoire débute avec la disparition suspecte de l'homme d'affaires, Marcos Matsunaga. La police envisage un temps une disparition inquiétante en relation avec ses activités professionnelles. En effet, au moment de sa disparition, le directeur général de l'empire alimentaire brésilien Yoki est en passe de vendre l'entreprise familiale.

Cependant, les caméras de surveillance placées dans l'ascenseur de son immeuble vont rapidement livrer une toute autre version des faits. Le 19 mai, l'homme regagne son appartement, situé dans la zone ouest de São Paulo, une pizza dans les bras. Appartement dont on ne le verra plus jamais sortir. Le lendemain matin, le 20 mai, les mêmes caméras de surveillance montrent l'épouse de Marcos Matsunaga, Elize Matsunaga, quittant l'appartement peu avant midi, encombrée de trois grosses valises. Lorsqu'elle regagne le domicile conjugal dans la soirée, c'est sans les valises avec lesquelles elle était sortie. Entre temps, personne d'autre ne s'est rendu dans l'appartement du couple. Rapidement la police s'interroge : que transportait l'épouse de la victime dans ses malles ? Pourquoi s'en est-elle débarrassée ? Comment son époux s'est-il volatilisé de l'appartement ? Un autre élément porte les soupçons des enquêteurs sur l'épouse de la victime : le téléphone portable de la jeune femme montre qu'elle s'est rendue dans la région de Cotia, dans la périphérie de São Paulo, là où des morceaux de corps emballés dans des sacs plastiques ont justement été retrouvés.

Quelques semaines après le meurtre, et face aux preuves récoltées par la police, Elise avoue son crime. "Je vais avouer. C'était moi", a-t-elle déclaré, selon la presse locale, aux enquêteurs qui l'avaient arrêtée et placée en garde à vue. Après avoir tiré une balle dans la tête à son mari, Elise aurait confessé avoir entrepris de découper le corps et de le faire disparaître. Elle aurait placé les membres de la victime dans des sacs plastiques puis dans des valises et aurait conduit jusqu'à la périphérie de São Paulo afin de se débarrasser du corps. Les médecins légistes affirment, de leur côté, que l'homme a été décapité vivant, "qu'il respirait encore" au moment des faits. Ils estiment également qu'Elize Matsunaga a congelé les morceaux du corps de son mari avant de les transporter hors de l'appartement. Elle soutient avoir agi seule, ce qui doit encore être confirmé par l'enquête.

Le détective et la maîtresse
Les policiers tentent par la suite d'identifier le mobile du crime. Selon l'accusée, une violente dispute aurait éclaté et son mari l'aurait menacée de dévoiler à la justice son passé de call-girl afin qu'elle ne puisse obtenir la garde de leur fille de un an. La jeune femme a raconté aux enquêteurs que son mari l'aurait également giflée. Elle aurait alors saisi une des nombreuses armes à feu présentes dans l'appartement et tiré sur son mari. La jeune femme qui avait engagé un détective privé aurait découvert que son mari entretenait une relation extra-conjugale. Ce qui, raconte-t-elle, aurait déclenché la bagarre. Selon l'accusation, les mobiles pourraient également être financiers car en cas de décès de son mari, Elize Matsunaga aurait touché une assurance-vie d'au moins 600.000 reais et sa fille aurait hérité de la fortune de son père.

La femme qui affirme avoir été la maîtresse de l'homme d'affaires est une call-girl connue sous le nom de Natália. Elle affirme qu'elle entretenait une relation amoureuse avec la victime. Selon elle, l'homme lui aurait confié avoir des problèmes de couple et qu'il envisageait de divorcer après la vente de sa société. La maîtresse supposée du chef d'entreprise pourrait, selon son avocat, réclamer devant la justice une partie de l'héritage de son amant défunt. "Je pense qu'elle en a le droit", a déclaré son avocat à la presse brésilienne.

En détention préventive depuis le 5 juin, Elize Matsunaga a été emprisonnée à la prison d'Itapevi avant d'être transférée mercredi au pénitencier de Tremembé où elle devrait rester au mois jusqu'à la date de son jugement.

ALS (www.lepetitjournal.com - São Paulo) jeudi 21 juin 2012

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