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SANDRA ET CARLA GENOYER - "Le Brésil a les matières premières, mais il a des lacunes au niveau du savoir-faire"

Par Lepetitjournal Rio de Janeiro | Publié le 02/08/2016 à 22:05 | Mis à jour le 08/02/2018 à 14:02

 

Les Français Sandra Genoyer et Ghalede Bakhtaoui ont fondé "Lar Natural" ("maison naturelle") il y a trois ans à Rio. Le site, qui emploie huit personnes, est un portail multifonction dédié au bien-être et à une vie saine à travers notamment la vente au Brésil de produits bios ainsi que des informations, conseils et autres recettes. Entretien avec Sandra Genoyer, 45 ans, et sa fille Carla, 24 ans, qui fait elle aussi partie de l’aventure.

Lepetitjournal.com : Tout d’abord, qu’est-ce qui vous a conduit au Brésil ?
Sandra Genoyer
 : Je suis venue au Brésil en 2009 après un choix personnel. Après avoir travaillé dans la production audiovisuelle, l’immobilier et beaucoup voyagé, je voulais changer de vie et offrir à mes enfants l’opportunité de connaître un nouveau pays, une autre culture, parler une autre langue. J’ai été attirée par le Brésil en raison de sa nature généreuse, la gaieté des gens… Au départ, je suis arrivé dans l’intérieur de l’Etat de São Paulo parce que j’avais un ami d’enfance qui y vivait. J’ai fait pas mal de recherches sur les plantes et notamment sur le bambou, avant de me retrouver à Rio. J’y ai rencontré Ghalede Bakhtaoui, un autre Français qui avait ce projet de monter un site sur le naturel et le bio, ce qui correspondait donc à mes recherches personnelles, même s’il s’agissait plus ici de faire du marketing digital. Mais cela restait lié à ma philosophie d’une vie plus saine.

Comment le site Lar Natural a-t-il pris forme ?
On a surtout commencé avec la partie journalistique, sous forme de blog avec des recettes, des conseils (alimentation, cosmétiques, bien-être, enfant, maison, jardin, animaux, etc.), pendant deux ans. Et en 2015, on a débuté le travail sur la partie marketplace, qui a été lancée au début de l’année après un an de travail. Cela a été assez lent, parce que l’e-commerce n’est pas aussi développé qu’aux Etats-Unis et en Europe, donc tous les moyens techniques, les plates-formes de paiement sont plus longs à mettre en place.

Aujourd’hui, en quoi consiste la marketplace ?
On a environ 40 partenaires : des producteurs, des fabricants, des commerçants, dans le vert et le bio. Ils nous font confiance et vendent leurs produits recyclables et écologiques (alimentation, cosmétiques, hygiène, soins, matériel de cuisine, pour le jardin, loisirs, animaux, etc.) en ligne à travers la marketplace. Nous jouons donc le rôle d’intermédiaires.

Mais Lar Natural a conservé aussi son contenu d’origine ?
Oui, Lar Natural est devenu une référence dans le bio parce que nous avons vraiment un contenu de qualité créé par des consultants, des nutritionnistes, des sophrologues, des gynécologues, des journalistes… C’est un vrai site d’information pour les personnes qui cherchent à avoir une vie plus saine, plus naturelle. Nous sommes ainsi très fiers d’avoir une page Facebook qui a plus d’un million de likes et toujours plus d’abonnés sur Instagram, YouTube…

Tout ce que l’on trouve sur Lar Natural n’était pas disponible avant au Brésil ?
Carla Genoyer :
Si, mais pas sur Internet. Les producteurs avec lesquels nous travaillons n’avaient pas vraiment investi cette partie-là. Comme nous sommes spécialistes du marketing digital, nous leur offrons notre expertise, autant en temps qu’en argent. Notre site reçoit aujourd’hui plus de 600.000 visites par mois, nos vidéos ont plus de 3 millions de vues en tout, c’est une vraie valeur ajoutée pour les entreprises.

