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CARNAVAL - L'envers du décor à la Cidade do Samba

Par Lepetitjournal Rio de Janeiro | Publié le 07/02/2017 à 23:05 | Mis à jour le 07/02/2017 à 13:58

A n'en pas douter, les télévisions du monde entier montreront certainement quelques images des défilés des écoles de samba qui auront lieu pendant le carnaval de Rio. On retiendra alors le faste, les paillettes, les sourires éclatants des reines du carnaval, les airs entraînants de samba sans vraiment songer à l'envers du décor. Reportage à la Cidade do Samba.

L'envers du décor du carnaval de Rio se trouve à la Cidade do Samba. Construite entre 2002 et 2005, elle héberge actuellement 12 des meilleures écoles de samba de la ville. Nichées dans des hangars de 7.000 m², perchées sur quatre étages, ces écoles ont la place nécessaire pour créer des défilés chaque année toujours plus fantastiques et surprenants.

Aujourd'hui, l'école de Tijuca explique que pour mettre en scène ces 80 minutes de défilé, il faut un an de préparation, 20 couturières, 300 personnes à temps plein, 32 modèles de costumes qui seront reproduits 100 fois chacun, 36.000 mètres de tissu, 34.000 plumes, 4.000 participants, 300 percussionnistes, etc. C'est un véritable travail à plein temps, les journées commencent à 9h pour se terminer à 19h, et plus le carnaval approche, plus le temps de travail se rallonge afin que tout soit prêt.

Il y a peu de recyclage des matières premières car la nouveauté est aussi un point essentiel pour gagner la compétition. Toutefois, pour ne pas perdre tout le matériel utilisé, les écoles revendent une partie de leurs produits à celles qui ont de plus petits budgets.

Entre 6 et 12 millions de reais
Pour ces 80 minutes de folie, il faut aussi prévoir un budget qui oscille entre 6 et 12 millions de reais. Pour leur financement,
les écoles peuvent compter notamment sur des subventions versées par la mairie, le sponsoring d'entreprises - non sans controverses à la clé, la vente de costumes aux touristes qui souhaitent défiler, les visites guidées organisées en leur sein et aussi la presse. La chaîne de télévision Globo paye des sommes considérables afin de retransmettre les images dans 160 pays.

Cette réalité est très éloignée des premières écoles de samba créées dans les années 1930 et qui n'étaient alors que de simples groupes de percussionnistes et de danseurs qui paradaient en uniforme durant le carnaval. Fonctionnant à l'échelle d'une favela ou d'un quartier, le but de ces regroupements était bien de s'amuser. D'ailleurs, devant chaque nom des écoles demeure encore le sigle G.R.E.S, Grêmio recreativo escola de samba, comprenez Groupe récréatif école de samba. Très vite des compétitions ont été organisées et les écoles au fil des années se sont structurées, développées avec pour objectifs de se distinguer des autres et montrer leur talent.

Un phénomène national
Le phénomène des écoles de samba ne touche pas seulement les Cariocas mais est national. Nombreux sont les Brésiliens qui à l'image du football ont leur école de samba favorite. Le mercredi, jour de l'élection de la meilleure école, le pays retient son souffle. Il y a non seulement un jugement professionnel, mais aussi populaire. Et du fin fond de l'Amazonie, le défilé est regardé attentivement. La presse aussi porte son propre jugement et le Globo attribue chaque année un "Estandarte de ouro", un prix non officiel remis à chaque figure emblématique des défilés.

D'une simple réunion de musiciens et de danseurs est née une véritable entité économique à l'organisation rigoureuse. Une fois les festivités terminées, il faut déjà penser à la prochaine édition. C'est au "carnavalesco", c'est-à-dire le metteur de scène, de trouver un nouvel "enredo" (thème). Auparavant les thèmes devaient être attachés à l'histoire du Brésil, mais aujourd'hui les écoles ont une totale liberté. Sans nul doute, les thèmes pour le carnaval de 2018 sont déjà trouvés.

Dès lors tout s'enchaîne?
Le thème choisi, il faut l'illustrer et imaginer une mise en scène avec différents tableaux comprenant personnages, objets, costumes et chars allégoriques. Dès le mois de juin, les prototypes sont réalisés. Puis vient l'écriture de la musique, support essentiel du défilé. Il faut à chaque fois trouver un air entraînant et facile à retenir pour les 4.000 personnes qui devront le chanter pendant la parade. En octobre, la chanson est enregistrée et les répétitions peuvent dès lors commencer.

Côté technique, le travail s'intensifie, les heures ne sont plus comptées jusqu'à la dernière vis posée, le dernier point de col et le dernier bouton cousu. Les chars sont mis en place la veille du défilé avenida Presidente Vargas, dans le Centro de Rio, et quelques heures avant le grand show, les artistes se parent de leur costume et se chauffent la voix pour donner le meilleur.

Aujourd'hui, l'école de samba est devenue une entreprise à part entière et gagner le défilé n'est plus seulement une fierté, mais est devenue une nécessité économique. Toutefois, elles restent attachées à leur quartier et continuent pour la plupart à jouer un rôle associatif auprès des communautés défavorisées.

Aude DU CREST (www.lepetitjournal.com - Brésil) Rediffusion

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