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Rome fête son 2772ème anniversaire ce week-end !

Par Karine Gauthey | Publié le 19/04/2019 à 13:20 | Mis à jour le 21/04/2019 à 09:54
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Comme chaque année, les célébrations de l'anniversaire de Rome pour Natale di Roma comprendront des reconstitutions historiques, notamment un défilé en costume d'époque et des combats de gladiateurs.

C’est le 21 avril 753 avant Jésus-Christ (selon Varron) que Romulus aurait fondé Rome. La légende veut que Vénus en personne ait présidé à la fondation de Rome : Romulus est descendant d’Ascagne (ou Iule), fils du grand Énée, conduit par sa mère Vénus suite à la chute de Troie sur les bords du Latium. Virgile raconte cette histoire dans le « poème national » qu’est l’Énéide, épopée commandée par l’empereur Auguste. Selon la légende, le prince troyen, Énée, une fois Troie tombée aux mains des grecs, accoste sur le Latium et fonde Lavinium après avoir épousé la fille du roi Latinus (roi du peuple des Aborigènes). Les historiens latins relatent que trente ans plus tard, son fils Ascagne va construire Albe la Longue, au pied des monts Albains ; puis au VIIIe siècle avant Jésus-Christ, les Albains érigent Rome.

Une ville fondée sur un fratricide

Le treizième descendant d’Ascagne, Numitor, roi d’Albe la Longue, est supplanté par son frère Amulius. Afin d’assurer son pouvoir, Amulius assassine ses neveux et fait de sa nièce, Rhéa Silvia, une Vestale. Bien que sa fonction la rende chaste, elle met au monde des jumeaux (enfants supposés de Mars) ; furieux, Amulius la jette en prison et ordonne d’abandonner les enfants au Tibre. Cependant, le fleuve dépose leur berceau devant le figuier Ruminal, au pied du Palatin ; il est alors trouvé par une louve qui décide d’allaiter les nouveau-nés devant la grotte du Lupercal. Faustulus, un berger qui passait par-là, les recueille et les élève. Les années passent, et alors qu’ils se rendent aux fêtes des Luparcales célébrées sur le Palatin, Romulus et Rémus tombent dans une embuscade tendue par des brigands à qui ils ont dérobé leur butin. Romulus parvient à s’échapper, mais Rémus est remis à Numitor par son frère, puisqu’on lui reproche de lui avoir porté préjudice. C’est précisément à ce moment que Faustulus révèle à Romulus ses origines, tandis que Numitor ne tarde pas à deviner que Rémus est l’autre fils de Mars. Un complot est alors mis en place contre Amulius, tué par Numitor, qui retrouve son trône et laisse partir ses petits-fils, décidés à fonder une ville à l’endroit où ils ont été abandonnés. Voulant la bénédiction de Jupiter pour cette fondation, chacun s’en remet aux dieux protecteurs du lieu qui, par le vol des oiseaux, doivent signifier lequel, de Romulus et Rémus, sera le fondateur. Alors que Romulus se place sur le Palatin, Rémus choisit l’Aventin ; c’est ce dernier qui, en premier, voit venir sur sa droite six vautours, mais à peine les a-t-il signalés qu’il s’en présente le double à Romulus sur sa gauche. Bien qu’ayant la primauté de l’observation, Rémus ne sera pas le nouveau fondateur, Romulus ayant de son côté le nombre et la direction du vol des oiseaux. Dans un premier temps, Romulus fortifia le Palatin et fixa les limites sacrées de la ville en traçant un sillon. Se moquant de son frère, Rémus franchit cette limite et en nia ainsi le caractère sacré ; aussitôt, Romulus le tua. La fondation légendaire de la ville repose donc sur un acte meurtrier : un fratricide.

