Dimanche 24 janvier 2021

Les guides confrontés à l'absence de touristes

Par Ronan de Keranflec'h | Publié le 26/11/2020 à 10:00 | Mis à jour le 26/11/2020 à 10:00
Joy of Rome

Marie Delaunay nous introduit à la problématique des guides en cette période de vide touristique.

 

Le désert touristique

Le confinement italien a marqué un arrêt brutal du tourisme et les visites de gros groupes n'ont jamais repris. Les quelques 50 % d'Américains qui ont l'habitude de solliciter les services des guides ont ainsi disparu à partir du mois de mars. Toutefois les individuels, en particulier les français, ont tout de même fait leur retour pendant l'été. Leur présence a permis au tourisme de se maintenir. Grâce à eux Marie, qui mène des visites en anglais mais aussi en italien et en français, a enregistré une demande presque similaire aux années précédentes sur les mois de juillet et août. Mais les chiffres n'ont cessé de s'écroûler à partir de septembre pour s'éteindre après la Toussaint, avec le nouveau confinement en France et les restrictions en Italie.

 

Comment s'adapter ?

Certains guides bénéficiant d'un réseau d'Italiens ont pu maintenir quelques visites en extérieur (une par semaine en moyenne). Les visites en français de l'association Rencontres Romaines se poursuivent de même en extérieur ainsi que dans les églises, tout comme les visites de quartiers proposées par l'association Inventer Rome. D'autres organisations habituées à une clientèle américaine tentent d'éditer des conférences en ligne. On a aussi vu se développer ces dernières semaines les balades filmées réalisées par un guide qui, étant sur place, présente devant sa caméra une curiosité à des internautes. C'est ce que propose par exemple l'agence Joy of Rome (photo). Enfin d'autres personnes travaillant dans ce secteur ont dû mettre fin à leur activité. C'est le cas de Marie qui s’est, pour le moment, réorientée vers l'éducation. La plupart des guides ont été contraints de trouver un travail complémentaire, quand ils n'ont pas dû se faire soutenir par leurs proches. En effet les aides financières demeurent pour le moment limitées.

 

Qu'en est-il des aides gouvernementales ?

Les guides étant tous indépendants, ils ont pu bénéficier des allocations dédiées à ce statut de travailleurs. Marie témoigne avoir touché sur l'ensemble des mois mars, avril et mai  un total de 2 200 €. Puis, durant l'été, le ministère de la culture a créé un bonus-vacances qui a principalement profité aux structures hotelières et au tourisme balnéaire. Pour compenser l'échec de la saison touristique, le gouvernement planche depuis le mois d'août sur des aides pour les agences de voyage et les guides accompagnateurs qui pourraient être attribuées en janvier. Un guide comme Marie toucherait peut-être 3 à 4 mille euros.

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