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ARTS – Bellas Artes ouvre ses portes à Christian Boltanski

Par Lepetitjournal Santiago | Publié le 31/10/2014 à 03:00 | Mis à jour le 06/01/2018 à 10:34

Le Français Christian Boltanski s'expose pour la première fois au Chili, au Musée National Bellas Artes, mais aussi dans le désert d'Atacama. L'occasion de s'intéresser à un artiste inspiré et inspirant, dont les ?uvres sont déjà passées par les plus grands musées d'art contemporain du monde

Né en 1944, Christian Boltanski est un peintre, photographe, sculpteur et réalisateur autodidacte. Construit autour des identités, du passé mais aussi des émotions, son travail, parmi les plus reconnus sur la scène internationale de l'art contemporain, est intrinsèquement marqué par les premières années de sa vie, placées sous l'influence de l'Holocauste auquel son père juif a échappé.

Son exposition au musée Bellas Artes était inaugurée ce mercredi par la ministre de la culture en personne. Dans les huit salles du rez-de-chaussé, la plupart des ?uvres présentées, issues de la collection personnelle de Christian Boltanski, dégagent une énergie morbide, macabre, mais lumineuse, puissante, qui ne laisse pas indifférent. Entre l'immense tas de vêtements qui emplit le hall du musée (« Personnes ») ou les nombreux portraits photos en noir et blanc d'anonymes encadrés ou imprimés sur des linges et éclairés d'une lumière tantôt timide, tantôt blafarde (« Les Véroniques »), on ne peut que penser à l'univers concentrationnaire, celui de la Shoah, ou comme le confie l'artiste, celui des camps de la dictature chilienne.

Quand l'art sort du musée

C'est donc une ?uvre épurée, qui joue sur le souvenir, la mémoire, mais aussi l'humanité que présente Christian Boltanski au Chili. Sa volonté, de « mettre en ?uvre l'absence » - celle de proches ou d'inconnus ?, ne s'expose cependant pas que dans les salles du Musée Bellas Artes. En effet, l'artiste a également créé, près de la commune de Talabre, à quelques kilomètres d'Antofagasta, une ?uvre d'art permanente, « Animitas » : trois-cent petites cloches japonaises, plantées en plein milieu du désert sur des tiges métalliques, remuant au gré du vent.

« Animitas » a été baptisé « troisième monument à l'humanité » par l'artiste. Les deux autres, créés par lui, sont situés au Japon ?une « bibliothèque d'archives du c?ur », où sont enregistrés les battements cardiaques d'une centaine de milliers de personne ? et en Tasmanie, où sont diffusées en continu les retransmissions de plusieurs caméras installées dans l'atelier parisien de l'artiste.

Fabien Leboucq (www.lepetitjournal.com/santiago) vendredi 31 octobre 2014

Exposition jusqu'au 4 janvier : 600 pesos pour le tarif général, 300 pour les étudiants et les plus âgés, gratuits pour les moins de 18 ans. Entrée libre ou participation volontaire le dimanche

 

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