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SOCIAL – La Bienfaisance, au cœur des difficultés des Français

Par Lepetitjournal Milan | Publié le 11/06/2013 à 22:00 | Mis à jour le 12/06/2013 à 12:21

Si l'expatriation est une expérience individuelle particulièrement enrichissante, elle peut parfois malheureusement aussi se révéler socialement fragilisante. Perte d'emploi, séparation, maladie, autant de situations qui isolent. Encore plus quand elles sont vécues à l'étranger. Les Français résidant à Milan et en Lombardie peuvent trouver un soutien auprès de l'équipe de l'association de la Bienfaisance. Lepetitjournal.com de Milan a rencontré Joëlle Maurelli Duport, sa présidente ainsi que son équipe.

Joëlle Maurelli Duport, Présidente de la Bienfaisance (SH pour lepetitjournal.com)


Lepetitjournal.com : L'association de la Bienfaisance, c'est quoi ?
Joëlle Maurelli Duport : L'association de la Bienfaisance est la plus ancienne association créée par des Français à Milan. Sa fondation remonte à 1854. Elle est née de la volonté de patrons des entreprises françaises qui s'y implantaient, d'apporter une aide sociale aux Français nécessiteux, venus y travailler. A l'époque, on parlait du "Club". Des soirées de bienfaisance y étaient notamment organisées.

Quelle est la mission de l'association ?
Les statuts de l'association comptent 12 articles. Le premier article précise la mission de la Bienfaisance qui est d'aider tous les Français en difficulté à Milan et en Lombardie et, éventuellement, de les aider à trouver du travail. Le deuxième article pose pour principe que le président honoraire de la Bienfaisance est le Consul en poste. Aujourd'hui, concrètement, nous aidons des personnes qui rencontrent des difficultés psychologiques ou matérielles.

Comment les personnes en difficulté peuvent-elles vous contacter ?
La Bienfaisance travaille en étroite collaboration avec le Consulat. Quand il est contacté pour des demandes d'ordre social, le secrétariat du Service Social du Consulat nous met en relation avec la personne concernée. De là, nous prenons contact et organisons une rencontre pour appréhender le besoin.
Dans un deuxième temps, nous nous concertons avec Christine Pichler, trésorière de l'association et Sylvie Berger, assistante sociale. Nous prenons alors les décisions inhérentes aux situations rencontrées.
Dernièrement, nous avons mis en place un roulement de personnes bénévoles qui se rendent chez les personnes isolées, malades ou handicapées afin de rompre leur isolement, faire quelques courses ou tout simplement offrir un peu de lecture.
Tous les mercredi après-midi, Sylvie Berger tient une permanence au Consulat. Elle y reçoit exclusivement sur rendez-vous et se déplace pour ceux qui ne sont pas en mesure de venir.

Qu'apportez-vous aux personnes qui vous sollicitent ?
Nous apportons une aide ponctuelle qui peut être d'ordre financier et de plus en plus de soutien psychologique. Sylvie Berger nous aide à mieux appréhender certaines situations avec des conseils concrets. Nous soutenons moralement, informons, orientons vers les acteurs ou partenaires concernés et assistons pour des demandes d'aide en cas de perte d'emploi ou de changement de contrat. L'éloignement dans un contexte d'expatriation tend à aggraver sensiblement les situations.

Vous accompagnez les Français vivant en Lombardie en difficulté sur un plan psychologique mais aussi financier. D'où viennent les fonds ?
A une époque l'association recevait des subventions du Comité Consulaire pour la Protection et l'Action Sociale (CCPAS). Désormais, les fonds viennent des cotisations des membres - la cotisation est de 15 euros minimum - et de Milan Accueil qui organise tous les ans une soirée de bienfaisance dont l'association est destinataire.
Récemment, grâce à la solidarité de nos compatriotes, nous avons aussi mis en place un vestiaire qui nous permet de mettre à disposition des vêtements appropriés pour des entretiens d'embauche par exemple.

