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JEUX OLYMPIQUES - Patrick Kanner a rencontré les entreprises françaises présentes à Rio 2016

Par Lepetitjournal Rio de Janeiro | Publié le 14/08/2016 à 22:05 | Mis à jour le 15/08/2016 à 01:17

Accompagnant dans un premier temps François Hollande à Rio, le ministre de la Ville, de la jeunesse et des sports y a prolongé son séjour la semaine dernière afin de rencontrer, grâce à Business France, quelques entreprises françaises participant aux jeux Olympiques.

Les jeux Olympiques de Rio, ce sont bien entendu les athlètes qui y participent, mais ce sont aussi les entreprises qui les font. Et de ce côté-là, les médailles ont été distribuées avant la compétition, notamment pour plusieurs sociétés françaises, l'occasion pour Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la jeunesse et des sports de venir les saluer la semaine dernière lors d'un rendez-vous organisé par Business France à La Maison.

Selon Patrick Kanner, 25% des appels d'offre menés pour Rio 2016 ont été remportés par des entreprises étrangères, dont une quarantaine est française, soit un résultat aussi bon que les Japonais, Américains et Chinois. Mais la France peut faire mieux au sein de sa filière sport et pour cela, les entreprises françaises doivent apprendre des anglo-saxons en "chassant en meute", agissant pour être plus efficaces ensemble.

"Le Brésil, pays où il fallait être"
Le fer de lance des entreprises françaises à Rio 2016 est sans conteste GL Events dont le président, Olivier Ginon, accompagnait la délégation officielle française. Celui-ci a raconté comment sa société était arrivée il y a dix ans au Brésil en tant qu'entreprise moyenne. GL Events a obtenu pour les jeux Panaméricains la concession du Riocentro pour 50 ans. "Peu après, le Brésil a obtenu la Coupe du monde et les jeux Olympiques, cela a été le jackpot, c'était le pays où il fallait être", a indiqué Olivier Ginon.

Depuis, l'entreprise française a investi 20 millions d'euros entre Rio et São Paulo. Pour les jeux Olympiques, elle gère donc toujours le Riocentro (avec l'ajout d'une arène en plus et d'un hôtel) ainsi que la HSBC Arena, au sein du parc olympique, qui accueille les épreuves de gymnastique, sans oublier sa présence dans le secteur de la réception, soit un total de 40 contrats. "Quand on voit la signalétique de Rio 2016 ou certaines installations comme l'arène de beach-volley, on voit que cela n'a pas été terminé, alors que nous, nous proposons des produits finis", a observé Olivier Ginon.

"Le Brésil est un pays difficile pour des exportateurs immédiats"
Pour Sébastien Brunet, responsable Amérique latine de GL Events, si l'entreprise a réussi ses Jeux, c'est aussi parce qu'elle est "perçue comme une société brésilienne avec des méthodes internationales". "Le Brésil est un pays difficile pour des exportateurs immédiats, on ne peut pas systématiquement livrer des prestations sans éléments brésiliens", a-t-il détaillé, estimant ainsi que les investissements anciens de GL Events localement lui ont permis d'entrer en compétition en tant que "concurrent brésilien". Et, selon lui, il a fallu être compétitif pour remporter des contrats sur Rio 2016, d'autant plus que les contraintes budgétaires ont été difficiles, les JO jouant de malchance entre le contexte économique et politique, Zika ou encore l'insécurité.

D'autres entrepreneurs français sont venus confier leur réussite. Parmi ceux-ci, Airstar do Brasil, filiale brésilienne d'Airstar, une "toute petite entreprise" de cinq-six employés arrivée il y a dix ans sur place et qui a réussi à s'imposer dans la vente et la location de matériel (hébergement et éclairage) pour de grands événements dont les JO. Même son de cloche pour Lagardère Sports, récent venu au Brésil (2014) et basé à São Paulo. Après deux premières années à se "tropicaliser", et la prise en charge de la gestion des stades de Belo Horizonte et Fortaleza, "2016 va être une bonne année et nous allons consolider notre présence en récupérant de nouveaux stades", a annoncé Aymeric Magne, responsable de Lagardère Sports au Brésil. Aux JO, cette dernière s'est notamment occupée des loges et du catering pour les matchs de football.  

"Chasser en meute est primordial pour gagner des marchés"
Pour Abeo, les choses ont été en revanche mi-figue, mi-raisin. Ce spécialiste français des équipements de sport en B to B a participé à ses 14e JO, essentiellement du côté de la gymnastique via sa filiale Gymnova, qui fournit tous les équipements de la discipline ? représentant 50 containers qui reviendront en Europe après la compétition. Mais si la société a bien tenté d'en profiter pour s'implanter au Brésil, cela a été un échec. "Nous avons créé une filiale à Rio, mais c'est une coquille vide qui sera fermée à l'issue des Jeux, le marché brésilien des équipements sportifs n'a pas décollé. Nous avons équipé quelques sites de manière marginale, mais il n'y a aucune perspective au Brésil nous concernant, nous avons déchanté", a confié Olivier Estèves, président d'Abeo.

Si le bilan des JO reste bon, Olivier Ginon, a appelé ses homologues à s'organiser sous la même bannière pour ce type d'événement : "Chasser en meute est primordial pour gagner des marchés. Avec l'ambassade, les consulats et Business France, plus on sera en meute, plus l'équipe de France sera forte". Ce ne sera plus au Brésil désormais, car le cycle sport y est terminé, même si le pays reste un marché très important, mais les autres pays d'Amérique latine peuvent être atteints après avoir travaillé au Brésil.

Corentin CHAUVEL (www.lepetitjournal.com - Brésil) lundi 15 août 2016

- Lire notre compte rendu du passage de Patrick Kanner à São Paulo 

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