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SERGIO CABRAL – De la gloire à la chute brutale du gouverneur de l’Etat de Rio de Janeiro

Par Lepetitjournal Rio de Janeiro | Publié le 14/04/2014 à 22:04 | Mis à jour le 15/04/2014 à 00:12

Sérgio Cabral renonçait le 3 avril dernier à son poste de gouverneur de l'Etat de Rio de Janeiro afin de pouvoir être candidat à une place au Sénat brésilien. Lepetitjournal.com dresse un bilan contrasté des deux mandats consécutifs de l'homme politique issu du PMDB, adoré puis détesté des Cariocas.

Soupçons de corruption, pacification militaire des favelas, impopularité... la fin du second mandat de gouverneur de Sérgio Cabral, achevé prématurément, aura été chargée et houleuse. L'homme politique, issu du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), laisse après lui 38% de citoyens insatisfaits, considérant son administration comme "mauvaise ou épouvantable". Ce sondage constitue la pire évaluation en sept ans de gouvernance alors qu'il atteignait les 55% d'opinions favorables en 2010, lors de sa réélection.

C'était une autre époque. Celle où Sérgio Cabral et son verbe haut pouvaient se vanter d'avoir été, par deux fois, le gouverneur à avoir été élu avec le plus de voix (68% et 66%). Et ce malgré différents scandales qui ont rythmé sa carrière à la tête de l'Etat de Rio de Janeiro. Sans parler de ces derniers mois, particulièrement éprouvants pour l'ex-gouverneur.

Parmi ces controverses : les trajets en hélicoptères officiels pour des voyages d'ordre privé avec sa famille ? avec une facture estimée à 3,8 millions de réais par an - ou pour fuir leur domicile quand celui-ci était encerclé depuis plusieurs jours par des manifestants. Sans oublier cette ancienne affaire de corruption, impliquant les proches de l'homme politique, révélée par les médias en mars dernier et les sommes faramineuses dépensées pour sa publicité. Dans un éditorial du quotidien O Globo, Elio Gaspari remarquait que "Sérgio Cabral a été réélu en 2010 avec les deux-tiers des voix. (...). En trois ans, il est devenu un gouverneur détesté".

Déclin de popularité
Le déclin de sa popularité coïncide avec les importantes manifestations de juin dernier, lors desquelles les Brésiliens protestaient pour l'amélioration des infrastructures publiques, contre la Coupe du Monde et contre la corruption gouvernementale. Sérgio Cabral a été la cible directe des manifestants de son Etat. Un mouvement y a même été créé, baptisé "Ocupa Cabral", durant lequel les participants ont "occupé" le quartier le plus cher de Rio, Leblon, là où réside le gouverneur. Le mouvement dénonçait la violence de la police militaire, les relations privilégiées entre Sérgio Cabral et d'importants entrepreneurs ou encore les abus de biens sociaux constatés à plusieurs reprises.

La part positive des mandats de Sérgio Cabral réside dans les importantes mesures prises contre la violence. Celle qui restera dans l'histoire est celle de la pacification des favelas : en vue de la Coupe du Monde et des Jeux Olympiques de 2016, le gouvernement de Sérgio Cabral a mis en place des interventions policières et militaires dans les favelas de Rio, y installant jusqu'à aujourd'hui 39 Unités de police de pacification (UPP) afin d'éradiquer les trafiquants de drogue et remplacer leur pouvoir par celui des forces de l'ordre.

Une pacification controversée
Si ces opérations ont dans l'ensemble été considérées comme une réussite, réduisant sensiblement le taux de criminalité au sein de l'Etat et contribuant largement à la réélection du gouverneur pour un second mandat, elles sont néanmoins controversées : la pacification a été présentée à l'origine comme le corollaire d'un programme de créations d'infrastructures sociales au sein des favelas, mais cela a été largement occulté dans les faits. De plus, les nombreuses violences perpétrées par les policiers ont contribué à ternir l'image des autorités et à l'augmentation de la méfiance des Brésiliens envers les forces de l'ordre.

La passation de pouvoir a finalement été assurée le 4 avril dernier entre Sérgio Cabral et son vice-gouverneur, Luiz Fernando Pezão, issu du même parti. La popularité de ce dernier, bien moins charismatique que son prédécesseur, n'est pas, non plus, au beau fixe. Prochaine étape pour Sérgio Cabral : le Sénat brésilien, s'il y est élu cette année.

Alice JARROUX (www.lepetitjournal.com - Brésil) mardi 15 avril 2014

- Lire notre décryptage sur la pacification des favelas de Rio

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