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EMPLOI - Le Brésil, terre d’accueil pour les auto-entrepreneurs (1/2)

Par Lepetitjournal Rio de Janeiro | Publié le 25/10/2015 à 23:05 | Mis à jour le 02/11/2015 à 02:18

Le statut d'auto-entrepreneur a le vent en poupe en France, avec une hausse de plus de 400.000 adeptes annuels. Dans le même temps, les Français expatriés arrivent au Brésil bardés de diplômes et cherchent à valoriser leurs compétences dans des niches encore innoccupées. Recursimo, spécialiste de l'interculturel au Brésil, vous en dit plus sur ce statut. 

Né en France lors des contextes de crise économique en 2009,  le statut d'auto-entrepreneur pourrait aussi s'appeler statut de micro-employé. Le chômage bat des records et touche progressivement la quasi-totalité des métiers. Primaire, secondaire, tertiaire, aucun secteur n'est épargné et le travail devient "une denrée rare".

Alors que l'emploi peine à redécoller, la création de micro-entreprises se multiplie. Créer de nouveaux métiers, réorienter sa carrière et se réinventer une vie professionnelle sont des enjeux économiques et humains forts. Auto-entreprendre, c'est aussi décider d'être seul maître à bord, et de son destin. Il s'agit decréer de la richesse pour soi et son pays, pour au final, faire reconnaître sa valeur ajoutée dans le monde du travail.

Changement de statut en 2016
En France, le phénomène s'est clairement imposé et on en veut pour preuve le glissement du statut d'auto-entrepreneur que nous connaissons vers le statut de micro-entrepreneur d'ici 2016. Pour ces derniers, les principaux changements seront : la déclaration du chiffre d'affaires en ligne, l'obligation de s'immatriculer au registre du commerce et des sociétés et au répertoire des métiers, la réduction de la période d'exonération de la Cotisation foncière des entreprises, et enfin, l'ouverture d'un compte bancaire dédié à l'activité professionnelle.

En France, l'union des auto-entrepreneurs avec les micro-entrepreneurs représente un couple gagnant qui constitue à lui seul plus de 90% du tissu économique. Au Brésil, on estime que 98% de l'économie du colosse lusophone est soutenu par les petites et micro-entreprises, parmi lesquelles on compte un nombre croissant d'auto-entrepreneurs.

Une bureaucratie brésilienne moins lourde pour la micro-entreprise
Malgré sa réputation d'avoir une bureaucratie lourde, le Brésil est bien décidé à faire prospérer les jeunes pousses locales et étrangères sur ses terres. Dès 2006, la loi générale de la micro et petite entreprise avait déjà pour objectif de simplifier le régime de la micro-entreprise. Et face à la croissance rapide de cette dernière, le gouvernement a initié une politique nationale de l'entrepreneuriat pour encourager les porteurs de projet.  Ajoutez à cela le potentiel économique d'un pays immense,  un optimisme sans faille et une créativité débordante, et vous obtenez les ingrédients détonants que requiert la croissance.

Dans cette configuration, les expatriés français ne sont pas en reste, bien au contraire. Être auto-entrepreneur français au Brésil, c'est bénéficier d'un énorme reservoir d'opportunités, pour y faire fructifier son savoir-faire et contribuer au développement d'un pays aussi jeune que demandeur.

L'auto-entrepreneur : entrepreneur et salarié de demain
Étudiants, salariés, fonctionnaires, retraités, les profils sont variés. Mais quelles sont les motivations qui poussent les uns et les autres à tenter l'aventure ? Pour la majorité des auto-entrepreneurs, il s'agit de pouvoir assurer son propre emploi en le cumulant éventuellement avec un salaire ou une pension de retraite, activité rempart contre la crise, pour obtenir un meilleur niveau de revenu, et s'adapter aux contraintes structurelles du marché de l'emploi. Il est aussi question du plaisir de tester un projet d'entreprise, et d'être le seul capitaine à bord, en vivant une certaine liberté dans le cadre de contraintes choisies. Pari audacieux qui bouscule les codes du travail, et témoigne de la disparition programmée du salariat.

Des deux côtés de l'océan les nombreux avantages liés au statut ont largement contribué à son développement : le paiement des charges simplifiées, la facilité et la rapidité de création, ainsi que la simplification de la gestion comptable y sont pour beaucoup.

De nombreux secteurs à explorer au Brésil
En France, les secteurs qui profitent le plus de ce régime sont le commerce (20%), les activités scientifiques et techniques (17%), la construction (15%) et les services aux personnes (13%). Mais de nombreux secteurs restent encore inexplorés, notamment au Brésil où l'activité doit encore irriguer de nombreuses sphères de l'économie.

Pour renforcer ses efforts en faveur de l'auto-entreprenariat, le pays-continent a également initié une politique volontariste pour servir l'innovation et la création de start-up. L'initiative gouvernementale décline sa stratégie en plusieurs programmes, tels que le plan "Inova Empresa" lancé en 2013. Ce plan d'investissement de 32,9 milliards de reais est destiné à soutenir l'innovation technologique dans sept secteurs clefs de l'économie brésilienne, à savoir : l'agroalimentaire, la santé, la défense et l'aérospatial, l'énergie, les technologies de l'information et de la communication, et enfin, le développement durable.

Les financements octroyés prennent la forme de subventions aux entreprises, d'aide à la création de projets communs entre entreprises et centres de recherche, de participations actionnariales dans les entreprises technologiques innovantes et de crédits aux entreprises accordés par la finep (Agence brésilienne de l'innovation).

Une aventure humaine pleine de promesses
Autre programme ambitieux, "Sciences sans Frontières" a été créé dans le cadre d'un échange bilatéral franco-brésilien avec pour principal objectif d'attirer des scientifiques étrangers au Brésil. Pour améliorer la compétitivité du pays dans ce secteur, le gouvernement a donc opté pour la carte de l'ouverture, en privilégiant les échanges et la coopération internationale.

Être auto-entrepreneur français au Brésil, c'est ainsi relever le défi d'une aventure humaine pleine de promesses qui peut rapporter gros, à condition de savoir s'adapter aux contraintes du pays pour, au final, profiter de tous les avantages qu'offrent cette formidable terre d'accueil. Le prochain article de la semaine prochaine parlera des qualités requises pour réussir et des soutiens possibles au cours de la grande aventure du lancement.

Manon ROBERT - Recursimo (www.lepetitjournal.com - Brésil) lundi 26 octobre 2015

- Lire la seconde partie consacrée à l'auto-entrepreneuriat

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