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Histoires ou légendes, balade dans une Milan inquiétante

Par Inès Daneluzzo-Albertini | Publié le 31/10/2019 à 00:15 | Mis à jour le 31/10/2019 à 08:55
Photo : L’ossuaire de la Basilica San Bernardino © Inès Daneluzzo-Albertini
Ossuaire san bernardino

A l’occasion d’Halloween, découvrez une autre facette de Milan, à travers ses légendes. Entre réalité et fiction, elles résultent de l’héritage et des conséquences de l’histoire.

Milan possède un grand nombre de mythes et de fables. Les plus grandes légendes urbaines naissent quand histoire, lieux incontournables et imaginaire collectif s’associent. Saviez-vous ce qu’il se passait piazza Vetra, ce qui se cache derrière le Duomo, au 3 corso di Porta Romana et dans le parco Sempione ? Promenade dans l’inquiétante Milan en cette période d’Halloween.


La danse macabre de San Bernardino alle Ossa

Probablement la légende la plus inquiétante, au vu des murs intérieurs de l’ossuaire, décorés de véritables ossements humains. Crânes, tibias et fémurs sont disposés de bas en haut sous la splendide fresque signée Sebastiano Ricci.
Avant cette chapelle, construite en 1210, un complexe de santé pour lépreux, l’hôpital Brolo, ainsi qu’un cimetière se trouvaient là. Aujourd’hui, les crânes présents sont ceux de patients, de corps présents dans les tombes, ou de condamnés à mort de l’époque.
La légende rattachée à ce lieu, entre le sacré et le sordide, concerne la fête catholique de la Toussaint. La nuit du 1er novembre venue, des os virevolteraient pour s’assembler. Ainsi se formerait le squelette d’une fillette, qui s’en irait danser dans l’église de San Bernardino. Elle emmènerait avec elle d’autres protagonistes de l’ossuaire et s’en suivrait une sinistre « danse des morts ».


Le Palazzo Acerbi, ou la demeure du Diable

Le Diable vit-il à Milan ? C’est ce que raconte cette dernière légende, forgée siècle après siècle, depuis l’époque où les croyances superstitieuses étaient monnaie courante. Remontons au XVIIème siècle, alors que l’édifice vient d’être rénové selon les codes du baroque lombard par son nouvel habitant, le marquis Ludovico Acerbi. Un aristocrate excentrique qui, malgré l’épidémie de peste qui ravage les rues de Milan ces années-là, donne de grands festins dansants dans la demeure. Dans les rues avoisinantes où règne le spectre funeste de la maladie, on entend, le soleil couché, la musique et les cris joyeux de Ludovico Acerbi et de ses hôtes. À l’époque une rumeur se répand : le maître de maison ne peut être que le Diable en personne. On va même jusqu’à dire qu’il rend ses invités immuns à la l’épidémie puisque les années passent et aucun d’entre eux n’est contaminé.
Plus tard en 1848, la rumeur fut alimentée de nouveau par l’histoire. Le palais baroque fut attaqué par un bombardement autrichien et demeura intact. Un boulet de canon, incrusté dans la façade en est aujourd’hui le témoin, au numéro 3 du Corso di Porta Romana.


Les sorcières de la Piazza Vetra

Lieu milanais à l’histoire macabre, la Piazza Vetra fut témoin de pratiques médiévales barbares. À quelques mètres des colonnes de San Lorenzo, le passé de la place nourrit sa réputation de lieu maudit : des dizaines de femmes et d’hommes accusés de sorcellerie y furent brûlés vifs sur le bûcher, après avoir subi de longues séances de torture infligées par les autorités religieuses de l’Inquisition.
La période d’exécutions la plus prolifique eu lieu entre la fin du XVIème siècle et le début du XVIIème siècle. Alessandro Manzoni dans son essai historique Histoire de la Colonne Infâme raconte cette époque marquée par des condamnations à la pelle.
Derrière la Basilica San Lorenzo Maggiore se cachent ainsi les vestiges d’un pan sombre de l’histoire de l'Eglise ambrosienne, dont tous les documents relatifs furent brûlés en 1788 dans le cloître de Santa Maria delle Grazie. Malgré la disparition des preuves, la légende dit que les âmes parties en fumée errent aujourd’hui autour de la Piazza. Les superstitieux passant par-là s’empressent de conjurer le mauvais sort d’un signe de croix.

 

Le Parco Sempione et la Dama Nera

Le troisième plus grand parc milanais a aussi sa légende : celle de la « Dama Nera », qui raconte les promenades d’une femme-fantôme les soirs d’été. Sa description est fantasmatique : magnifique, élancée et vêtue d’une longue robe noire, le visage de la Dame Noire est caché derrière un voile. Elle semble flotter tant elle se déplace en douceur et légèreté, fuit la présence humaine, et un parfum de violette la suit où qu’elle se rende. Elle serait une âme en peine qui viendrait admirer le reflet du coucher de soleil dans le petit étang du Parco Sempione.
La légende raconte que les imprudents qui l’aperçoivent et tentent de s’en approcher entrent dans un état de transe, jusqu’à suivre la créature jusque dans une mystérieuse villa du parc (dont l’existence n’a jamais été prouvée jusqu’alors), à la décoration très ancienne et dont chaque pièce est éclairée par des chandeliers. Dans la chambre principale se trouverait un cercueil ouvert, où repose le cadavre d’une jeune femme au teint porcelaine et aux épais cheveux noirs, à la splendeur éternellement figée.

 

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