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Colmas, la glisse de père en fils

Par Véronique Mézille | Publié le 09/07/2018 à 00:37 | Mis à jour le 09/07/2018 à 00:52
Colmas père et fils Paddle

Ce n’est pas un hasard si Clément Colmas, nom désormais bien connu des Calédoniens férus de SUP, est en passe de devenir un champion dans sa discipline. Il a de qui tenir ! Son père, Jean-Louis Colmas, Jean-Lou comme on le surnomme, lui a transmis le virus de la glisse dès son plus jeune âge. 

14 h. Rendez-vous est donné à la côte Blanche avec nos deux sportifs. Beaucoup de vent et de houle sur le lagon. « C’est génial, s’exclame Clément. On va pouvoir mettre le foil et surfer sur les vagues en downwind. » Jean-Lou, plus calme, la maturité sans doute, sort le matos et accompagne son fils avec une complicité et un plaisir non dissimulés. 

Vos premiers pas sur une planche ?

Clément : j’avais environ 9 ans quand mon père m’a emmené ramer sur la Néra, avec nos chiens. J’ai tout de suite aimé les sensations de glisse. Et depuis, cela ne m’a plus quitté. Dès qu’on prend la première vague, on est accroc.

Jean-Lou : Mon truc à moi, c’était les sensations fortes. L’escalade était, durant mes études en Métropole, ma grande passion. La planche, je l’ai débuté ici à 30 ans, avec la planche à voile d’un copain qui avait d’ailleurs un wishbone en bois. Et ça a été le coup de foudre immédiat.

Qu’est-ce qui vous plaît dans ce sport ?

Clément : Être sur l’eau, glisser voire voler avec le foil. Tu surfes les vagues, c’est toujours différent. Et puis aussi la compétition. Je suis accroc au downwind et au foil. Tu as l’impression de voler, sans rien dans les mains. Pour moi c’est le top en SUP et l’avenir dans toutes les disciplines de glisse !

Jean-Lou : Ma première compétition a été un choc car j’avais une mauvaise planche et je suis arrivé avant dernier. Du coup, j’ai pas mal cogité et depuis j’essaye toujours d’améliorer mon matériel. Je développe des prototypes et c’est un des aspects du paddle que j’aime vraiment. Maintenant, je bosse avec mon fils, Clément, pour peaufiner le matos. Il l’essaye et l’analyse, puis on retravaille dessus. Par exemple, sur les rames de SUP, on est en avance sur le reste du monde ici. Ensuite, bien sûr, il y a le contact avec la mer, la liberté que cela procure. Soit c’est très physique en glisse, soit très convivial en rame, en balade.

Vos performances ?

Clément : J’ai déjà quelques titres ici et en France (vainqueur de la NRJ Pro Cup, de la 5e édition de la Battle of Bourail, de la Bluescope Race 2017, 2e aux championnats de France de SUP Race 14'). J’ai fait ma première compétition internationale l’année dernière, la King of the Cut, l’une des courses longue distance, 24 km, où j’ai décroché une deuxième place, moins d’une minute derrière Titouan Puyo. Mais mon plus beau souvenir c’est ma participation au Columbia Gorge Paddle Challenge qui se déroule sur la Hood River aux USA où j’ai fini 4e. J’ai pour objectif de la refaire cette année, ainsi que les championnats du Monde Molokai 2 Oahu, à Hawaï.

Jean-Lou : Après ma première déconvenue, j’ai très vite amélioré mon matos et fais des podiums, en planche à voile à l’époque. J’ai aujourd’hui 35 ans de pratique de planche à voile derrière moi et 5 médailles d’or aux Jeux du Pacifique. Je suis plusieurs fois champion de Calédonie, 3 fois de France, champion de Nouvelle-Zélande, d’Australie mais aussi d’Italie, gagnant de la Coupe des nations en équipe et 5e au championnat du monde. Maintenant, je prends toujours mon plaisir sur les vagues et dans ma boutique où je shape et vend du matériel de glisse. D’ailleurs, s’il y a du vent, je ferme et je pars sur l’eau !

Un conseil pour les débutants ?

Clément : Prendre une longue planche pour avoir rapidement des sensations. D’une façon générale, il faut avoir une planche assez performante car le mauvais matos décourage facilement. C’est la même chose avec la rame.

Jean-Lou : Débuter par les fondamentaux, c’est-à-dire la planche à voile, car il y a une dérive. Il faut avoir les bases de la navigation.


La Naish Columbia Gorge Paddle Challenge, favorite de Clément

C’est l’une des compétitions les plus appréciées par les riders où le niveau est particulièrement élevé. Presque tous les meilleurs racers internationaux y sont présents. « Il faut ramer sur une rivière, en remontant le courant. C’est le spot parfait », selon Clément. La dernière édition, en 2017, présentait un bon 20 nœuds le samedi pour le Double Downwind et une météo plus clémente pour la Technical du dimanche. Après à peine une heure de course, Bernd s’est emparé de la première manche tandis que Clément Colmas a décroché la 2nde place à une trentaine de secondes derrière. Bernt remporte également la deuxième manche. Les deux jeunes Calédoniens, Noïc Garioud et Clément Colmas, ont été très impressionnants, s’emparant respectivement des 6e et 4e places overall du Double Downwind. Clément finit 8e lors de la Technical Race le dimanche.

Starboard, la marque de Jean-lou

C’est suite à sa rencontre avec le windsurfeur professionnel Sven Rasmussen, vers la fin des années 80, que Jean-Lou monte la marque Starboard. Ensemble, ils partent en Thaïlande pour trouver une usine afin de produire les planches en série. Pendant 5 ans, Jean-Louis Colmas s’occupe de la recherche et du développement technique. Mais « je ne peux plus vivre loin de mon Caillou et dans un pays sans vagues et sans vent ». Il quitte Starboard, qui deviendra par la suite leader sur le marché international du stand-up paddle, pour revenir en Nouvelle-Calédonie où il ouvre son magasin Adrénaline puis Planète Reef Surf Shop. Pour l’anecdote, c’est également lui qui a créé le célèbre logo en forme de tiki de la marque.

 
 

Véronique Mézille

Véronique Mézille

Rédactrice en chef, ethnologue et journaliste de métier, Véronique avoue une passion : l'humain. Son domaine de prédilection : la vie des gens, le journalisme de proximité.
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