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ENTREPRENEURIAT - WEE, une association carioca pour les femmes par les femmes

Par Lepetitjournal Rio de Janeiro | Publié le 28/04/2016 à 22:04 | Mis à jour le 08/02/2018 à 14:02

WEE est l’abréviation de "Women + Entrepreneurship + Empowerment". Cette association à but non lucratif, créée il y a un an par une Brésilienne, cherche à favoriser les initiatives entrepreneuriales des femmes des favelas.

L’idée initiale de WEE ("Women + Entrepreneurship + Empowerment") : réunir deux réalités qui cohabitent au Brésil sans se rencontrer. D’un côté, la communauté de femmes d’expatriés, hyper qualifiées et désireuses de continuer à exercer une activité, mais se retrouvant souvent dans l’incapacité de travailler à défaut de visa. Et de l’autre, les nombreuses femmes auto-entrepreneures locales pleines d’énergie et de créativité, mais manquant souvent des connaissances nécessaires pour gérer un business (planning, comptabilité, marketing, gestion…).

L’association de ces deux profils par l’ONG est une réussite. D’un côté, les bénévoles ont la satisfaction de mettre en pratique leurs compétences et de voir l’impact immédiat sur la vie de ces auto-entrepreneures. De l’autre, celles-ci se sentent soutenues et encouragées à travers un appui théorique, mais surtout moral.

"Le plus important, c’est que les choses se réalisent"
A l’origine de cette initiative, Adiane Mitidiero, une Brésilienne passionnée de rencontres et d’échanges interculturels. Fraîchement diplômée en droit international à l’université de Rouen, Adiane rêvait de travailler dans une organisation internationale afin d’aider les populations les plus en difficulté. Mais la réalité est toute autre : “Tout prend du temps à se décider et encore plus à être mis en oeuvre. Pour moi, le plus important, c’est que les choses se réalisent.”

De retour au Brésil, Adiane se lance dans l’entrepreneuriat et crée INBrazil!, structure d’accompagnement des investisseurs étrangers et des expatriés, facilitant toutes leurs démarches administratives et d’installation dans le pays. En parallèle, elle décide de partager son expérience d’entrepreneure et lance WEE. Aujourd’hui, l’association compte sur les compétences et la bonne volonté de cinq bénévoles aux profils variés (étudiantes ou professionnelles, étrangères et brésiliennes) qui s’impliquent dans le développement de quatre auto-entreprises.

Série de formations et appui concret
Le programme comporte une série de formations à l’entrepreneuriat pour les femmes des favelas, un appui concret au lancement de ces auto-entreprises, une aide au financement par le microcrédit, le développement commercial et la mise en relation avec des partenaires. Car Adiane a un credo : rendre ces entreprises rentables et autonomes le plus rapidement possible, limitant le sponsoring ou les dons, au profit de partenariats plus pérennes.

Par l’intermédiaire de WEE, une des entreprises du programme, Delícias Já!, cinq fois primée lors de concours culinaires, a ainsi réussi à décrocher plusieurs contrats auprès d’entreprises privées de restauration. Sa responsable, Débora Vieira, réinvestit une partie des bénéfices dans la communauté : elle a ainsi créé un centre de soutien scolaire et d’activités telles que le théâtre ou la cuisine pour plus de 250 enfants de la favela.

Des étudiantes françaises parmi les bénévoles
Parmi les bénévoles, Marine Petit, étudiante à Sciences Po Strasbourg et actuellement en échange universitaire à la PUC, consacre deux journées par semaine à l’une de ces micro-entreprises.

Après voir géré pendant quelques mois une petite pizzeria, Fátima Velásquez, vient d’ouvrir une friperie, le Brechó Novo Estilo au sein de la communauté César Maia, dans la zone ouest de Rio. La petite boutique aux murs bleus vend à prix réduits des vêtements qui lui sont donnés. C’est gagnant-gagnant ! Les Cariocas de la zone sud libèrent de la place dans leurs armoires, les habitants de la communauté renouvellent leur garde-robe à prix réduits, et Fátima peut gagner sa vie et rester indépendante ! Sur les conseils de Marine, Fátima multiplie les actions de communications pour faire parler de sa friperie : page Facebook, flyers, défilé des jeunes filles de la favela, séances photos… Un coup de fouet pour cette auto-entreprise.

Appel aux bénévoles
Marine ne s’arrête pas là. Une fois par semaine, elle participe au projet de Débora en donnant des cours d’anglais à une dizaine d’adolescents. L’objectif : les préparer au concours Jovens Embaxaidores organisé par l’ambassade des Etats-Unis au Brésil. Les lauréats, acteurs actifs du développement social de leur favela, seront invités pendant trois semaines à représenter leur pays, découvrir la culture américaine, et participer à des projets sociaux locaux. “Bien sûr, il y a énormément de choses à faire pour améliorer la situation du Brésil : investir dans l’éducation et la santé, simplifier la création des entreprises, se battre contre la corruption… Mais tout cela prend du temps. Pour moi, le changement doit commencer d’en bas. Si chaque personne de mon master consacrait une journée par semaine à aider dix jeunes des favelas à s’en sortir, cela pourrait faire une différence pour plus de 2.000 personnes !”

L’association bouillonne d’idées pour continuer à grandir. Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues, quelles que soient vos compétences ou votre temps disponible ! Contactez Adiane sur le site de l’association. Ou si vous voulez faire un peu de place dans vos armoires, contactez le Brechó Novo Estilo pour donner une deuxième vie à vos vêtements !

Claire-Emilie LECOCQ (www.lepetitjournal.com - Brésil) vendredi 29 avril 2016

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