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VOILE - Le Cisne Branco, navire-école de la marine brésilienne

Par Lepetitjournal Rio de Janeiro | Publié le 09/05/2017 à 22:05 | Mis à jour le 09/05/2017 à 23:07

D'une blancheur immaculée et astiqué de près, le Cisne Branco trône régulièrement dans le port de Rio. Embarquement immédiat en compagnie du lieutenant capitaine Bruno Macêdo pour une visite plus complète de "notre bateau", comme l'appellent fièrement les Brésiliens.

Lieutenant Capitaine Bruno Macêdo sur le pont du Cisne Branco / Photo MG

Lepetitjournal.com : Racontez nous l'histoire de votre navire...
Lieutenant capitaine Bruno Macêdo
: Le Cisne Branco est récent : il a été construit dans des chantiers néerlandais en 1999 ! La marine brésilienne l'a inauguré à Lisbonne en 2000, en commémoration des 500 ans de la découverte du Brésil. C'est la copie exacte d'un clipper Hollandais du 19e siècle, même s'il présente tout le confort moderne : par exemple, nous avons la climatisation, un jour comme aujourd'hui ce n'est pas négligeable (il fait 35° à l'ombre ce jour-là, ndr). Et nous n'utilisons plus de hamacs, même pour les membres d'équipage les moins gradés. Tous sont installés dans des cabines de quatre personnes, avec lits superposés et salle de bain. C'est sommaire, mais on est bien logé !

L'ordre et la discipline semblent être de rigueur...
Un marin se doit d'être discipliné, en mer, il faut que tout soit accessible immédiatement et ne pas gêner le passage. En cas de roulis, tout doit rester en place, pour éviter les accidents (un coup d'?il à travers les portes qui s'ouvrent et se ferment vite montre qu'au port on se permet peut-être d'être un peu plus laxiste, ndr). Sur le pont, c'est pareil, avec les cordages nécessaires aux man?uvres, on ne doit rien laisser traîner. Le moindre n?ud mal placé peut avoir de graves conséquences. Nous avons tout de même 32 voiles, pour une surface totale de plus de 2.000 m² !

Une cabine du Cisne Branco / Photo MG

Comment vous organisez-vous pour gérer tant de voiles ?
Tout se fait manuellement, avec la participation de la totalité de l'équipage : il faut se hisser jusqu'en haut des mâts pour dérouler les voiles, simultanément, du haut vers le bas. Le moindre changement de vent peut entraîner une man?uvre de réduction de voilure, il faut alors également monter tout en haut, car ce sont aussi les voiles les plus hautes qui sont d'abord affalées. Et en mer, en haut du mât principal (46,4 mètres), il faut avoir le c?ur accroché ! D'ailleurs, on pourrait s'attendre à l'inverse, mais c'est sous voiles que le bateau est le plus stable.

On doit avoir des sensations fortes...
Oui, lorsque la mer se forme, il n'est pas rare que les vagues recouvrent le pont... Je me souviens d'une traversée de l'Atlantique où nous nous sommes inclinés à 37,5°, l'eau entrait partout, il a fallu réduire la voilure pour éviter que les vagues passent par-dessus les rebords du pont, ce qui aurait été dangereux.
Manoeuvre / Photo officielle

Combien êtes-vous à bord ?
L'équipage est formé de 60 personnes, dont 10 officiers et 30 élèves en formation, car le Cisne Branco est un navire-école. En formation, on embarque généralement pour deux ans. C'est une chance inouïe pour les élèves de la marine, cela leur donne un sens de la mer qu'on ne retrouve plus de nos jours dans les bateaux modernes. On navigue de manière traditionnelle, mais on profite quand même de la technologie actuelle. Avant, l'équipage d'un bateau pareil comptait 150 personnes. Et par exemple, aujourd'hui, avec la barre hydraulique, fini les quatre hommes nécessaires pour l'actionner, une seule personne suffit !

60 personnes à bord, cela doit être toute une logistique à gérer, surtout pour les cuisines ?
Oui, surtout qu'un voyage du Cisne Branco peut durer jusqu'à six mois. Avec nos besoins en eau, pour la cuisine ou pour les douches, le réservoir de 4.000 litres d'eau douce ne suffit pas toujours : il est relayé par un filtre de désalinisation et traitement de l'eau. Avec les réfrigérateurs (immenses, ndr), on arrive à une autonomie de deux mois. Le premier mois, on a des fruits, des légumes, de la salade, et puis, petit à petit, on passe aux boîtes de conserve et on a hâte de réapprovisionner ! Mais le cuisinier est admirable et on mange très bien à bord.
Le réfectoire / Photo MG

A quel usage se destine le Cisne Branco ?
En plus de servir de bateau-école, c'est l'ambassadeur privilégié de la marine brésilienne lors d'événements internationaux. Par exemple, nous avons participé à l'Armada de Rouen en 2008. Et au Brésil, nous avons surtout un rôle d'éducation du public : ici, on associe nos voiliers à la piraterie, mais nous sommes accueillis avec beaucoup de curiosité, tout reste à apprendre au public ! En Europe, c'est différent, le public est plus réservé, mais on y sent un vrai amour de l'histoire navale, une vraie culture de la mer. C'est passionnant de pouvoir comparer ces états d'esprits ! Le salon d'apparat ds officiers / Photo MG

Pourquoi "cygne blanc" ?
Eh bien, il y a plusieurs versions. L'hymne de la marine brésilienne mentionne un cygne blanc qui glisse sur l'eau, élégant et fier, comme notre voilier toutes voiles dehors. Et puis on dit aussi que le cygne est symbole d'une traversée heureuse, de bon augure.

 

Propos recueillis par Marine GUILLERMOU (www.lepetitjournal.com - Brésil) Rediffusion

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