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PSYCHOLOGIE - A l'hopital, le bébé aussi est une personne

Par Lepetitjournal Santiago | Publié le 02/05/2006 à 00:00 | Mis à jour le 09/01/2018 à 12:00
La psychologie périnatale est une discipline nouvelle au Chili. Lorsqu'on connaît les chiffres de la maltraitance infantile et ses liens directs avec la manière dont s'amorce la relation parents/bébé dans les tous premiers jours, on ne peut que saluer le travail de ces quatre psychologues, dont l'une a été formée en France

La solitude du parent dont le bébé est hospitalisé... (Source : Matriz)

Depuis deux ans, une équipe de quatre psychologues bénévoles a investi le service de néonatalogie de l'Hôpital Santiago Ouest de Peñalolen. Nouveaux-nés prématurés ou malades y luttent pour la vie, entourés par des parents forcément inquiets. Paula Vera, clinicienne et maman de quatre enfants, a obtenu son  diplôme de psychiatrie périnatale au cours d'un séjour de deux ans avec sa famille, à Paris. Elle a en plus suivi, à Montpellier, l'enseignement de la pédopsychiatre Françoise Molenat, présidente de la société française de médecine périnatale. À son retour au Chili, elle a décidé trois collègues, spécialiste de la petite enfance, à  fonder l'ONG "Matriz".
Pour lepetitjournal.com, Paula Vera revient sur son expérience.


LPJ : Comment avez-vous été accueillie dans cet hôpital ?
PV : L'équipe soignante dirigée par le docteur Hugo Salvo était consciente qu'il y avait quelque chose à faire pour faciliter les relations des parents avec leurs bébés  mais ils n'avaient ni le temps ni les moyens de prendre en charge cet aspect. Ils  nous ont très bien accueillies.

LPJ : Quelles sont à ce jour vos réalisations concrètes ?
PV : À partir de ce que nous savions des risques propres à la situation d'hospitalisation - difficultés des parents à maintenir le lien affectif, mise en échec de la fonction protectrice de la mère qui ne peut "soigner" son enfant, etc - nous avons mené une grande enquête auprès des parents de bébés hospitalisés, mais aussi de certains dont l'enfant avait quitté le service. Nous avons aussi interrogé le personnel, médical et technique. Il en est ressorti beaucoup de choses très instructives. Par exemple que le personnel médical se sentait souvent agressé par les pères, mais plus complices des mères, que les parents et donc les bébés allaient mieux pour peu qu'ils puissent avoir un mot rassurant du personnel ou une possibilité d'échange avec d'autres parents. Ainsi, nous avons déjà mis en place deux groupes de paroles que nous animons, l'un pour que les parents échangent avec l'équipe médicale, l'autre réservé au personnel du service.

LPJ : Quelle est la prochaine étape ?
PV : Nous voudrions créer un lieu, au sein de l'hôpital, réservé aux parents, où ils pourraient boire un café, se faire chauffer leur déjeuner, certains viennent en bus, de très loin. On a plus ou moins déjà un coin à notre disposition, mais il faut l'aménager. En plus de nos groupes de paroles, on pourrait aussi  y proposer des ateliers de massage des bébés, par exemple. Mais pour le rendre agréable et fonctionnel, nous avons besoin de trouver de l'argent. J'en profite donc pour lancer un appel  à toutes les entreprises qui voudraient nous aider !
Sophie ROUCHON. (LPJ - Santiago) 2 mai 2006

Contact : ongmatriz@yahoo.es
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