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EXPO - Georges Rousse, de l'abandon à la lumière

Par Lepetitjournal Santiago | Publié le 24/10/2013 à 22:00 | Mis à jour le 27/10/2013 à 18:02

Le photographe plasticien français Georges Rousse est à Santiago pour une exposition au Musée d'Art Contemporain du 24 octobre au 19 janvier. Rencontre avec celui qui embellit les espaces que personne ne voit plus

Georges Rousse mêle matériaux et peintures et les intègre dans des bâtiments inoccupés, mémorisant ses compositions en photos. Ces images aplatissent alors la perspective des travaux, défiant le spectateur de comprendre comment les formes, les couleurs et l'architecture peuvent s'imbriquer.

Au début des années '80, il peint dans des espaces voués à la démolition, des personnages et des scènes exubérantes, aux couleurs et aux formes vives. Puis il s'intéresse aux formes géométriques qu'il incorpore en peinture dans l'espace, réalisant effets optique, en trompe-l'?il (voir photo ci-dessous). L'exposition actuellement présente au "Museo de Arte Contemporaneo"(MAC) * propose plus de trente photographies grand format de l'artiste, une ?uvre multimédia ainsi qu'une grande installation dans le hall du musée.

Espace et Temps
Georges Rousse investit des lieux abandonnés (entrepôts, hangars...) et les transforme en espaces pittoresques afin d'y construire une ?uvre éphémère que seule la photographie restitue. "Quand j'étais enfant c'était mon terrain de jeu, je vivais à Nice et j'ai tout de suite eu de l'intérêt pour ces bâtiments en ruine près de la frontière italienne. Je les ai photographiés et ensuite j'en ai fait mon atelier". Une forme d'engagement et de résistance :"on laisse dépérir des bâtiments pour en faire de la spéculation immobilière, alors que souvent on détruit des lieux en bon état, simplement car ils ne répondent plus aux normes, que l'on a envie d'en faire autre chose". Lieux d'expression de sa protestation, progressivement il s'y installe pour y travailler. Une idée de l'art qu'il véhicule d'un pays à l'autre, bien que les concepts soient différents. En sublimant ces espaces, il démontre la possibilité de les transformer vers un ailleurs, de prolonger leur vie, leur donner une nouvelle dynamique. Tout ce qui rappelle l'usage ancien du bâtiment, du quotidien disparaît pour permettre au public de partager, en photo, son expérience. "C'est un lieu de voyage où j'y trouve ma liberté. Je peux faire ce que je veux, le découper, le peindre, ce qui est impossible dans des lieux historiques".

A la manière d'un architecte, Georges Rousse planifie ses projets. C'est avec une idée bien précise qu'il se rend dans ces lieux et commence par y faire ses installations afin d'avoir une relation directe avec l'Espace et le Temps. "Parfois je vois qu'il y a d'autres endroits possibles auxquels je n'avais pas forcément pensé et du coup j'improvise".

Il lui arrive également de reproduire la même installation dans plusieurs pays "J'aime pouvoir mettre face-à-face un même projet dans des lieux différents avec des lumières et matériaux qui varient". Ses techniques de travail sont vastes. Dans certaines de ses ?uvres, Georges Rousse fait usage de l'écriture en peinture. Amateur de poésie, il admire ces poètes, tels que les maîtres japonais du Haïku, qui en peu de mots décrivent une position dans l'univers, une pensée philosophique réduite. "Je me suis demandé, moi qui travaille dans des espaces où l'architecture est colossale avec beaucoup de matières, comment réussir à être aussi subtil ?" C'est ainsi qu'il a commencé à vouloir écrire des mots se référant à la mythologie grecque puis en s'interrogeant sur sa relation à la photo et l'image : "J'ai utilisé des mots qui parlent du travail, comme « REAL », pour que l'on se demande si l'image que je propose est bien réelle ou si c'est une illusion, une fiction". L'artiste pousse le spectateur à une introspection immobile, transformant sa perception de l'Espace et de la Réalité.

Georges Rousse et le Chili
C'est dans un contexte différent que Georges Rousse arrive pour la première fois au Chili en 1989. Alors que Pinochet est encore au pouvoir, il visite Ritoque ("Cuidad Abierta" au nord de Valparaiso, véritable laboratoire pour les professeurs et étudiants de l'Ecole d'architecture, voir notre article) et se prend d'admiration pour ce lieu "J'ai tout de suite beaucoup aimé cette attitude qui consistait à se mettre en dehors de la société. Une manière de trouver une liberté dans un système répressif, le travail de ces architectes dans la nature, face au Pacifique m'a vraiment marqué. J'ai gardé tout ça en mémoire et quand je suis revenu au Chili, j'ai voulu retourner voir comment avaient évolué les choses".

C'est en parcourant le pays que certaines idées lui sont venues. Aujourd'hui Georges Rousse a pour projet d'investir une ancienne usine de salpêtre à Chacabuco, dans le Désert d'Atacama. "Il y a dans cet endroit une double histoire, celle du lieu industriel abandonné mais qui servait aussi de camp de prisonnier sous Pinochet. Je trouve intéressant d'y travailler".
Laura Budulig (www.lepetitjournal.com/santiago) Vendredi 25 Octobre 2013

*Exposition Georges Rousse du 24 octobre au 19 janvier
Du mardi au samedi de 11:00 à 19:00 / dimanche de 11:00 à 18:00.

Musée d'Art Contemporain (MAC)  Parque forestal (métro Bellas Artes+56 2 9771741

 Dans le cadre des "Museos de Medianoche" ce soir, Georges Rousse abordera son travail et son exposition au Chili. Le rendez-vous se tiendra à 18h00 au Musée d'Art Contemporain (MAC) de Santiago.

 

 

 

 

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