

L'association "Happyciclistas" convie tous les amateurs de deux roues à venir arpenter les rives du fleuve Mapocho demain. De 11h à 17h, des voies seront aménagées sur 2,5 kilomètres entre le Puente Huelén et le Puente del Abasto. Premier essai d'un grand projet de réappropriation urbaine du Mapocho.
Mieux connu sous le nom de "Mapocho pedaleable", le projet de réaménagement des rives du fleuve Mapocho à Santiago sera lancé demain. A cette occasion, l'association "Happyciclistas" invite tous les cyclistes, piétons, skateurs, rolleurs et autres à venir profiter de 2,5 kilomètres de pistes installées pour quelques heures à partir du Puente Huelén, à hauteur de la rue Pérez Valenzuela de Providencia, jusqu'au Puente del Abasto. "Des cours de yoga, du théâtre, des concerts rythmeront le parcours des participants afin de leur permettre de redécouvrir cet espace urbain laissé à l'abandon depuis trop longtemps", explique Gonzalo Garcia, directeur de projet d' "Happyciclistas".
Depuis 2011, les communes de Providencia et Santiago Centro travaillent conjointement avec l'aide de deux architectes, Osvaldo Larraín et Tomás Echiburú, pour mettre sur pied ce projet. A terme, il s'agit de réaménager 6,7 kilomètres du fleuve Mapocho, du Costanera Center à la Estación Mapocho, afin d'en faire un espace dédié aux deux roues sans moteur et sans piéton. Cette initiative s'inspire d'expériences similaires en Europe, dont à Helsinki en Finlande, où une ancienne voie ferrée à l'abandon a été transformée en piste cyclable. A Paris également, tous les dimanches, les quais de la Seine sont réservés à la "mobilité douce". Une idée que soutiennent activement les fondateurs d' "Happyciclistas".
Le vélo, outil de transformation sociale
"Happyciclistas" est une association de volontaires fondée il y a quatre ans par un groupe d'amis accros au vélo. Ensemble, ils tentent de promouvoir la mobilité douce dans Santiago avec l'espoir d'un jour de transformer totalement la manière de vivre en ville. "Le vélo est plus qu'un moyen de transport ; c'est un outil de transformation sociale. Il faut repenser les espaces publics comme des lieux de rencontre et non pas uniquement de passage", insiste Gonzalo Garcia. Dans cette optique, "Happyciclistas" ne prône pas la construction de plus de pistes cyclables, au contraire. "Quand on pense la mobilité, c'est toujours du point de vue des automobilistes. Or, il faut justement inverser la logique s'il on veut engendrer un vrai changement. Il suffirait d'ajouter dans les rues des pancartes sur lesquelles est écrit ? Zone réservée aux vélos", plaide Gonzalo Garcia. Conscient qu'il est impossible de bannir complètement les voitures de la ville, il veut au moins en réduire l'usage pour les particuliers : "Une voiture prend la place de six vélos et en plus, elle empêche le contact humain. Que les gens qui veuillent continuer à utiliser leur voiture payent le coût écologique et social que cela représente".
Elise Mertens (www.lepetitjournal.com Santiago) vendredi 3 mai 2013