Comment vous financez-vous avec la marketplace ?
Il n’y a pas de mensualité fixe, nous prenons simplement une commission sur les ventes, ce qui est très avantageux pour les producteurs.

Vous êtes françaises, mais cela ne se ressent pas du tout sur le site, c’est un choix ?
On voulait avant tout donner une image écologique, le côté français n’est pas un objectif que nous avions.

L’univers du bio est bien développé en France maintenant, qu’en est-il au Brésil ?
Sandra Genoyer
 : C’est tout nouveau. Quand je suis arrivée il y a sept ans, c’était une curiosité ici. Mais ces trois dernières années, j’ai senti le boum du bio : plein de petits restaurants ont ouvert, de boutiques aussi, surtout d’alimentation. Ce qui est intéressant au Brésil, c’est que comme il n’y a pas beaucoup d’informations, dès qu’on leur en donne une, les Brésiliens sont très preneurs, très curieux et intéressés. Dès qu’il y a une bonne initiative, cela prend vite et les gens sont ravis. Ainsi, si on les oriente bien, cela peut être extraordinaire. C’est comme la nature ici, tu plantes une graine, cela pousse.

Le Brésil dispose de tellement de ressources naturelles, cela doit bien aider, non ?
Oui, énormément, mais je suis parfois frustrée, parce qu’avec la nature qu’ont les Brésiliens, ils n’exploitent pas encore tout. Quand je suis arrivée, ils ne connaissaient pas du tout les huiles essentielles, qu’on utilise beaucoup en France. Cela s’est heureusement bien développé ces cinq dernières années. Mais, de manière générale, le choix reste encore plus varié en France qu’au Brésil, en dehors de quelques ingrédients bien spécifiques à l’Amazonie. Le Brésil a les matières premières, mais il a encore beaucoup de lacunes au niveau du savoir-faire. Cela vient petit à petit.

Même s’il s’est nettement démocratisé au niveau des prix en France, le bio était au départ un peu plus cher donc plus accessible pour des classes un peu plus aisées, c’est le cas aussi au Brésil ? 
Carla Genoyer
 : Comme il n’y a que de bons ingrédients dedans, les produits bios sont plus chers, cela dans le monde entier. Après, si la différence existera toujours, il faut essayer de contrôler de combien ils sont plus chers car parfois, il est vrai que l’écart est surréaliste.
Sandra Genoyer : Il y a aussi toute une question d’éducation car  plus on va apprendre aux gens à se responsabiliser, plus ils trouveront des solutions pour consommer moins cher. Nous proposons par exemple la "recette" d’un produit ménager qui se retrouve moins cher qu’un produit de supermarché. En devenant autonome, on ne dépend plus de l’industrie. Ce qui est intéressant, c’est de donner le potentiel et la possibilité d’être un acteur de sa propre vie.

Vous en savez plus sur votre public ?
Sandra Genoyer : Ce sont principalement des femmes, de 25 à 55 ans, issues des classes A et B. Elles sont originaires de São Paulo, de Rio, de Brasilia, de Belo Horizonte et du sud du Brésil.

Vous songez à d’autres moyens de diffuser votre philosophie ?
Carla Genoyer
 : On vit comme cela depuis toujours et on essaye d’abord de propager ce mode de vie au sein de notre famille, auprès nos amis.
Sandra Genoyer : Si un jour l’occasion se présente, pourquoi pas en effet ouvrir une "Casa Lar Natural" où proposer des thérapies, des ateliers…

Donc vous avez des projets de boutiques physiques ?
Carla Genoyer : Nous aimerions nous tourner d’abord vers les services : voyages, restaurants, thérapies, méditation, yoga… Mais l’intérêt de Lar Natural est avant tout d’être en ligne et que tout le monde y ait accès à travers le Brésil.
Sandra Genoyer : Et nous tourner ensuite vers d’autres marchés en Amérique du Sud déjà, puis ailleurs.

Propos recueillis par Corentin CHAUVEL (www.lepetitjournal.com - Brésil) mercredi 3 août 2016

*Légende photo : Sandra et Carla Genoyer (photo 1)

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