Christine Pichler, Trésorière de la Bienfaisance (SH pour lepetitjournal.com)

Les expatriés d'hier ne sont plus les mêmes qu'aujourd'hui. La crise par ailleurs frappe. Qui vous sollicite ?
Il est vrai que l'expatriation génère souvent des problèmes. Nous rencontrons de plus en plus de cas liés à la précarité des contrats et au durcissement des politiques sociales des entreprises. Les conjoints sont eux aussi, de ce fait, plus fragilisés. Il nous est arrivé de gérer des situations de surendettement en orientant vers les services compétents, et éventuellement en aidant à reconsidérer le budget.

Vous nous parlez de difficultés économiques. Quels autres types de situation rencontrez-vous ?
Nous rencontrons aussi malheureusement des situations d'enfance en danger (délaissement, maltraitance), des situations d'addiction ou de personnes sans domicile fixe. Dans ce cas, nous aidons à la recherche d'une solution d'urgence, voire au retour en France.
Il nous arrive également d'aider des personnes âgées ou malades vivant dans des conditions d'insalubrité et d'isolement. Tant que possible, nous leur assurons un maintien à domicile (appel à des sociétés de nettoyage, fourniture des objets de première nécessite, de nourriture, aide aux démarches vers les services sociaux italiens, etc.).

De nombreuses femmes françaises vivent en Italie pour avoir épousé un italien. La vie est parfois aussi ponctuée de ruptures. Rencontrez-vous des cas ?
Il nous arrive en effet de rencontrer des Français en instance de divorce qui ne savent pas où, ni comment engager une procédure et comment faire quand la procédure est déjà engagée. Dans le cas de mariage binationaux la situation demeure en effet compliquée. Nous accompagnons ces personnes fragilisées tant d'un point de vue moral que financier. Il nous arrive également de traiter de violences conjugales.

Qu'est ce qui vous motive ?
Nous souhaitons aider les autres car nous avons la chance de pouvoir le faire. S'ouvrir aux autres est une façon de redimensionner ses propres problèmes.

Propos recueillis par Sophie Her (Lepetitjournal.com de Milan) ? mercredi 12 juin 2013

Joëlle Maurelli Duport, Présidente
Joëlle Duport est arrivée à Rome en 1967. Elle vit à Milan depuis 1970. Elle a 3 filles, 2 petits-enfants et un à venir. Elle a commencé sa vie professionnelle en donnant des cours de français dans une école publique italienne puis dans une école de langue où elle est ensuite devenue responsable de la didactique. Huit ans plus tard, elle s'est installée à son compte. Elle s'occupe aujourd'hui des dossiers en lien avec le français pour un cabinet de conseil. Elle a notamment été Présidente de l'association « La Communauté Française » de 1999. Elle est aujourd'hui Présidente de La Bienfaisance depuis 2004. Elle recevra à l'automne la médaille de l'ordre du mérite.

Christine Pichler, Trésorière
Christine Pichler a travaillé pendant 30 ans à la CFCII. Elle a commencé comme documentaliste. Elle a fini Secrétaire Générale. Aujourd'hui, en plus de son rôle de trésorière de l'association de la Bienfaisance, elle est également secrétaire de "La Communauté Française" et responsable des francophiles.

Sylvie Berger
Sylvie Berger a un diplôme d'état d'assistante sociale et un diplôme universitaire de cadre socio-éducatif (bac +5). Elle a suivi par la suite une formation complémentaire en prise en charge psycho-sociale. Au cours de sa carrière, elle a notamment été assistante sociale de secteur à Strasbourg Neuhof, assistante sociale à la CAF, Responsable du service social d'une Cité Universitaire et de l'HAD. (Hospitalisation à domicile). Elle a notamment travaillé avec les professionnels des services de soins palliatifs).

Informations pratiques :
Société Française de Bienfaisance de Milan et de Lombardie
Sur rendez-vous au Consulat Général de France
Via Mangili, 1 à Milan (métro Turati)
+39 349 33 59 168

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