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IMMIGRATION CANADA - Comment trouver un premier emploi au Québec?

Par Lepetitjournal Montreal | Publié le 20/01/2015 à 23:00 | Mis à jour le 22/01/2015 à 01:45

 

Lepetitjournal Montréal et Elisa vous présentent la nouvelle chronique « EMPLOI ». Elisa est actuellement recruteuse dans le secteur des technologies de l'information. Elle nous apporte son expertise du monde du travail au Québec pour les nouveaux arrivants mais également des offres d'emploi et toutes autres informations utiles...


L'arrivée au Québec peut être féérique ou douloureuse et cela influencera certainement la durée de votre résidence sur le sol de votre terre d'accueil.

Quitter la France pour venir vivre une expérience outre Atlantique est un projet de longue haleine dont la réussite réside principalement dans sa préparation.
Il est important d'arriver renseigné sur la culture et le management au travail de ce pays si vous souhaitez optimiser et faire durer votre expérience à l'étranger.

lepetitjournal.com de Montréal: Que pensez vous de la situation du Canada face à l'emploi ?

Elisa D: Le Canada est un pays extrêmement attrayant de par sa renommée internationale et la publicité qu'en fait le ninistère de l'Immigration à l'étranger. C'est aussi un pays dynamique qui s'est bien relevé de la crise qu'il a rencontrée dans les années 90.

Le Canada fait 10 fois la France en surface pour moitié moins d'habitants. 80% du pays est de la glace, de ce fait, les grosses villes sont proches de la frontière américaine.
Le Québec, seule province dont la langue officielle soit le français, représente 3 fois la France avec seulement  8 millions d'habitants. Cependant le Canada et le Québec en particulier rencontrent de gros problèmes démographiques. L'immigration est l'une des réponses apportées par le gouvernement au manque de main d'?uvre existant et à venir.

Comme tout nouvel arrivant, la recherche d'emploi va être l'une de vos priorités. Le taux de chômage canadien est de 7.2% et celui du Québec 8.1%. Ces chiffres font rêver, mais sachez lire entre les lignes. Le taux de chômage des immigrants grimpe facilement à 20%.  Faites encore la différence en fonction de votre lieu de résidence, votre nationalité, votre âge et votre sexe. (Voici un lien qui vous donnera un meilleur aperçu sur ce sujet : cliquez-ici ).

Que conseillez vous pour ne pas avoir à faire face aux freins culturels et académiques?

Elisa.D: Les maîtres mots de votre recherche sont patience et réseautage.
Je ne saurais trop vous conseiller de préparer votre venue en entrant en contact, avant votre départ, avec des Français déjà intégrés sur le marché ou des professionnels dans des entreprises que vous aurez ciblées.

Les Québécois utilisent les réseaux sociaux pour se faire connaître et pour se faire embaucher. En tant que Français, nous avons moins la culture du réseautage, or ici elle est essentielle.

Demandez des entrevues d'information pendant lesquelles vous pourrez questionner vos interlocuteurs sur l'état du marché ou sur des pratiques spécifiques. Plus vous vous ferez connaître, plus vous entretiendrez votre réseau, plus vous connaîtrez le marché caché. Les offres que vous voyez ne représentent que 20% des offres actives, alors RESEAUTEZ.

Evidemment cela ne se fait pas en un mois. Ce n'est pas quelque chose à prendre à la légère. Une personne référée sera toujours préférée à un immigrant qui n'a ni référence ni expérience sur le sol québécois.

Pensez vous que le bénévolat, en vogue au Canada, est tout aussi efficace que le réseautage pour trouver un emploi?

On vous conseillera souvent de faire du bénévolat. Certes. Cependant c'est rarement ce qui vous mènera à un emploi mais c'est un bon premier pas pour développer son réseau quand on ne connaît personne. Le bénévolat dans votre secteur d'activité sera plus pertinent que de promener les chiens du quartier le dimanche matin.

Le réseautage mène à la référence. La référence est votre sésame. C'est elle qui va faire passer votre CV au dessus de la pile ou qui va appuyer votre candidature. Elle peut s'acquérir avant même d'avoir déjà travaillé. A votre arrivée, utilisez votre communauté et appuyez vous sur des personnes qui sont déjà bien implantées. Courrez les 5 à 7, salons, vernissages. Diversifiez-vous et soyez créatif dans votre recherche. Dites à vos commerçants, voisins, propriétaires, profs de gym que vous cherchez un emploi. Ne sous-estimez le réseau de personne. Vous devez créer du lien pour arriver à vos fins. Ne dit-on pas que la fin justifie les moyens. Vous avez tout à prouver en arrivant ici alors il faut être audacieux voire opportuniste !

