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Le rodéo, ADN du pays

Par Véronique Mézille | Publié le 17/08/2018 à 05:46 | Mis à jour le 17/08/2018 à 05:52
La célèbre foire de Bourail vient de fermer ses portes. L’occasion pour nous de revenir sur l’une de ses attractions phares : le rodéo.

La célèbre foire de Bourail vient de fermer ses portes. L’occasion pour nous de revenir sur l’une de ses attractions phares : le rodéo.

C’est l’attraction phare de la foire de Bourail, de la fête du Bœuf de Païta et de toutes fêtes broussardes qui se respectent. Bien plus qu’un spectacle ou une compétition sportive composée de différentes épreuves issues du travail des cow-boys dans les ranchs, le rodéo fait ici partie de l’ADN du pays. Rencontre avec Patrick Greppo, président du comité des fêtes de Païta et passionné de rodéo qui nous dit tout sur cet incontournable.

Pour les non-initiés, qu’est-ce qu’un rodéo ?

Le rodéo est, tout à la fois, un spectacle et un événement sportif composé de différentes épreuves issues du travail des cow-boys dans les ranchs. C’est l’occasion de retracer la vie du stockman calédonien et le rodéo fait entièrement partie de cette vie. Il y a souvent  2 grandes épreuves, l’une issue du  Bronc Riding, c’est-à-dire la monte du cheval, autrefois sauvage (nommé Bronco aux États-Unis) et  le Bull Riding, la monte du taureau. Et puis les animations comme le bulldogging, le barrelracing mais avec une moto contre un cheval. 

Quelles sont les caractéristiques de ces épreuves ?

La monte du taureau et du cheval sont des épreuves du rodéo dans laquelle le rider doit monter un taureau ou un cheval et se tenir avec une seule main pendant huit secondes. Le rider se tient à une bullrope, corde tressée à plat, munie d'une poignée renforcée de cuir. Durant la monte, le rider ne peut se toucher ni toucher l’animal de sa main libre sinon il est disqualifie. Ce n’est donc pas seulement le temps de monte qui compte. Un pointage est attribué avec une note où sont jugés le temps, le style, l’agilité et la facilité avec laquelle il est monté. 

Qui sont les rodéo men ?

Depuis quelques années, le monde du rodéo s’est organisé en deux fédérations qui présentent les candidats aux rodéos, en fonction du nombre de bêtes à monter, cette année, 14 bœufs et 14 chevaux. Ce ne sont pas les mêmes qui montent les chevaux et les bœufs. Ce n’est pas toujours facile de se former en Nouvelle-Calédonie. Il faut faire venir des professionnels d’Australie pour former les jeunes, pour faire évoluer le rodéo, pour l’améliorer. Les 2 fédérations organisent des rodéos internes avec des cours mais cela coûte cher de faire venir ces professionnels. Mais on commence à voir des jeunes qui sont vraiment bons. 

Comment sont sélectionnées les bêtes ?

On fait confiance à la personne qui les élève et les prépare. Sur le territoire, ils sont 2 à le faire : José Leroy et Patrice Pain. Quant à moi, je suis les autres rodéos du pays, comme le dernier à la Foire de Koumac, et je regarde ce que donnent les bêtes en action.

Aux origines du rodéo

On associe les rodéos à la culture américaine, mais en réalité, ils ont été introduits par les éleveurs espagnols et mexicains. Issu de l’espagnol « rodear » qui signifie « encercler », son but originel était le rassemblement des animaux du ranch afin de les marquer au fer, de les soigner ou encore de les vendre. Le rodéo n’était alors pas un événement sportif, mais faisait partie intégrante de l'élevage des veaux.

En 1882 William F. Cody, plus connu comme Buffalo Bill, créa le premier grand rodéo et le premier spectacle Wild West à North Platte, Nebraska. Celui-ci acquit une popularité énorme à New York, Chicago, Boston et Philadelphie, mais aussi à en Europe, Cuba, Amérique du Sud et Extrême-Orient dans les années 1920 et 1930.

En 1910, plusieurs grands rodéos ont été établis dans l'ouest de l'Amérique du Nord, comme le Stampede de Calgary, le Pendleton Round-Up, et les Cheyenne Frontier Days. Madison Square Garden a organisé des spectacles qui ont eu un énorme succès parmi la foule.

Ce n’est pourtant devenu un sport qu’en 1929 lorsque des associations se sont formées organisant formations, stages et compétitions.

Les différentes disciplines du rodéo

Barrel racing
Bien que la course entre les barils semble être moins épuisant pour les nerfs que le rodéo, cette discipline n'est pas un jeu de tout repos. Il s'agit d'un sport hippique américain très populaire qui exige de grandes capacités équestres.
Dans le barrel racing, ou course entre les barils, le concurrent entre dans la piste à toute allure en enclenchant le chronomètre. Il suit un parcours en forme de trèfle à quatre feuilles et arrête le chronomètre en quittant la piste.
Il est permis de toucher les barils, mais il ne faut pas les renverser. Dans ce cas, le concurrent est pénalisé de cinq points. La victoire étant parfois très serrée, un baril renversé peut être désastreux pour le concurrent.

Cow cutting
Le cow cutting qui consiste à isoler un taureau, est très populaire aux USA et en Australie. Ce sport a suscité un tel intérêt auprès du public qu'on a décidé de fonder la National Cutting Horse Association en 1972.
Le cheval qui isole un taureau applique la même tactique que le chien berger. Il est capable d'isoler un jeune taureau de son troupeau, presque sans l'aide du cavalier.
Cette discipline est plus un test pour le cheval que pour le cavalier. Ce sport est né de la nécessité de séparer un animal du bétail pour lui donner des soins médicaux ou pour le marquer au fer rouge. Une fois que le cavalier a désigné le taureau au cheval, celui-ci dispose de deux minutes et demie pour l'isoler. Un bon cheval anticipe mieux aux réactions du taureau et réagira plus vite.

Calf roping  
Le calf roping qui consiste à attraper des veaux avec un lasso, est issu du travail au ranch. Les concurrents s'affrontent entre eux contre la montre. Dès que le cow-boy a mis son  lasso autour du veau, il descend et s'approche de l'animal. Après que le veau est couché sur son flanc, le cow-boy attache trois de ses pattes avec une corde de 2 m. Au calf  roping, un dixième d'une seconde peut faire la différence.

Team roping
Le team roping qui se joue en équipe est la seule discipline de rodéo pratiquée par deux coéquipiers. L'un attrape la tête du taureau, tandis que l'autre immobilise ses pattes.
Un des cavaliers attrape les cornes avec son lasso et fixe ce dernier autour du pommeau de la selle. Il dirige ensuite le  taureau vers la gauche pour permettre à son coéquipier d'attacher les talons de l'animal avec sa corde. Ce dernier geste exige une grande précision. Lorsque les deux concurrents ont attrapé le taureau, ils arrêtent leurs chevaux et le taureau et se regardent. C'est à ce moment-là que le chronomètre est arrêté.

Bulldogging
Ce sport exige que le cow-boy saute de son cheval sur le dos d'un taureau de 450 kg avant de l'attraper par ses cornes, de l'immobiliser par terre. Si les membres et la tête du taureau se trouvent dans la même direction, le combat est  terminé. Le cow-boy est assisté par un " hazer " (assistant à cheval qui court du côté droit du taureau pour le maintenir en ligne droite).
 

Véronique Mézille

Véronique Mézille

Rédactrice en chef, ethnologue et journaliste de métier, Véronique avoue une passion : l'humain. Son domaine de prédilection : la vie des gens, le journalisme de proximité.
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