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Dans un mois, la Nouvelle-Calédonie vote pour ou contre la France

Par AFP | Publié le 06/10/2018 à 23:21 | Mis à jour le 06/10/2018 à 23:21
le 4 novembre, 174.154 électeurs de Nouvelle-Calédonie décideront du maintien ou pas de l'archipel au sein de la République française

Dans un mois, le 4 novembre, 174.154 électeurs de Nouvelle-Calédonie décideront du maintien ou pas de l'archipel au sein de la République française, à l'issue d'un processus de décolonisation progressif et inédit dans l'histoire de France.

 

Sous le regard d'observateurs de l'ONU, les électeurs devront répondre à la question : "Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?"

En visite en mai à Nouméa, le président Emmanuel Macron n'avait pas souhaité prendre position sur "une question qui n'est posée qu'aux seuls Calédoniens", avant toutefois d'affirmer que "la France serait moins belle sans la Nouvelle-Calédonie".

Ce scrutin au suspens limité - tous les sondages annonçant une nette victoire des loyalistes dans une fourchette comprise entre 60 et 69% des voix - est prévu par l'accord de Nouméa signé en 1998 par l'Etat, les non-indépendantistes et les indépendantistes.  

Cet accord a doté l'archipel, français depuis 1853, d'un statut unique, qui depuis vingt ans vise à accompagner la décolonisation progressive du Caillou [...].     

Fondé sur le rééquilibrage économique et géographique et sur un partage du pouvoir politique entre Kanak et Caldoches, les accords de Matignon de juin 1988 ont initié l'émancipation de la Nouvelle-Calédonie, que l'accord de Nouméa a consolidé dix ans plus tard.           

Le préambule de l'accord de Nouméa, affiché dans toutes les écoles, a en outre reconnu "les ombres et les lumières de la colonisation" et l'identité du peuple kanak, jadis "confisquée". Mais il reconnaît également "la légitimité à vivre sur ce territoire" des autres communautés, grâce à "leur participation à son édification et son développement".         

L'accord a également limité le corps électoral référendaire. Pour pouvoir voter, il faut notamment justifier d'une résidence continue en Nouvelle-Calédonie depuis au moins le 31 décembre 1994. Ainsi, quelque 35.000 électeurs de la liste générale (présidentielle, législatives, municipales) ne pourront pas participer au scrutin du 4 novembre.                 


Campagne feutrée

Si la Nouvelle-Calédonie s'est profondément transformée au cours des dernières décennies, en termes d'infrastructures publiques, de développement de l'industrie minière du nickel ou d'insertion des Kanak dans l'économie, le vivre-ensemble demeure le principal défi de cette île marquée par de fortes inégalités sociales.         

Malgré les craintes que le référendum ne réveille les antagonismes, la campagne se déroule pour l'instant sur un ton feutré, sans débat exalté ni slogan provocateur. Mais la délinquance d'une fraction de la jeunesse kanak marginalisée fait craindre qu'un fait-divers ne dégénère et embrase la situation.

La droite fait campagne en rangs dispersés. Principale formation, Calédonie Ensemble (droite modérée) martèle que "l'arithmétique électorale ne peut constituer à elle seule une solution politique" et prône "l'émergence d'une petite nation au sein de la grande nation" française. 

Plus à droite, le Rassemblement-Les Républicains et les Républicains Calédoniens militent pour un "Non le plus massif possible" contre l'indépendance, dans une campagne dont le point saillant fût mi-septembre la visite de Laurent Wauquiez.        

De son côté, le FLNKS (Front de Libération Nationale Kanak Socialiste), formation historique de la lutte kanak, défend le projet d'une "Kanaky-Nouvelle-Calédonie souveraine", qui prévoit, une fois l'indépendance votée, de "négocier les interdépendances" avec la France et des pays de la région.        

Avec pour slogan "Affichons nos couleurs", la coalition indépendantiste invite ses militants à déployer partout le drapeau kanak, une flèche faitière dans un soleil sur fond bleu, rouge, vert.        

Dans le camp séparatiste, seuls le parti Travailliste (proche de l'extrême gauche) et le collectif de Gossanah, qui s'était opposé en mai à la venue d'Emmanuel Macron à Ouvéa, ont choisi de "ne pas participer à ce référendum", qualifié de "bidon".           

Si le non l'emporte, l'accord de Nouméa permet l'organisation d'ici 2022 de deux autres référendums d'autodétermination.
 

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