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Le véganisme ou le mythe du cri de la carotte

Par Lepetitjournal Nouvelle-Calédonie | Publié le 16/10/2017 à 05:58 | Mis à jour le 16/10/2017 à 06:09
Le véganisme, acte écologique et art de vivre

Enaëlle est d’origine calédonienne, installée en Métropole depuis 10 ans (Mais plus pour longtemps puisqu’elle revient au Pays d’ici la fin de l’année), elle a créé le blog Les élans d’Ena. Passionnée des nouveaux courants de pensée et vie, un vrai petit colibri, elle nous livre ici ses réflexions sur le véganisme. La Nouvelle-Calédonie a également été touchée par ce mouvement ou prise de conscience, qui s’acclimate très bien à la culture océanienne.

 

L’idée de cet article m’est venue en lisant la rubrique de Pierre Lance dans le numéro de septembre du magazine Alternatif Bien-être qui se définit comme « le journal d’informations des solutions alternatives de santé » et qui, très souvent, est rempli d’articles intéressants et de bons conseils.

Le titre m’a interpellée, forcément : « Pourquoi je ne mangerai pas vegan ». Très rapidement, parce que je n’ai pas envie de m’étendre là-dessus, j’aimerais préciser que je trouve cette façon d’aborder un sujet contre-productive, qui n’amène clairement pas à un débat positif encourageant l’ouverture d’esprit. D’abord, et donc? Qu’est-ce que vous défendez? Parlez-moi éventuellement de ce que vous faites et non de ce que vous ne faites pas et ne serez jamais. Je ne vais pas écrire un article qui expliquerait pourquoi je ne serais jamais championne de ski ou pourquoi je ne serais jamais raciste. On s’en fout. Non? Passons brièvement également sur les affirmations extraordinaires de l’auteur qui écrit (je n’invente pas) que s’abstenir de manger de la viande sous prétexte que les animaux sont traités cruellement dans les abattoirs serait comme se détourner de l’amour parce que certaines femmes sont violées…No comment.

 

Ces insupportables vegans…

Non, ce qui a réellement retenu mon attention dans cette chronique, c’est que son auteur affirme que les végétaux sont des êtres sensibles et que, je me permets de citer, « l’illusion de l’insensibilité végétale est évidemment nécessaire aux végétariens et véganiens pour garder la bonne conscience qui leur permet de se croire meilleurs que les autres humains ». C’est un peu agaçant pour un végéta*ien de s’entendre répéter qu’il se croit meilleur que les autres. Pour moi, c’est une forme d’injustice. De celles dont on se remet bien entendu, rien de très grave à cela, mais quand même, pourquoi, parce que je décide de ne plus prendre part à l’exploitation animale, serais-je une prétentieuse méprisante donneuse de leçon ? Voilà pour mon ego froissé. C’est affaire de point de vue.

Ce qui n’est pas subjectif, par contre, c’est la notion de sensibilité chez les végétaux. Ha, le fameux argument du cri de la carotte! Quel végé n’y a pas fait face ? Pierre Lance cite L’intelligence des fleurs, de Maurice Maeterlinck. Il est bon, peut-être, de rappeler la différence essentielle entre intelligence et sensibilité. Oui, Maeterlinck parle dans son livre de cette intelligence qui fait que certaines fleurs sécrètent des substances pour se défendre. L’ingéniosité de la nature semble sans limite et le monde végétal, comme le monde animal, s’évertue à survivre, se reproduire, conquérir le terrain. Mais a-t-on trouvé un système nerveux chez une plante ? L’ortie est-elle dotée de nerfs sensitifs ? La carotte hurle-t-elle sa douleur en silence lorsqu’on l’extraie de terre ? Si les plantes ont une conscience et communiquent via des messagers hormonaux, leur notion de soi et leur structure sont radicalement différentes de celles des animaux. Les plantes n’ont pas de système nerveux. Et il faut un système nerveux pour souffrir. Si vous me ramenez une cervelle de pâquerette conservée dans le formol, promis, je mange une côte de porc…

Mais cette réflexion m’a menée à prendre conscience que si je suis devenue végane par éthique, je ne suis pas certaine que ce soit l’argument le plus convaincant en faveur du véganisme, ou même du végétarisme. Bien sûr, pour moi et pour énormément d’autres personnes, c’est le cheminement principal. La voie qui a initié le changement. Pourtant, je sais que certains regardent les infos à la télé en prenant leur dîner, ne s’émeuvent pas, ou peu, ou pas longtemps, des migrants qui se noient dans la Méditerranée, abandonnent leur chien sur la route des vacances, ou tout simplement (et je m’inclue ici) vivent en essayant de s’encombrer le moins possible d’ondes négatives. Nous avons tous notre quotidien, nos pollutions personnelles, les soucis à gérer et aussi les bons moments, les rires, la joie, l’amour, ce qui fait la vie. Et nous ne voyons pas tous l’animal derrière le steak. Et nous ne considérons pas tous que la vie d’une vache soit aussi importante que celle d’un chien ou du chaton que nous venons d’adopter. C’est ainsi. La sensibilité au monde, à l’autre, à l’animal, est personnelle et différente pour chacun d’entre nous. L’éthique est une notion subjective, soumise à nombre d’arguments pour et contre…Ce n’est donc peut-être pas l’éthique qu’il faut sans cesse souligner.

Parce qu’il y a un argument en faveur du végétalisme, un argument clair, qui se démontre, se prouve, et qui est totalement objectif : celui de l’environnement.

 

Pour en lire plus et découvrir les adresses web d’Enaëlle sur ce sujet : http://leselansdena.fr/veganisme-ecologie/

 

 

 

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