

Dimanche dernier, jour de la fête des pères, le président Piñera a promulgué une loi relative à l'exercice commun de l'autorité parentale en cas de séparation. Avec cette loi, la garde des enfants ne sera plus automatiquement donnée à la mère et les décisions concernant les enfants devront être prises conjointement.
La nouvelle loi, présentée par le président Piñera symboliquement le jour de la fête des pères, prévoit la co-responsabilité des deux parents vis à vis de leurs enfants après leur séparation; une remise à jour du droit de la famille (datant du milieu du XIXe siècle) qui cantonnait le père au rôle de pourvoyeur et qui donnait à la mère la garde des enfants quasi systématiquement, sauf s'il était impossible pour la mère de s'en occuper. Désormais après une séparation, père et mère disposeront des mêmes droits et des mêmes devoirs envers leurs enfants. Ils devront notamment s'accorder sur toutes les décisions relatives aux enfants: foyer de résidence, éducation, santé.... S'ils ne parviennent pas à un accord, ce sera au juge de la famille de décider, et cela au seul nom de l'intérêt de l'enfant.
9 ans après la légalisation du divorce
Cette loi intervient 9 ans après que le divorce soit entré en vigueur au Chili. Auparavant, il fallait déclarer "nul" le mariage pour pouvoir se séparer. Cette situation ne permettait ni de protéger les conjoints, ni les enfants (voir notre article ). Directement lié à la reconnaissance légale du divorce, l'exercice de l'autorité parentale se devait donc d'être juridiquement encadré. En France, cette loi de l'autorité parentale conjointe existe depuis 2002, mais Ségolène Royal, alors ministre de la Famille, l'a étendue à la reconnaissance de la garde alternée (moitié du temps chez papa, moitié chez maman), ce que la loi chilienne n'a pas abordé. Néanmoins, selon les associations de pères françaises, type "SOS papas", dans 72% des cas, le juge aux affaires familiales accorde toujours la garde des enfants à la mère. Reste à voir comment cette loi va changer les choses au Chili.
C.S (www.lepetitjournal.com Santiago) Mardi 18 juin 2013





