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Expo Frida Kahlo au Mudec : ¡Qué Viva México!

Par Monica La Rivière | Publié le 08/02/2018 à 00:15 | Mis à jour le 08/02/2018 à 20:41
Photo : Frida Kahlo, Natura Morta (Sole di Samuel Fastlicht) 1951 © Banco de México Diego Rivera Frida Kahlo Museums Trust, México, D.F. by SIAE 2018
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L’exposition unique de 70 tableaux, 50 dessins et 150 photos et objets, provenant des collections d’œuvres de Frida Kahlo (1907-1954) les plus fournies, est le plat fort d’une grande fiesta mexicaine au Musée des Cultures de Milan qui s’ouvre sur les festivités du Carnaval. Jusqu’au 3 juin 2018.


Passion et douleurs contagieuses

C’est Diego Sileo, historien de l’art latino-américain, qui a lancé l’idée il y a 6 ans d’une exposition à 360° sur Frida Kahlo. Mais cela fait bien des années que la passion de cette artiste l’a envoûté. Une passion qui a gagné la directrice du Mudec, la Ville de Milan, le Gouvernement du Mexique, Le Sole24 Ore Cultura et bien d’autres partenaires du projet dont Deloitte et Air France. Une autre collaboration entre secteurs public et privé qui fait le succès des évènements culturels de Milan. Les œuvres proviennent du Museo Dolores Olmedo et de la Collection Gelman ainsi que des musées de Phoenix, Madison et Buffalo. Seule Madonna n’a pas voulu être séparée de ses toiles de Frida, emblème des femmes fortes comme elle qui se sont émancipées et affirmées grâce à l’art.

Le parcours de l’exposition Frida Kahlo au-delà du mythe se déploie selon quatre thèmes : la femme, la terre, la politique et la douleur. Mais c’est la souffrance de Frida qui domine sur les autres. Une douleur physique et morale qu’elle nous fait partager avec ses toiles : « J’ai eu deux grands accidents dans ma vie : le premier celui du tram et l’autre Diego ». Diego Rivera, le peintre de murales, l’amour de sa vie, qui la trompe, même avec sa sœur, et la quitte.

Elle n’avait pas 20 ans quand elle reste blessée suite à un accident de tram qui compromet sa colonne vertébrale et son utérus pour la vie. Les trente-deux opérations qu’elle subit au cours de son existence ne lui rendront jamais la santé. Les douleurs persisteront jusqu’à sa mort à 47 ans, un an après l’amputation d’une jambe en gangrène, séquelle d’une polio contractée durant l’enfance qui l’avait estropiée. « Nous venons au monde pour souffrir. Dieu nous met à l’épreuve », écrit-elle, tout en se parant d’un collier d’épines dans un autoportrait de 1940.  C’est l’immobilité des premiers mois qui la mène à la peinture. Elle choisit de peindre surtout des autoportraits pour exprimer son amour obsessif pour Diego et la tragédie d’un corps meurtri et infertile dont « La colonne brisée » (1944) est un exemple concret.

 

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1- Frida Kahlo, la colonna spezzata (1944) © Foto Erik Meza / Xavier Otaola © Archivo Museo Dolores Olmedo
© Banco de México Diego Rivera Frida Kahlo Museums Trust, México, D.F. by SIAE 2018
2- Frida Kahlo, Autoportrait (1940)
© Banco de México Diego Rivera Frida Kahlo Museums Trust, México, D.F. by SIAE 2018
 

Le Mexique à l’honneur

Frida est métisse et fière de ses origines mexicaines qu’elle défend avec son mari Diego Rivera. Elle opte pour des tenues vestimentaires et bijoux traditionnels. Ils collectionnent dans leur habitation, « la casa azul », des artefacts précolombiens, que l’on retrouve dans les tableaux. Les natures mortes exotiques et les animaux, les couleurs, la végétation luxuriante qui encadrent ses autoportraits sont un hymne à sa terre.  Les références symboliques culminent dans le tableau intitulé « L’étreinte amoureuse de l’univers, la terre, moi, Diego et Monsieur Xolotl » de 1949.

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Frida Kahlo, L’amoroso abbraccio dell’Universo, la Terra (Messico), Diego, io e il Signor Xólotl - 1949 © Gerardo Suter © Banco de México Diego Rivera Frida Kahlo Museums Trust, México, D.F. by SIAE 2018
 

 

Pour nous aider à déchiffrer l’imaginaire de Frida emprunté au folklore mexicain le Mudec a inauguré une deuxième exposition aux côtés de la principale, Le rêve des Ancêtres, qui nous présente des artefacts zoomorphes précolombiens (IVème au IIème siècle avant J-C), des costumes traditionnels, explore la mythologie. Evènements et conférences, laboratoires pour les jeunes viennent compléter l’immersion culturelle proposée par le musée. Le chef étoilé Bartolini qui occupe le restaurant au dernier étage a prévu d’intégrer des plats mexicains à son menu. La vraie fiesta commence avec le spécial carnaval : du 12 au 18 février, on peut créer son propre masque Calavera, le masque traditionnel mexicain (vérifier les horaires sur le site www.mudec.it).

 

A noter : certaines œuvres pourraient heurter la sensibilité des plus jeunes enfants.

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