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SOCIETE – « Légalisez l’avortement ! » demande Amnesty

Par Lepetitjournal Santiago | Publié le 26/09/2014 à 03:00 | Mis à jour le 06/01/2018 à 09:48

Ana Piquer, la directrice exécutive de l'Organisation non-gouvernementale (ONG) Amnesty International au Chili, assimile à de la torture le fait de refuser la contraception à une femme tombée enceinte à la suite d'un viol, et demande à l'Etat d'avancer dans la reconnaissance du droit des femmes à l'avortement

Au travers de sa campagne (lancée en 2013) « Mi cuerpo, mi derecho », Amnesty International a publié hier un document intitulé « L'avortement et les droits sexuels et liés à la reproduction : fondements des droits de l'Homme ». L'ONG demande directement aux gouvernements de faciliter le recours aux différentes méthodes contraceptives. Le chantier est vaste au Chili, puisque c'est l'un des seuls pays au monde à interdire l'avortement, sous toute ses formes et quels qu'en soient les motifs. Selon une étude de l'université Diego Portales, entre 2008 et 2014, 159 condamnations ont été prononcées à l'encontre de femme ayant choisi d'avorter, et 31 d'entre elles ont écopé de peine de prison ferme.

Jusqu'en 1989 l'interruption volontaire de grossesse (IVG) thérapeutique, sous certaines conditions, était possible au Chili. Mais la Constitution rédigée pendant les dernières années de la dictature l'a depuis interdite. En 2006 cependant, Michelle Bachelet avait fait passer un décret facilitant l'accès aux jeunes filles à la « pilule du lendemain » ; celles qui ont plus de 14 ans peuvent depuis lors se passer de l'accord parental pour se la procurer.

Mais « il faut aller plus loin » pour Ana Piquer, en commençant par abroger la loi qui criminalise les femmes qui avortent, au moins dans les cas de viol, de mise en danger de la vie de la femme, ou encore de malformations graves du f?tus. Le Chili est encore marqué par l'histoire de cette fillette de 11 ans qui était tombée enceinte l'année dernière, après avoir été violée par son beau-père. Les chiffres sont parlants : en 2011, sur 1000 femmes chiliennes de 15 à 19 ans, 56 avaient un enfant. En France, le chiffre est presque 10 fois moins élevé.

Avancer pas à pas

Pour appuyer sa demande, Amnesty International rappelle que l'ONU a reconnu en 2014 que les droits sexuels et liés à la reproduction faisaient dorénavant partie du corpus des Droits de l'Homme. L'ONG considère également qu'autoriser la contraception est un premier pas vers la reconnaissance officielle par les Etats de l'égalité des genres.

C'est dans ce sens que va la directrice exécutive de l'organisation au Chili, en affirmant qu' « en finir avec la discrimination et les violences faites aux femmes serait dans une certaine mesure un moyen d'éviter les grossesses non-désirées ». Et par conséquent de progresser vers la possibilité de laisser aux femmes le choix d'avoir ou non un enfant.

Le Chili est un pays profondément conservateur, et le droit de la famille y est encore balbutiant ? à titre d'exemple, le divorce n'est autorisé que depuis 2004. Pourtant, le 21 mai, la présidente Michelle Bachelet promettait devant le Congrès un assouplissement de la législation, notamment en permettant aux femmes qui le désiraient d'avorter en cas de viol. Il semble donc que si dépénalisation de l'avortement il y a, c'est par étape qu'elle se fera.

Fabien Leboucq (www.lepetitjournal.com/santiago) vendredi 26 septembre 2014

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