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Les lumières de Noël à Dyker Heights, une tradition depuis les 70’s

Par Laurène Hamilton | Publié le 30/11/2019 à 16:29 | Mis à jour le 03/12/2019 à 19:27
Noël Dyker Heights

La fin de Thanksgiving sonne le glas de la course aux préparatifs de Noël. Tout new-yorkais qui se respecte, connait le pèlerinage de Décembre qui consiste à admirer les lumières de Dyker Heights. Ce quartier huppé de plus de 42,000 âmes en temps normal, devient la Mecque pour tous les amoureux de la magie de Noël. Pour mieux comprendre sa transformation, Le Petit Journal est allé à la rencontre de ses habitants un soir de Novembre.

Les allées sont calmes dans ce quartier reculé de Brooklyn, où les maisons cossues se font face dans un quadrillage coupé au couteau. Les employés de compagnies d’installation de décor s’affairent comme les petits lutins. Perchés sur des échelles, ou les balcons, ils mettent en place un décor qui attirera des milliers de touristes. Les plus grosses décorations sont installées, il y a encore de la place dans la rue pour se garer. Plus pour longtemps…Nous sommes allés à la rencontre d’un de ses habitants Joe Scanio afin de comprendre ce petit quartier d’irréductibles Brooklynites.

Joe, c’est un peu l’histoire de New York. 5e génération d’immigrés italiens avec l’Americain Dream en toile de fond. Un grand-père pizzaiolo, un père dans l’immobilier, puis lui acteur. Joe nous livre ses anecdotes sur son quartier.

 

lepetitjournal.com New York : Depuis combien de temps vivez-vous à Dyker Heights ?

Joe Scanio : Depuis 50 ans ! Ce quartier, c’est une communauté. Je suis un peu un inconditionnel. Le schéma classique pourtant, c’est de finir en Floride.

 

En Floride ?

Oui. Souvent les gens naissent à Dyker, puis partent sur Staten Island, puis le New Jersey avant de finir leurs jours en Floride pour finir dans une maison de retraite. La hausse du prix de l’immobilier n’y est pas pour rien depuis plusieurs dizaines d’années.

 

Cette tradition de décorer sa maison à l’approche des fêtes a-t-elle toujours existé ?

Je dirai qu’elle a commencé à la fin des années 70. A l’origine l’esprit des familles du quartier était vraiment de faire plaisir aux habitants et aux enfants du quartier. J’avais par exemple toute une installation sur le thème de Disney Small World. J’installais tout moi-même ! C’était un boulot monstre. Aujourd’hui certains de mes voisins paient plusieurs milliers de dollars pour installer et stocker toutes ces décorations. J’ai personnellement décidé d’arrêter de décorer ma maison. J’avais à l’époque une urne pour récolter des dons. Un soir de Noël, alors que j’étais à la messe de nuit, on a volé cette boite. J’étais dégouté !

 

Est-ce qu’il y a une compétition entre les maisons décorées ?

Il n’y a pas de compétition formelle. Après je pense que les habitants avec les plus grosses maisons décorées désirent attirer l’attention. Quand on dépense plus de $10,000 entre l’installation, l’électricité et le stockage, il y a souvent beaucoup d’ego en jeu. Certains continuent de garder l’esprit original, qui est de faire plaisir aux enfants. Ce qui a changé, c’est qu’aujourd’hui, on a des gens qui viennent du monde entier pour voir les illuminations. Des américains, des italiens, des russes et …des français !

 

Justement quelle est la perception des habitants du fait de cet afflux massif de plusieurs centaines milliers de touristes ?

Il y a de tout. Mon point de vue est que cette période dure seulement 30 jours. Les habitants devraient se considérer heureux de vivre dans de jolies maisons confortables. Toutes ses illuminations sont censées représenter l’esprit de Noël. Le cœur de cette tradition s’articule autour du partage, de la famille et de la convivialité.

 

Certains riverains se sont plaints de nuisances…

Il y a cinquante ans les gens avaient une seule voiture. Désormais certaines familles ont trois voitures… donc oui forcement le parking devient plus compliqué, mais bon pour un mois ce n’est pas la fin du monde non plus. Le problème, selon moi, ce sont les vendeurs qui s’installent dans leurs camionnettes (pop-corn, etc…). Les trottoirs sont ensuite salis de détritus laissés par des visiteurs peu respectueux. Mais cette année les vendeurs ambulants ne seront plus autorisés.

 

Trouvez-vous que votre quartier a beaucoup changé au cours de ces dernières années ?

Dyker Heights a toujours été très italien et garde un côté communautaire traditionnel. Les gens se connaissent bien. Le quartier est devenu beaucoup plus sûr. A tel point que la Police lève le pied durant l’année, niveau surveillance. Ce qui, selon moi, encourage des braqueurs de voitures potentiels. Il y a 40 ans, personne n’osait braquer une voiture, car certains mafieux habitaient ici. Et mieux valait ne pas s’y frotter…

 

La dernière question, comment célébrez-vous Noël ?

Le 24 au soir on mange le repas des 7 poissons et on va à la messe de minuit. La vraie tradition italienne non ?

 

 

 

 

 

 

 

 

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Laurène Hamilton

Laurène Hamilton

Laurène Hamilton est la fondatrice de New York Prive LLC, ateliers et visites guidées à NYC.
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