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FORUM EMPLOI 2013 – Entreprises recherchent jeunes Chinois francophones

Par Lepetitjournal Pékin | Publié le 09/07/2013 à 20:05 | Mis à jour le 09/07/2013 à 17:25

Le succès du Forum Emploi 2013 est la preuve de l'engouement des entreprises pour les candidatures des Chinois francophones. Pourquoi cet intérêt envers eux et, surtout, pourquoi ces Chinois désirent tant faire partie d'entreprises françaises ?

Article réalisé en partenariat avec le Club France dans le cadre de la série trimestrielle « Lepetitjournal.com et le Club France de Shanghai donnent la parole aux Chinois francophones ».

Un succès pour une première édition (Photo Club France)

Le Forum Emploi avait lieu ce samedi à Shanghai, Pékin et Wuhan. Si les deux dernières villes l'accueillaient pour la troisième fois, ce n'était que la première édition à Shanghai et, force est de constater, qu'elle a été une belle réussite. Avec pas moins de 21 entreprises présentes et 300 candidats (une centaine de plus que ceux qui s'étaient inscrits sur le site), les résultats de cette édition sont à la hauteur de la qualité des entreprises représentées et des conférences données.
Mais quelle est la raison qui pousse un jeune Chinois à vouloir intégrer une société française ? Pour répondre à cette question, nous avons rencontré quatre d'entre eux.

Li Zhaobin, étudiant à Shanghai Jiao Tong University et secrétaire général de l'Association Sino-Française, nous explique qu'il ne vient pas au Forum pour trouver un travail, « pas encore ». Il vient pour préparer le terrain pour l'année prochaine. Ayant suivi des études en France, à Centrale Nantes, il dit vouloir garder un lien avec ce pays et est conscient que cette double culture qu'il a acquise, notamment durant ses divers stages en France, est un plus pour le monde professionnel.

La double culture est le point fort essentiel de ces jeunes pour SNOP, fournisseur de PSA, qui s'est implanté depuis un an en Chine. « Localiser la production avec le challenge de la différence culturelle » ne peut être rendu possible sans les Chinois francophones qui permettent de faire la « passerelle culturelle » entre le client chinois et une formation de qualité « à la française ».

Des nombreux entretiens tout au long de l'après-midi (Photo Club France)

Liu Bei, quant à elle, est déjà entrée de plein pied dans la vie active. Elle aussi a fait une année en échange universitaire en France et cela fait cinq ans qu'elle est dans une entreprise française. « La mentalité y est différente de celle d'une société chinoise : il y a un esprit plus ouvert, une plus grande facilité à accepter les nouveautés, et un management bien établi ».

Ziqi, ayant étudié en prépa et à l'Ecole des Mines de Nancy, met en avant l'opportunité que représente la Chine pour les compagnies françaises dans une période de crise et l'efficacité des Chinois francophones pour élaborer des stratégies pour leur propre pays tout en gardant également une vision occidentale de par leurs expériences passées.

Trouver le bon candidat (Photo Club France)

C'est également le sentiment des entreprises présentes et particulièrement de Them, une agence digitale qui accompagne ses clients à se développer sur l'Internet chinois. A la recherche de jeunes talents, ils ont surtout besoin de Chinois ayant une expérience française car ceux-ci savent comment leurs compatriotes perçoivent le web et peuvent répondre à leurs attentes plus facilement, que ce soit dans le design du site ou sur les réseaux sociaux. En même temps, les clients de l'agence étant très souvent français, les Chinois francophones ont l'avantage de comprendre la langue et la culture, et donc d'accéder au mieux à leurs souhaits.

Pour d'autres encore, les motivations sont plus vagues mais reflètent leurs ressentis par rapport à leurs années passées dans l'Hexagone. Ainsi, Li Anita a été étudiante à La Sorbonne avant de travailler dans les télécommunications à Paris. Cherchant maintenant un emploi dans le commercial ou les relations publiques à Shanghai, elle veut garder « la liberté et la modernité » qu'elle a pu trouver en France. Certains sont plus axés sur les privilèges en citant également parmi les avantages des entreprises françaises les assurances sociales, plus intéressantes que dans celles chinoises.

Dans un marché de l'Emploi où le taux de chômage des jeunes atteint 16%, ce qui est évident, c'est l'intérêt réciproque et notamment de la part des entreprises qui ne considèrent plus les Chinois francophones comme un simple « plus » pour la société mais réellement comme un élément essentiel à sa performance sur le marché.

Alexandre Pouilly (www.lepetitjournal.com/shanghai) Mercredi 10 Juillet 2013

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