Édition internationale

CIGARETTE - Tolérance zéro

Écrit par Lepetitjournal Santiago
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 9 janvier 2013

A partir de mars 2013, les Chiliens n'auront plus le droit de fumer dans les lieux publics, ainsi que dans les restaurants, bars, discothèques, salles de concert et stades. Le 2 janvier dernier, le Parlement a en effet approuvé une loi semblable, à celle que la France a adoptée en 2008.

La loi anti-tabac, votée par le Sénat le 30 octobre dernier, vient d'être approuvée par le Parlement, à 92 voix contre 4. La lutte contre le tabagisme devient ainsi la première résolution du Chili pour 2013, pays dans lequel les maladies liées au tabac tuent plus de 15.000 personnes par an (chiffres du ministère de la Santé ndlr). La situation est alarmante au Chili, si l'on en croit le rapport de 2012 de l'Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS), selon lequel 35% des adultes de plus de 15 ans et le même pourcentage des jeunes entre 13 et 15 ans, tous sexes confondus, fument au Chili. Avec une consommation annuelle de 14.000 millions de cigarettes, le Chili est ainsi le pays où l'on fume le plus sur le continent américain. La dernière modification de la législation sur le tabac au Chili datait de plus de huit ans, avec le vote d'une loi en 2005 qui interdisait la publicité et le sponsor d'évènements par les cigarettiers ainsi que la prévention obligatoire des risques du tabac par le biais de photos dissuasives sur les paquets. Le rapport de l'OPS estimait cependant ces mesures insuffisantes et rappelait la nécessité pour le Chili de mettre en place des espaces où il est interdit de fumer, autres que dans les transports publics et les établissements de santé.

Efficacité
En votant cette loi anti-tabac, le Chili rejoint donc la liste des pays qui, comme la France en 2008, ont adopté des mesures sur la consommation du tabac dans les lieux publics. La France a, pour sa part, appliqué cette loi en deux étapes avec d'abord l'interdiction de fumer dans les entreprises, administrations, établissements scolaires et établissements de santé le 1er février 2007, puis dans les cafés, hôtels, restaurants, discothèques et casinos le 1er janvier 2008. Après cinq années d'application en France, le bilan de cette loi reste toutefois mitigé, au vu des chiffres de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (IPES). En effet, sur l'ensemble de la population française des 15-75 ans, la part de fumeurs quotidiens est passée de 27,3 % à 29,1 % entre 2005 et 2010. Quant au nombre moyen de cigarettes consommées par adulte et par jour, il est seulement passé de 15,3 en 2005 à 13,8 en 2010. L'IPES souligne également un relâchement des contrôles de l'application de la loi dans les lieux publics. Il existe d'autres mesures pour lutter contre l'addiction au tabac, comme par exemple l'augmentation du prix du paquet de cigarettes. En 2012, un paquet de cigarettes Malboro coûtait par exemple 3,2 euros à un Chilien (1855 pesos chiliens) et quasiment le double à un Français (6,2 euros). La dernière augmentation au Chili remonte à juin 2012, date à laquelle Chile British American Tobacco, qui contrôle 96% du marché chilien, a augmenté jusqu'à 200 pesos (0,30 cts d'euros environ) le prix de trois des sept marques de cigarettes qu'ils distribuent. Les augmentations s'avèrent cependant être trop faibles pour pouvoir faire de cette mesure, un véritable bouclier contre le tabac au Chili. Les résultats de la loi anti-tabac sont donc attendus avec impatience par le gouvernement chilien, mais également par l'association "Chile Libre de Tabaco" qui vient de remporter une nouvelle victoire dans sa lutte contre le tabagisme.

Comme à Paris, les trottoirs de Santiago, aux abords des bars, devraient donc être bientôt bondés de fumeurs dociles et insouciants.

M.B (www.lepetitjournal.com Santiago) mercredi 9 janvier 2013

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Publié le 9 janvier 2013, mis à jour le 9 janvier 2013
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