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REVUE DE PRESSE – Le Brésil vu par la presse française

Par Lepetitjournal Rio de Janeiro | Publié le 15/08/2012 à 00:05 | Mis à jour le 08/02/2018 à 13:03

 

L'actualité du Brésil amène la presse française à s'interroger sur la santé de l'économie du géant sud-américain dont certaines entreprises subissent les effets de la crise en Europe et de la faiblesse du real. L'essor de la classe moyenne fait cependant exploser certains secteurs comme le marché de la beauté ou de la grande distribution dont le français Casino espère bien tirer profit face au ralentissement de ses ventes en France. A l'international le pays s'est rapproché du Venezuela qui vient d'intégrer le Mercosur. Sur le plan national, l'heure est venue de juger l'affaire du "mensalaõ", le scandale qui avait failli coûter à Lula sa réélection en 2006. Parallèlement une "commission vérité" est censée faire la lumière sur les exactions commises par la dictature militaire entre 1964 et 1985

Le Brésil doit faire face au ralentissement économique mondial. Selon Les Echos, "la demande chinoise s'essouffle, le prix des matières premières est orienté à la baisse et la consommation interne, important moteur de croissance, pourrait avoir atteint un pic." D'où un 7ème plan de relance de 6,6 milliards R$ pour soutenir l'industrie nationale. De son côté, La Banque Centrale Brésilienne a baissé son taux directeur d'un demi point à 8%, soit la 8ème baisse de suite depuis août 2011, en justifiant son intervention par une "fragilité globale de l'économie". Plus largement, nous dit Le Monde, "la mondialisation entre aujourd'hui dans une 4ème phase placée sous le signe du ralentissement de la croissance dans les pays émergents (8,1% en Chine, 5% en Inde, 2,5% au Brésil), de la polarisation, de la poussée du protectionnisme et de la renationalisation des systèmes financiers, de la montée des risques souverains dans le monde développé

Petrobras en perte, Paõ de Azucar sauve Casino
La perte inattendue de Petrobras au 2ème trimestre 2012 s'explique selon l'AFP par la faiblesse du real et par un décalage entre les cours mondiaux du brut et les prix de vente de l'essence au Brésil. "Sous la pression de Petrobras, le gouvernement a finalement augmenté le prix de l'essence de 7,83% fin juin tandis que celui du diesel montait de 3,94% à la même date puis de 6% de plus en juillet…. Parallèlement, Petrobras a dû augmenter ses importations de produits raffinés pour faire face à une envolée de la demande et a souffert d'une insuffisance de production d'éthanol, utilisé par plus de 80% des voitures neuves au Brésil." A cela s'ajoute le coût très élevé de l'exploitation de nouveaux puits pétroliers.

De son côté, Casino détiendra prochainement 52,4% de Wilkes et Abilio Diniz 47,6%, ce dernier ayant notifié son intention de vendre sa part de 2,4% d'actions à droit de vote dans la holding Wilkes. Selon Le Figaro, "Casino est enfin seul aux commandes de sa filiale brésilienne Pao de Açucar (GPA). Le groupe stéphanois devient maître du destin du leader local de la distribution, qui a réalisé l'an passé 23 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Avec près de 200 millions d'habitants, le Brésil devrait devenir en 2014 le cinquième plus grand marché au monde"…. "En fait, la prise de contrôle de GPA, qui devrait seulement s'accompagner d'un versement en cash de 10 millions de dollars d'ici au 22 août, modifie en profondeur le visage de Casino. Le distributeur français peut en effet désormais consolider sa filiale brésilienne à hauteur de 100%. Auparavant, il n'intégrait dans son chiffre d'affaires et ses résultats que la part correspondant à sa participation dans GPA, soit 33,7% à fin 2010, et 40,13% à fin 2011." Et cela tombe bien car les ventes de Casino au 2ème trimestre 2012 ont diminué de 3,3% en France.

Adhésion du Venezuela au Mercosur
Le Nouvel Obs rappelle que "l'entrée dans le marché commun regroupant l'Argentine, le Brésil, l'Uruguay et le Paraguay du pays disposant des plus importantes réserves de pétrole au monde a été approuvée en juin après la suspension du Paraguay – dont le Sénat bloquait l'intégration du Venezuela depuis 2006 – suite à la destitution de l'ex président Fernando Lugo. C'est pour Hugo Chavez la réalisation d'un de ses objectifs géostratégiques : intégrer un groupe comprenant deux géants économiques et représentant 75% du PIB de l'Amérique du Sud." Néanmoins, souligne Le Monde, "le duo Argentine-Brésil n'est pas comparable au moteur franco-allemand de l'UE.... Un géant (le Brésil représente 70% du PIB du Mercosur), un pays moyen (Argentine) et deux petits pays (Paraguay, Uruguay) peinent à marcher ensemble et à concilier leurs intérêts…Ces faiblesses minent l'attractivité du Mercosur. Les investisseurs misent sur le Brésil, son potentiel et son immense marché, pas sur l'espace commun aléatoire formé avec ses voisins." Cependant, selon La Croix, "dans ce double contexte de concurrence et de crise économique internationale, la rente pétrolière du Venezuela peut être considérée comme un précieux atout pour un Mercosur un peu en perte de vitesse."

Le "procès du siècle"
Selon Libération, "c'est un procès historique" qui s'est ouvert à la Cour Suprême de Brasilia. Il porte sur "le scandale de corruption et de détournement de fonds publics le plus osé jamais intercepté au Brésil", dixit le procureur général, "qui a entaché les très populaires années Lula." L'affaire dite du "mensalaõ" éclate en 2005, nous rappelle L'Express, "le Parti des Travailleurs (PT) du président Lula est accusé d'avoir mis en place un système de corruption en achetant, entre 2002 et 2005, le vote de certains membres du Congrès, en échange d'un mensalaõ, en portugais une 'grosse mensualité'". En tout, au moins 17 millions d'euros auraient été versés à des députés de la coalition au pouvoir. D'après Le Nouvel Obs, les 38 accusés devront répondre d'enrichissement, de blanchiment d'argent, de corruption et de fraude, délits qui pourraient leur valoir jusqu'à 45 ans de prison. Les premières condamnations sont attendues à la mi-septembre.

Selon Le Monde, "le Brésil ne parvient pas à endiguer la corruption politique, un fléau ancré dans la politique locale." Et il rappelle que "la présidence de Fernando Collor de Mello (1990-1992) a été décisive pour la condamnation de la corruption. La bourgeoisie et les médias, qui l'avaient soutenu, se sont dressés contre l'appétit insatiable de son entourage. La jeunesse, indignée, est descendue dans les rues pour demander sa révocation. … M. Collor de Mello finit par jeter l'éponge, mais le Sénat le prive de droits civiques pendant huit ans. Et pourtant, en 1994, la Cour Suprême le blanchit, faute de preuve." Ainsi, "le cas de l'ancien président Collor de Mello l'a montré, la lutte contre l'impunité est loin d'être gagnée. D'où l'importance du verdict de Brasilia." Verdict qui devrait tomber juste avant les élections municipales d'octobre.

Pascale Florant (www.lepetitjournal.com – São Paulo) mercredi 15 août 2012



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