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ANNE-LAURE FERROIR - "Les Brésiliens peuvent miser sur le vin effervescent car le rapport qualité/prix est très bon"

Par Lepetitjournal Rio de Janeiro | Publié le 12/07/2016 à 22:05 | Mis à jour le 13/07/2016 à 14:10

 

Ingénieure de formation en énergie en France, après avoir voyagé aux Etats-Unis et en Chine, Anne-Laure Ferroir a tout lâché pour partir à la découverte de l'Amérique du Sud, notamment au Brésil, et plus précisément de son vin, il y a un an. Elle raconte auprès du Petitjournal.com son retour à l'authenticité, au partage et à la simplicité.

Lepetitjournal.com : Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Anne-Laure Ferroir : J'ai fait des études d'ingénieur en énergie, j'ai travaillé en tant que tel durant cinq ans. J'ai ensuite travaillé en tant que consultante en "Risk Management", coordinatrice de projet de qualification et inspectrice en contrôle qualité produit, aux quatre coins de la France, de l'Europe et même du monde. J'ai des expériences professionnelles aux Etats-Unis et en Chine. Cette vie était passionnante, mais je finissais par me perdre moi-même dans cet engrenage fou. J'ai donc décidé de tout lâcher pour partir à l'aventure, à la découverte de l'Amérique du Sud. J'avais envie d'y aller depuis des années et je voulais me consacrer à ma passion pour le vin. J'ai donc construit ce projet pendant plusieurs mois. Je suis retournée à l'université de Dijon pour avoir des bases en oenologie et avoir une certaine crédibilité avant de pouvoir prétendre travailler dans le vin. En parallèle, j'ai cherché quelques contacts sur place. L'aventure a vraiment commencé l'année dernière, en février, lorsque j'ai décollé pour le Chili.

Quel est l'objectif de ce voyage ?
Ce voyage avait plusieurs objectifs. Tout d'abord, il s'agit d'un voyage personnel pour découvrir les différents pays et cultures. Au niveau de l'oenologie, c'est un voyage sensoriel à la découverte du vin et de la gastronomie qui va avec. Enfin, il s'agit aussi d'un voyage à issue professionnelle. J'envisage de travailler dans le vin, soit dans le commerce international, soit dans l'oenotourisme. Dans tous les cas, j'ai envie de partager ce que j'ai pu découvrir au Brésil, Chili et en Uruguay. 

Parliez-vous portugais et espagnol avant votre départ ?
Récemment, je parlais seulement anglais et le français. Mais j'avais commencé à apprendre le portugais un an avant de partir. A la base, j'ai appris cette langue pour le plaisir et j'ai rapidement progressé en étant immergé au Brésil. Il était important de parler la langue, notamment pour pouvoir sortir des sentiers touristiques. Aujourd'hui, je ne peux pas dire que je suis trilingue, mais je pense que je me débrouille assez bien en portugais et en espagnol. 

Quelles sont vos impressions sur le vin brésilien ?
Le vin brésilien n'a rien à voir avec ce qu'on connaît en France. On parle davantage de bières ou de cachaças au Brésil. Mais j'ai eu la chance de faire de belles découvertes au sud du Brésil. Il s'agit essentiellement de vins mousseux. En France, on peut s'inquiéter, à la différence du champagne, le mousseux brésilien a un très bon rapport qualité/prix. Le plus étonnant, c'est qu'il y a une petite enseigne, qui s'appelle Téta lando, qui a le droit d'utiliser l'appellation "Champagne". Il s'agit d'un véritable champagne brésilien. 

Est-ce du bon vin ?
Généralement, on trouve peu de bons vins au Brésil et il est très cher. Néanmoins, on en trouve dans la région de São Joaquim, dans l'Etat de Santa Catarina. Les vignobles sont en altitude et on a du bon vin rouge, qui va ressembler à ce qu'on peut produire en France, c'est-à-dire qu'il est bien plus tannique que ce que les Brésiliens ont l'habitude de boire. En règle générale, on retrouve du "vin de table", qui est pour nous, Français, un peu léger. On trouve également quelques perles dans la région d'Ouru Sanga, où on fait du bon vin blanc, sec et fruité. La vraie valeur ajoutée du Brésil, ce sont donc les espumantes, soit les vins effervescents.

Où est-ce qu'on produit du vin au Brésil ?
On va dans le Sud, dans l'Etat du Rio Grande do Sul, pas loin de Bento Gonçalves, c'est-à-dire là où on produit des espumantes. Dans le Nord, on produit également du vin, dans la vallée de São Francisco, à proximité de Petrolina. Je n'y suis encore pas allée, mais il paraît qu'il s'agit d'un vin de table de moyenne qualité.

Les Brésiliens sont-ils de grands consommateurs de vin ?
Ce ne sont pas absolument pas de grands consommateurs de vins. Pour donner quelques chiffres, la consommation annuelle des Brésiliens est de 68 litres de bières, 24 litres de cachaça et moins de 2 litres de vins. Ils ne sont pas habitués à boire du vin et le coût est encore trop élevé pour qu'ils puissent y avoir pleinement accès. Ceux qui ont tendance à boire du vin privilégient le vin chilien ou argentin car on ne sait encore que trop peu que l'on produit du vin brésilien. Enfin, la production est très chère et mal mise en avant. 

Où est-ce que vous situez le Brésil par rapport aux autres pays d'Amérique latine que vous avez visités ?
Je dirais que malheureusement le Brésil est le dernier de la liste pour le vin. Il pleut beaucoup trop pour produire du bon vin. J'ai eu la chance d'aller en Uruguay, au Chili, en Argentine, et c'est bien plus simple de produire du vin du fait des conditions climatiques plus adéquates. La qualité est au rendez-vous. Le problème du Brésil, c'est qu'on peut produire du très bon vin, mais en très grande quantité et très cher. Les Brésiliens peuvent miser sur le vin effervescent car le rapport qualité/prix est très bon.  

Propos recueillis par Pauline RAGUÉ (www.lepetitjournal.com - Brésil) mercredi 13 juillet 2016

- Voir le blog d'Anne-Laure Ferroir

- Voir la page Facebook d'Anne-Laure Ferroir

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