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SOCIETE- Adopter au Chili

Par Lepetitjournal Santiago | Publié le 21/03/2011 à 00:00 | Mis à jour le 14/11/2012 à 11:30

Le parcours de l'adoption au Chili est moins chaotique qu'en France; les bébés adoptables y sont plus nombreux. La procédure est cependant tout aussi encadrée et réservée aux résidents. Témoignage de Dominique, Franco-suisse de Santiago, mariée à un Chilien.

(Photo-libre.fr)

Au Chili, l'adoption est régie par une loi datant de 1999. Les couples désireux d'adopter doivent remplir certaines conditions : être chiliens ou résider au Chili,  et être mariés depuis au moins 2 ans. Les célibataires ou les veufs aussi peuvent adopter, même si les démarches sont un peu plus compliquées. L'âge requis ? Entre  25 et 60 ans et 20 ans au moins de différence avec l'enfant à adopter. Cependant, ces critères d'âge peuvent varier selon les différents organismes d'adoption : «Dans notre fondation, les limites d'âges sont beaucoup plus restreintes : pour les bébés qui ont entre 0 et 2 ans, la moyenne d'âge du couples ne doit pas dépasser 45 ans et pour ceux qui adoptent des enfants plus âgés elle ne doit pas dépasser 49 ans » explique Paula Arroyave, directrice du programme d'adoption de la "Fundación San José", organisme catholique qui aide les jeunes femmes enceintes à garder leur enfant, puis propose l'adoption s'il le faut. Le coût de la procédure varie selon les organismes. Pour la "Fundación San José", il dépend du salaire des adoptants, mais on n'a pas voulu être plus précis.

Avant d'adopter, les couples sont soumis à divers examens psycho-sociaux : rencontres avec des psychologues, visites d'assistants sociaux et diverses entrevues. Si les évaluations sont favorables, les couples sont déclarés idóneos, c'est-à-dire capables d'adopter, par l'organisme en charge, et sont inscrits sur le registre des personnes qui veulent adopter. C'est à ce moment que le processus d'adoption peut vraiment commencer. Un peu moins de 10% des couples sont déclarés incapables ou pas encore « mûrs » pour adopter, explique Paula Arroyave : «Plusieurs raisons peuvent expliquer cela : par exemple si un couple infertile n'a pas encore fait le « deuil » de son enfant biologique, si un couple cherche à combler le vide laissé par les autres enfants devenus grands, ou dans un cas extrême si une maladie grave frappe l'un des parents ». Une fois déclaré idóneos, l'attente d'un enfant dure en général entre 8 mois et 1 an, parfois moins pour les parents chanceux, parfois plus?

Ensuite, sur les recommandations des associations, le juge des mineurs responsable de l'adoption d'un enfant sélectionne des parents. L'organisme se charge alors d'organiser une rencontre entre eux. A partir du moment où le tribunal accepte de confier l'enfant à ces parents-là, la demande d'adoption plénière peut être faite. «Depuis la création de la Fondation San José en 1995, 1.609 enfants ont été adoptés via notre association. Nous rencontrons environ 300 couples par an désireux d'adopter».

Dominique, Franco-Suisse, nous raconte son parcours
Dominique se souvient que lorsqu'elle a rencontré Pablo, il a été très vite question de leur désir commun d'adopter au moins un enfant dans la famille qu'ils formeraient. Finalement, ils ont décidé de commencer par là. En s'adressant à la Fundación Chilena de la Adopcion, l'un des cinq organismes d'adoption reconnu et chapeauté,  par le "Servicio Nacional de Menores" (SERNAM).

Les démarches : Ils ont dû faire le parcours classique de ce qui ressemble à l'agrément français : 2 ans de mariage minimum, enquête sociale, entretien psychologique : « Avec des questions, pas inutiles, se souvient Dominique, du type : Et si vous tombez enceinte entre temps ? Quels types d'enfants vous ne voulez certainement  pas ? » mais parfois des doutes agaçants : «Pablo a failli claquer la porte quand on nous a presque reproché de ne pas avoir essayé d'avoir un enfant biologique, sans respecter notre démarches » dit Dominique.

« On vous rappellera » : « Une fois « aptes », on nous a conseillé de nous tenir prêts car on nous rappellerait. C'est arrivé 3 mois plus tard. On a dû partir dans le sud, très vite, un bébé était adoptable. La juge des mineurs, locales, nous a permis de passer l'après-midi avec l'enfant, comme pour voir si le courant passait. On a trouvé cela très bien ».

Forte émotion : «Nous voilà partis pour le « hogar de lactante » bardés d'autorisations. Une dizaine de berceaux, des bébés pas tous « craquants », il faut bien le dire et parmi eux, une petite tête adorable de nourrisson qui se tourne vers nous et croise notre regard. C'était le bébé qui nous avait été attribué. On continue à se raconter en famille qu'Eva°, nous a comme « reconnue » à ce moment là. Le lendemain on l'amenait avec nous à Santiago munie pour seul bagage d'un petit carnet de naissance confectionné par les nounous du foyer, comportant un prénom non-officiel. »

La naissance d'une famille : Deux petits frères sont nés dans la famille par la suite, mais elle a toujours su qu'elle avait été adoptée (au passé, Dominique insiste, « être adopté » n'est pas un état permanent) : «Nous avons toujours fait en sorte qu'elle puisse s'exprimer librement sur le sujet, on parle de « la dame qui l'a eue ». Tout s'est bien passé avec elle, mais on constate que nous avons eu très peu de suivi de la part de la fundación. Parfois on le regrette, on aimerait par exemple y retourner avec notre fille. »

Les papiers : « Après 6 mois, une fois l'adoption plénière prononcée (la mère a toujours le droit de se rétracter pendant ce temps), j'ai voulu la déclarer en France. La procédure a été longue et très administrative, comme s'il y avait un doute sur la transparence du processus chilien, qui est pourtant très encadré par le SERNAM (Servicio Nacional de Menores). En revanche pour la déclarer Suisse, il a suffit de montrer les papiers officiels, puis, un coup de tampon a suffi ! ».

S.R et L.G (www.lepetitjournal.com Santiago) lundi 21 mars

°« Eva » aujourd'hui 9 ans, a préféré la discrétion, nous avons donc changé tous les prénoms

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