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OLIVIER ROY MARTIN - "Cela n’a pas été évident de trouver des Québécois à Rio"

Par Lepetitjournal Rio de Janeiro | Publié le 01/08/2016 à 22:05 | Mis à jour le 06/01/2018 à 23:52

 

Jeune journaliste, ce Québécois a débarqué il y a un mois à Rio afin d'y suivre un échange universitaire, mais également d'arpenter la ville à la recherche de reportages à réaliser sur la francophonie pour le compte du Micro (Mouvement des intervenants en communication radio de l'Ontario), qui supporte les radios francophones communautaires de cette province du Canada. Il se confie sur son expérience brésilienne au Petitjournal.com.

Lepetitjournal.com : Comment êtes-vous arrivé à Rio ?
Olivier Roy Martin :
Il y a un an, j'ai décidé de faire un échange de six mois avec mon université à la PUC de Rio, pour effectuer ma dernière session de Bachelor liée au Brésil. En plus, cela tombait pendant les Jeux olympiques et un an plus tôt, j'avais couvert comme journaliste au niveau national, pour 27 radios canadiennes, les Jeux panaméricains et parapanaméricains de Toronto. Je suis donc venu ici avec également un plan de couverture de la francophonie durant les Jeux olympiques et paralympiques pour au minimum cinq radios et 27 au maximum. Mes reportages seront d'ailleurs aussi diffusés sur Radio Prazeres, de la communauté de Prazeres, à Rio. Je suis donc ici étudiant et journaliste à la fois.   

D'où venez-vous au Canada ?
Je viens d'un petit village à l'est du Québec. Là où j'ai grandi, je n'avais aucun voisin à moins de 500 mètres. Autour de chez moi, il n'y avait que de la forêt, alors le silence de ma jeunesse est tout à fait en contraste avec le vacarme de Rio ! Mais cela ne me dérange pas pour autant, parce que j'ai une souplesse d'esprit qui me permet de m'adapter à toutes les situations. Ces dernières années, j'ai déjà travaillé au Manitoba et en Nouvelle-Ecosse avant de commencer ces études internationales où j'ai appris le chinois et le portugais sur les conseils d'un ami, car la Chine et le Brésil étaient alors en croissance très forte. Cela m'a amené notamment à passer trois mois en Chine il y a deux ans. Quand je suis revenu, j'ai eu un poste de réalisateur radio dans l'Alberta avant d'arriver en Ontario pour ma dernière expérience radio en date. Cette année, j'étais à l'université à Québec pour mon Bachelor.

Quelle était votre impression du Brésil avant votre arrivée ?
Quand je suis arrivé à Rio, je me suis demandé où était le Christ Rédempteur parce que je le voyais partout, sur toutes les photos. Je pensais donc le voir tout le temps, mais en arrivant, je ne le voyais pas, je ne voyais que de la brume. Cela m'a frappé de ne pas le voir tout de suite ! J'ai tout étudié sur le Brésil avant de venir, de l'histoire à la géographie en passant par la musique, mais ce qui m'avait le plus marqué, c'était le Christ Rédempteur.

Vous vous êtes montrés très actifs depuis votre arrivée ?
J'ai déjà créé 25 reportages, dont certains grâce à la lecture du Petitjournal.com Brésil ! Cela m'a permis de voyager partout dans la ville à travers la francophonie de Rio.

Vous saviez déjà beaucoup de choses en arrivant, qu'avez-vous appris de plus ?
J'ai beaucoup appris dans le ressenti. Je savais, mais je ne comprenais pas les choses. Savoir, c'est bien, comprendre cela implique d'aller vers l'autre, de s'ouvrir et de saisir ses émotions, ses frustrations, ses rêves, ses joies. Depuis que je suis ici, je comprends mieux comment les Brésiliens voient le monde, perçoivent les choses, font face à la corruption, etc., comment ils savent profiter de la vie, notamment en tournant toujours les choses au ridicule. Rire du mal, on pourrait apprendre cela nous les Canadiens, on serait peut-être moins déprimé !

Pouvez-vous nous en dire plus sur la communauté québécoise de Rio ?
En fait, j'ai eu des difficultés à la rencontrer. J'ai rencontré quelques personnes à l'Ecole Québec, où je travaille comme professeur, mais la plupart des autres enseignants ne sont pas québécois. Cela n'a donc vraiment pas été évident de trouver des Québécois ou alors je n'ai pas cherché aux bons endroits ! C'est comme s'il n'y avait que la communauté française qui était aussi bien organisée, avec des événements, etc.  

Avez-vous été surpris par cette présence importante de la francophonie à Rio ?
Depuis l'épisode de Villegagnon, je ne pensais pas du tout qu'il y avait une présence francophone ainsi, c'était une vraie surprise. Au départ, quand ma patronne m'a dit de faire une vingtaine de reportages sur la francophonie à Rio, je n'étais pas très rassuré, je me demandais comment j'allais faire ! Mais tout va bien, j'ai réussi à les faire et je pourrais encore continuer. Il y a une diversité fantastique !

Question climat, est-ce qu'il a été difficile de vous adapter ?
Ce qui me fait vraiment rire ici, c'est que, certes, c'est l'hiver, mais je vois des Brésiliens avec des manteaux alors qu'il fait 18°C ! Au Canada, quand le printemps arrive et qu'il fait une belle journée ensoleillée avec 10°C, on voit des gens en culottes courtes, même s'il y a encore de la neige ! Alors nous, en voyant les Brésiliens avec des manteaux maintenant, on se dit : "Ah ils ne savent pas ce qu'est l'hiver !". Moi-même, je suis très confortable avec la température de Rio. Je pensais que cela allait être pénible, que j'allais suffoquer, mais il fait 20°C, c'est parfait. Je sais qu'il fera beaucoup plus chaud en été, pour la fin de mon séjour, mais le reste du temps, cela sera très bien.

Pour finir, qu'est-ce qui vous plaît le plus à Rio jusqu'à maintenant ?
Cela fait très gringo, mais ce que j'ai préféré pour le moment, c'est de pouvoir arriver à la plage, notamment celle de Barra da Tijuca, louer pour presque rien une chaise et un parasol, et que quelqu'un vienne me servir de la bière et de la nourriture. J'ai trouvé cela fantastique ! Mon autre coup de c?ur, c'est la montée du Corcovado jusqu'au Christ Rédempteur. J'ai bien aimé faire du surf aussi, et fréquenter les botequim. Cette habitude des Brésiliens de sortir une chaise et une table sur le trottoir, c'est mignon. Puis enfin, un beau moment que j'ai vécu, c'est le lancement de la campagne municipale de Marcelo Freixo (Psol). Ce jour-là, je crois avoir saisi quelque chose du Brésil : une frustration, un désir de changement qui ne vient pas, mais avec toujours de l'espoir.  

Propos recueillis par Corentin CHAUVEL (www.lepetitjournal.com - Brésil) mardi 2 août 2016

- Voir le site du Micro

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