Pouvez-vous nous parler du droit du travail sur le sol canadien?

Le droit du travail est beaucoup plus flexible que celui de la France. Les préavis sont de 2 semaines, on vous embauche du jour au lendemain et parfois seule votre fiche de paye prouve que vous êtes en emploi, le contrat écrit n'étant pas obligatoire.

Que conseillez vous aux nouveaux arrivants?

Il arrive régulièrement que l'expérience à l'étranger ne soit pas reconnue. Il faudra bien souvent commencer par le bas de l'échelle. Au début il faut être patient et accepter des postes en dessous de vos compétences. Vous devez prouver que vous savez vous adapter aux savoirs faire locaux. C'est une importante période de tests pour les nouveaux arrivants. Cela peut durer plus ou moins longtemps. Vous êtes au pays de la méritocratie alors à vous de démontrez que vous savez faire et que vous le faites bien.

Si vous souhaitez de l'avancement dans votre entreprise, demandez-le. Vous voulez une augmentation, demandez-la. Vous voulez des horaires flexibles, demandez-les. Vous voulez travailler sur un nouveau projet, proposez-vous. Mais attention, il ne suffit pas d'être bon, il faut avoir l'attitude qui va avec.

Ne remettez pas en question les pratiques, n'imposez pas de changements et surtout, surtout soyez diplomate. Les Québécois détestent les conflits. N'arrivez pas en conquérant, vous ne ferez pas long feu.

Pouvez vous nous parler des équivalences de diplômes français au Québec?

Certains d'entre vous font peut être partie d'une profession règlementée (ex : infirmière, architecte, comptable, RH etc.). Si c'est le cas, essayez d'obtenir votre équivalence de diplôme avant votre arrivée. Cela vous ouvre en général les portes de votre ordre professionnel. Renseignez-vous sur les conditions d'adhésion qui diffèrent en fonction de chaque ordre.
 
Un critère important selon vous?

L'anglais, l'anglais, l'anglais et l'anglais. BIEN SÛR que l'anglais est nécessaire. Je ne dis pas que vous ne trouverez pas d'emploi si vous ne parlez pas anglais. Mais il est certain qu'on vous testera systématiquement en anglais, à l'oral, à l'écrit, lors de mises en situation.
Les USA sont à une heure de Montréal, c'est le premier partenaire économique du Canada (pays anglophone), vous ne pouvez pas faire sans.

En revanche votre atout => vous êtes natif français. Un bon niveau de langue est souvent apprécié. Et si en plus vous avez un bon anglais professionnel alors vous mettez toutes les chances de votre côté.

Dernier point et non des moindres, le service à la clientèle est ici une valeur très ancrée. En France, c'est un effort. Ici le client est roi, littéralement. Les consommateurs peuvent porter plainte aux services à la clientèle de n'importe quelle compagnie. Vous devez absolument avoir ça en tête et être orienté client, trouver des solutions pour une meilleure satisfaction. Ce dernier point est parfois la cause de licenciement de certains Français. C'est une chose avec laquelle nous avons plus de mal.  Evitez de trop montrer vos émotions face à une situation difficile, cela ne fera que vous pousser dehors. Vous comprenez maintenant le lien avec la diplomatie. Un simple soupir peut vous valoir une réflexion de votre supérieur. Faites attention à qui vous parlez et à qui vous vous confiez.

Et pour nous encourager?  

Je terminerai en vous disant que oui la recherche d'emploi et le maintien en emploi (vocabulaire de RH) ne sont pas toujours simple, mais ce ne l'est pas forcément plus en France. Ici vous aurez beaucoup plus de facilités d'avancement dans votre travail, on vous fera plus confiance et vos responsabilités seront plus élevées.
Le jeu en vaut la chandelle, alors comme ils disent : on lâche pas !!

La Rédaction et Elisa.D (Lepetitjournal.com/Montréal) Mercredi 21 janvier 2015

Elisa est une jeune française, à Montréal depuis bientôt 3 ans. Elle est depuis toujours une grande fervente des voyages, du contact humain et de la découverte de nouvelles cultures. Ses études en Ressources Humaines l'ont amenée à étudier en France, en Espagne et en Angleterre. Après ces découvertes européennes, elle décide de traverser cette immense flaque d'Océan Atlantique pour s'établir au Québec.

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