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IVG – Une loi finalement repoussée

Par Lepetitjournal Santiago | Publié le 26/07/2017 à 14:30 | Mis à jour le 07/01/2018 à 07:38

"Avortement sans risque" brandit une Chilienne.

Au Chili, une loi dépénalisant l'avortement avait été approuvée par le Sénat, mais finalement, elle a été repoussée par les députés.

« Patience est mère de sûreté » pourront dire les femmes chiliennes, qui devront encore attendre avant de pouvoir avorter légalement. D'ici là, elles seront toujours sujettes à des peines de trois à cinq ans de prison en cas d'interruption volontaire de grossesse clandestine. En 2016, la présidente Michelle Bachelet, fait voter un projet de loi par la Chambre des députés, visant à dépénaliser l'avortement thérapeutique qui devait être adopté définitivement, mais après un revirement de situation, il n'en sera rien pour le moment.

Un sujet qui fait débat

Après de multiples tractations et un intense débat avec le gouvernement, les députés ont repoussé les modifications du Sénat. A présent, le projet de loi doit être présenté devant une commission paritaire chargée de trouver une version commune aux deux Chambres.

Un processus long, qui retarderait encore plus l'application de cette loi. Si le texte amenait à être voté, les parlementaires de droite, en opposition avec cette loi, ont annoncé qu'ils saisiraient le Tribunal constitutionnel. Nouvelle étape judiciaire qui retarderait à nouveau l'accès des femmes à l'avortement légal. Elle pourrait être d'autant plus fatale car le futur président du TC, n'est autre qu'Ivan Arostica, connu pour son côté très conservateur et son opposition à la légalisation de l'IVG.

Un phénomène qui ne peut être ignoré

Si ce sujet divise, et fait autant polémique au Chili, c'est qu'il ne s'agit pas d'un cas isolé. On estime que près de 120 000 avortements sont pratiqués chaque année dans la clandestinité. Bien que ne s'appliquant qu'à trois cas exceptionnels (danger pour la vie de la femme enceinte, viol, non viabilité du f?tus), cette loi serait une avancée considérable vers la protection des droits des femmes au Chili. L'optimisme reste de rigueur pour ces femmes car la dépénalisation de l'IVG est un des grands combats de la présidente socialiste Michelle Bachelet. L'ancienne ministre de la Santé tient à appliquer cette loi avant mars 2018, soit la date de la fin de son mandat. Mais la partie n'est pas gagnée d'avance, car la droite est donnée favorite dans les sondages en vue de la présidentielle en novembre prochain. Une élection à laquelle elle ne peut pas candidater, après avoir déjà effectué un mandat. La droite justement, très hostile quant au vote d'une loi autorisant les femmes à avorter.

Pour le moment, le Chili fait donc toujours parti de la vingtaine de pays qui interdit l'avortement, parmi elle, se trouvent : le Surinam, le Nicaragua, le Salvador, Haïti, la République Dominicaine pour le continent américain. Les Philippines et les îles Palaos en Asie-Océanie. En Afrique, le Sénégal, le Gabon, la Guinée-Bissau, le Congo, Madagascar, Djibouti et la Mauritanie bannissent toujours l'IVG. Enfin en Europe, il est de même pour Malte, Andorre, le Vatican et Saint-Marin.

Vincent VILLEMER pour www.lepetitjournal.com/Santiago Mercredi 26 Juillet 2017

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