Des fêtes antiques

Dès l’Antiquité, des fêtes devaient célébrer la fondation de la ville. Ainsi, les Lupercalia du 15 février mettent en scène les Luperques (des bergers), vêtus d’un pagne en peau de bouc, déambulent à travers l’Urbs et frappent de leurs lanières les passants, surtout les femmes qui mettent en avant leur dos et leurs paumes, et à qui ces coups purificateurs permettront par la suite d’être fécondes. Ensuite, le 15 Avril, on fêtait les Fordicidia, l’ante diem septem decimum kalendas Maias : le dieu Faunus demandait le sacrifice d’une vache pour éloigner la famine, il s’agissait d’une célébration en l’honneur de Tellus (la terre féconde) ; ensuite, Cérès prenait le relais (le 19 avril). La cendre des vaches est récupérée par la suite dans le Penus Vestae pour resservir aux Parillia le 21 avril. Le 21 Avril avait lieu une troisième fête, la Parilia, l’ante diem undecimum kalendas Maias. C’est la fête de Palès, déesse protectrice des troupeaux. Il fallait aller retirer dans la maison des Vestales un mélange composé de sang de cheval, de la cendre des veaux brûlés lors des Fordicidia et des tiges de fèves. Ensuite, dans les bergeries décorées et assainies, avec avoir brûlé du soufre pour faire bêler les bêtes, des branches d’olivier, de pin et de laurier, on offrait des gâteaux de millet de du lait à la déesse, avec une longue prière répétée 4 fois, tourné vers l’Est. Vin cuit et feu sur lequel on répandait le mélange évoqué supra mettaient le comble à la fête. La fête en l’honneur de la déesse Palès devait commémorer la fondation de Rome. Il s’agit d’une forme de rite de purification (lustration) du peuple effectué par Romulus à partir des sauts des bergers à travers de grands feux de paille et de broussaille allumés au préalable. Ovide décrit de manière détaillée ces rites dans les Fastes (un rituel rural pratiqué à la campagne et un rituel urbain observé à Rome). À l’origine, les bergers célébraient cette fête pour obtenir la fécondité de leurs troupeaux (ils allumaient des feux et dansaient autour).

Des événements commémoratifs

La ville éternelle célèbre, à partir d’aujourd’hui, la fondation de sa cité. Les événements sont concentrés sur le Circus Maximus et comprennent notamment le rituel de tracciato del solco, qui rappelle la fondation d'anciennes villes romaines lorsqu'une tranchée ou un mundus a été creusé et des offrandes y ont été lancées pour encourager les dieux à surveiller habitants. Parmi les autres reconstitutions (comme des combats de gladiateurs) figurent la cérémonie agricole de Palilia, ainsi que le couronnement de la Dea Roma, une compétition féminine récompensant "les valeurs et les principes qui incarnent le monde romain", accompagnée d'un spectacle de musique ancienne des Histriones. Enfin, le dimanche de Pâques verra s’affronter les Romains contre les Celtes dans les Thermes de Caracalla pour un match d’Harpastum, ancien jeu de base-ball importé à Rome par la Grèce.

Voici le programme détaillé :

Vendredi 19 avril au Circo Massimo

09.00 – 16.00 Stands divers : la mode romaine, onguents et parfums, mosaïques, gladiateurs, etc.

09.00 – 18.00 Exposition de photos des éditions passées de la « Natale di Roma » 

11.20 – 12.00 Rencontre avec l'écrivain Chiara Mattozzi

10.00 - 12.40 Rencontre avec l'écrivain Louis DE ROSA

12.50 – 13.30 Rencontre avec l'écrivain Raffaele Alliegro

14.30 - 15.30 Jeux antiques pour enfants

16.00 Compétition de la Dea Roma et spectacle de musique ancienne des Histriones.

Samedi 20 avril au Circo Massimo 

10.30 - 11,10 Rencontre avec l'écrivain Mark CADENAS

11.30 -12.10 Rencontre avec l'écrivain Andrea FREDIANI

12.30 – 13.10 Rencontre avec l'écrivain Roberto Genovese

13.30 – 14.10 Rencontre avec le graveurAntonella Prenner

16.00 Commémoration de la fondation de Rome : « LE SILLAGE DE LA VOIE »

18.00 Concert de FREDIANI QUATUOR (Jazz)  

20.00 Concert de LAVINIA Fiorani (The RomAntica)      

Dimanche 21 avril au Circus Maximus et Via dei Fori Imperiali

10.00-14.00 Parades  (le Forum romain)

12.00 Rituels effectués par l'Association PIETAS

15.00 - 16.45 Commémoration des Associations étrangères 

17.00 – 18.30 « Harpastum » L'équipe romaine affrontera l'équipe celte  aux Thermes de Caracalla

Lundi 22 Avril au Circus Maximus et la Via dei Fori Imperiali 

Dans la zone du forum :

10.00 Défilé le long de la Via dei Fori Imperiali.   

10.30 Intervention de Gay Cilnius Mécène

10.40 Voeux du Président

11.00 Défilé historique du Circus Maximus     

Dans la zone d'exposition du Circus Maximus :

14.00 – 15.00 Performance musicale de la "Banda Polizia Locale" 

15.00 – 16.30 Spectacles divers

17.30 Reconstitution de la conquête de Masada

 

Karine Gauthey

Karine Gauthey

Karine Gauthey est professeure de lettres et historienne. Passionnée par l'histoire de l'art, les mythes et l'antiquité, elle a décidé de poser ses valises à Rome après être tombée amoureuse de la ville durant son échange Erasmus il y a quelques années.
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